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=Arabes Abbala=

(_Eleveurs de chameaux_)

1. _Les Mahamid’s._ — Cette tribu est très nombreuse. La tradition veut que les fractions des Mahamid’s aient pour ancêtres les trois frères Mahmoud, Mahar et Naïbe et leur proche parent Rakal ou Ereka. Les Mahamid’s peuvent fournir au moins quatre mille cavaliers. Ils sont rougeâtres et ont bon caractère ; on les dit pieux, bienfaisants et hospitaliers ; ils parlent l’arabe le plus pur. Ils habitent au Nord- Ouest du Dar Mimi, d’Arada à Haouar et sur les bords de l’Ouadi Garda (Karda ?) Les fractions de cette tribu sont nombreuses, j’ai pu reconnaître les suivantes : les Oulad Djellou, les Oulad Cheik, les Oulad Yassin, les Oulad Zed, les Nedja’s, les Seif ed din (ou Seifan), les Naouaiba’s, les Erekat’s, les Mahariye’s (Mehriya ?), les Oulad Djenab, les Hamdiya’s, les Et teiyifat’s.

2. _Les Hamida’s._ — Ils sont de la famille des Oulad Rachid. Jadis ils étaient assez nombreux pour pouvoir vivre en guerre perpétuelle avec les Mahamid’s. Epuisés par ces luttes, ils vivent dans le plus parfait accord et l’automne venu, ils vont même rejoindre les pâturages de leurs anciens adversaires. Leur teint est très clair, ils sont de taille moyenne, bien bâtis et vigoureux. L’arabe qu’ils parlent est relativement pur. Ils sont fixés sur les bords de l’Ouadi el Hamra, dans les pays d’Abker, de Chokkan et chez les Zebeda’s. Les Hamida’s se divisent en deux fractions : les Dilla’s et les Hamida’s Zebeda.

3. _Les Beni Holba._ — On les dit aussi de la famille des Oulad Rachid, mais c’est une parenté bien éloignée. Ils sont très légèrement bronzés, peu nombreux, mais bons musulmans.

4. _Les Zebeda’s._ — Ils sont presque aussi nombreux que les Khozzam’s et comptent à peu près huit cents cavaliers. Ils ressemblent beaucoup aux Oulad Rachid, sont à peine cuivrés, bien bâtis mais fort peu civilisés et très pillards.

5. _Les Choukekat’s._ — Ils sont alliés aux Mahamid’s mais d’une famille différente. Ils sont peu nombreux, habitent le Kondongo et le bassin occidental du Bouteha. En automne ils se retirent chez les Mahamid’s ou dans le Bitakguinnek. On peut dire que presque toute la province du Dar Zioud est arabe. Les Tordjem’s, les Missiriya’s homr ou zourk, les Oulad Hamed, les Khozzam’s y habitent. D’ailleurs les autres groupes ethniques ont adopté la langue et les mœurs arabes : tels sont les Maba’s de sang royal, les quelque Kouka’s, les Tundzour’s, les Kimr’s ; puis encore les Bornouans (habitants du Bornou) ; les Djellaba’s, les Massalit’s, les Kachemere’s, les Tama’s, les Djebel’s et enfin les Dorouk’s qui sont originaires du centre de l’Afrique. Cette dernière tribu n’habite que le Bir Yoyo, leur teint est gris, leur langue paraît être de la même famille que celle des Kimr’s, mais ils ne parlent plus que l’arabe.

Il faut enfin mentionner quelques tribus qui habitent en dehors des limites du Dar Ouadaï ; ce sont :

1. _Les Debaba’s._ — Ce sont des Salamat’s ; ils sont fixés au Baguirmi comme éleveurs de bestiaux (bakkara) ; ils sont fortement bronzés. Les principales fractions sont : les Oulad Moussa, les Oulad Karai, les Oulad Djooui, les Assela’s, les Adjina’s, les Nedmiya’s, les Doukhakhira’s (Dekakire ?) et les Omri’s.

2. _Les Kaoualima’s_ sont rougeâtres ; ils sont de la famille des Khozzam’s, avec lesquels ils ont d’ailleurs, tout comme avec les Djaadina’s, des traités d’alliance. Il fut un temps où ils étaient très nombreux au Ouadaï, mais la plupart ont émigré au Bornou. Ils habitent le bassin occidental du Batha, les bords du Chari et le Kanem. En automne, on ne les trouve que dans la région du Batha.

3. _Les Assala’s._ — Ils sont rougeâtres ; on les dit originaires du Fezzan. Cette tribu belliqueuse ne s’est soumise qu’à contre cœur au sultan du Ouadaï ; elle fuit autant que possible le pays et le nombre des membres semble diminuer. Il leur est d’autant plus facile de se soustraire à la domination du Ouadaï que leur principal établissement se trouve sur les rives du Tchad et partiellement dans le territoire des Kouri’s. Jadis ils n’étaient musulmans que de nom mais l’influence du Ouadaï s’est fait sentir et cette tribu compte actuellement de nombreux foukara’s (derwiches).

4. _Les Oulad Hamed_ (Hamid). — Leur teint est légèrement rouge cuivré ; ils sont de la famille des Naouala’s (Naoualina) des Oulad Malek, des Noumoura’s et des Heimat’s (Heiymat) alliés aux Djaadina’s. Les Oulad Hamed habitent le bassin du Bahr El Ghazal. Leurs principales fractions sont : les Omm Koubeba’s, les Oulad Radi, les Oulad Merai, les Oulad Ahmed et les Oulad Kedafat.

5. _Les Khozzam’s_ (Khouzam’s) el Bahariya ; ce sont les frères des Khozzam’s du Bornou ; il fut un temps où ils étaient très nombreux mais ils ont été très éprouvés par les razzia’s des habitants du Ouadaï. Ils peuplent quelques villages du Baguirmi sur les bords du Chari.

Il faut compter les Tundzour’s parmi les Arabes du Ouadaï. Abd El Kerim leur ravit le pouvoir. A l’exception de ceux fixés à Abou Telfan, ils sont musulmans. Leur teint est rougeâtre ou mieux d’un rouge cuivré très clair ; ils parlent l’arabe. Leur nombre est loin d’être négligeable, ils disposent d’environ quatre mille huit cents guerriers. Ils sont fixés au Dar Zioud, au Mekren, au Kadama, chez les Kachemere’s, à Abou Telfan, au Rounga et au Kanem (Mondo).

Les Kimr’s (Guimr’s) sont, comme nous l’avons dit déjà, la population autochtone du Tama ; ils sont de la famille des Soungor’s ; au Ouadaï on les appelle Ermbeli’s (dialecte maba). La racine de ce nom a le même sens que celle du mot arabe Kimr ; les deux mots signifient : ramier. Le teint des Kimr’s est foncé mais quelquefois rouge cuivré. Ils sont éparpillés, ce qui les fait paraître encore moins nombreux qu’ils ne sont réellement. On les trouve surtout au Guerri et encore à Ras Salime, à Bir Yoyo, à Fircha et au Tama.

Les Zoghaoua’s sont plus noirs que les gens de Toubou ou même les Maba’s ; ils parlent la même langue que les Darmout’s et cette langue diffère complètement du dialecte des Tedaga’s. Il est d’ailleurs facile de trouver d’autres arguments qui détruisent la thèse d’après laquelle les Zoghaoua’s feraient partie des tribus Toubou’s ; c’est ainsi qu’ils boivent le merissa (melissa) et le lait d’ânesse, boissons réprouvées par les Toubou’s ; qu’ils ont coutume de chasser la gazelle au lacet ce que feraient tout au plus les « forgerons » des Toubou’s. Physiquement au contraire et exception faite pour le teint, ils sont du type toubou ; en général les mœurs et coutumes des deux peuples concordent et la coiffure des femmes zoghaoua’s est la même que celle des femmes des Koran’s. Au Ouadaï les Zoghaoua’s sont méprisés ; on les assimile aux « forgerons ». Mohammed Chérif avait cependant choisi deux de ses épouses dans cette tribu. Les Zoghaoua’s ne sont pas encore des musulmans bien fervents. Ils habitent principalement le Darfour ; au Ouadaï on les trouve mêlés aux Mimi’s et aux tribus arabes qui habitent l’Ouest du pays Djoumbo, tribus auxquelles ils se sont complètement assimilés. On les trouve enfin dans les pays d’Amkian, de Gaga, d’Irenib, d’Id el Kraa et au Dar-Saïd. Au Ouadaï les Zoghaoua’s sont généralement appelés Oulad Amm Kimmelte. Les principales fractions de la tribu sont : les Zoghaoua’s Koube, les Zoghaoua’s Dor, les Zoghaoua’s Anka, les Zoghaoua’s Menderfoki et les Zoghaoua’s Dourne. On évalue à quatre mille le nombre de leurs guerriers.

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