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excursion manquée.
Revenus au point de confluent de l’enneri Zoug, nous obliquâmes dans ce dernier val, tant pour aller chercher Gordoï, que pour éviter quelque embûche possible plus loin. Gordoï, qui ne nous attendait pas sitôt dans sa hutte solitaire, ne se trouvait pas encore prêt à partir, de sorte que, après avoir passé la nuit avec lui, nous nous remîmes en route le 19, pour regagner par une vallée transversale la sortie du pays.
Chemin faisant nous passâmes devant la hutte de Birsa, où celui-ci s’arrêta un instant auprès de sa femme : il l’avait à peine vue depuis son retour du Fezzan, et il avait à causer avec elle de différents détails de ménage, avant qu’elle n’accomplît, comme tout le monde, son émigration estivale vers le Bardaï. J’ai dit quelle initiative déployaient pour tous les soins d’intérieur les femmes toubous en l’absence des hommes. Le mari reste des mois entiers, des années même, loin de sa maison, et c’est sa moitié qui, sans avoir besoin d’aucune aide étrangère, se charge pendant ce temps-là de la cabane, des enfants, des chèvres et des chameaux. Elle veille sur tout, s’occupe de tout, conclut les ventes, les achats, opère les déménagements, fait les courses dans l’intérieur du pays. De là vient que le sexe faible, au Tibesti, a ces allures viriles qu’on a vues et chique d’une façon si délibérée. Pour séduisant, il ne l’est pas, au sens que nous prêtons à ce mot ; pour fidèle, il l’est, je le répète, au plus haut degré, en dépit ou peut-être à cause même de l’extrême indépendance dont il jouit et aussi de la responsabilité que lui crée son libre train d’existence.
Le 20 juin, après avoir heureusement échappé aux malandrins du Zouar supérieur, lesquels, en effet, étaient venus nous guetter à l’entrée du val, tandis que nous dormions tranquillement dans l’enneri Zoug, nous rejoignions nos compagnons à notre précédent campement de Tâo.
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