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19 juillet.
Veux-tu que je te dise un conte exquis, à nul autre semblable?... Il était une fois un souverain qui avait le don de prendre les formes les plus diverses et de chanter le même air mélodieux, qu’il fût fleur parfumée, brise légère ou tempête foudroyante. En quelque endroit que l’on allât, il découvrait le moyen de vous suivre pas à pas et, se glissant dans un brin d’herbe, de dire sa folle chanson. Si on s’asseyait sous un arbre, les feuilles n’étaient plus feuilles et leur bruissement était sa voix, et sa voix, sans qu’on sût comment, résonnait dans l’atmosphère qui devenait lui tout entier. Je connais certain prieuré où ce monarque entreprenant se cachait dans les moindres recoins, que toutes les vieilles pierres connaissaient et qui, un jour enfin, parlant par voix humaine, se nomma ouvertement. Il appela son royaume l’univers et sa chanson l’amour...
C’était hier soir... Dans la journée nous avions reçu deux visites, et les visites ici se passent généralement de façon singulière, parce que, si on parle des événements publics, nous avons toujours l’air de revenir du fond des savanes, étant invariablement en retard de huit jours dans nos informations, car grand’mère ne reçoit qu’un journal départemental qui paraît chaque semaine. De sorte que si la politesse ne les retenait pas, nos visiteurs, à chaque instant, s’écrieraient: «Mais, madame, Henri IV est mort!»
Ensuite Mme de Lines, qui aime la discussion, se jette sur l’occasion qui se présente avec l’empressement d’un gourmet sur des denrées rares. A tout hasard, elle livre aux espaces une idée quelconque, et, bon gré, mal gré, il faut que le gant soit relevé et que la lutte s’engage. Mais hier, au début, la conversation tomba sur les Chétigné. Nos visiteurs éprouvaient le besoin de leur appliquer quelques bons coups de bâton, en signe d’amitié; tu as dû remarquer bien des fois que les coups de bâton étaient la caractéristique des plus vives amitiés?
--Ce sont des hommes charmants, dit Mme M... On les voit trop rarement. Ils sont un peu excentriques... on se demande pourquoi ils vivent ainsi en loups. Ils sont si pauvres, il est vrai. Pauvres gens! que peuvent-ils faire ainsi enterrés dans leurs ruines?
--Mais ils ne m’ont point l’air à plaindre, dis-je en réprimant une bouffée de colère.
--Ils lisent et travaillent beaucoup, répondit Mme de Lines.
--C’est un peu une pose, je crois, répliqua le fils de Mme M... Hervé, que j’aime beaucoup, n’avait rien d’un travailleur au collège. Il était comme les autres, ni plus ni moins. On dit que les relations de son père lui ont beaucoup servi.»
Ma patience n’est pas et ne sera jamais angélique, c’est positif, et devant l’injustice, ou quand on attaque mes amis, mon esprit éprouve le même frémissement que mes doigts qui aimeraient à cravacher quelqu’un.
«Certains hommes se transforment heureusement, répliquai-je d’un ton vif, tandis que beaucoup s’arrêtent à une première station et n’en bougent plus. J’aime mieux les premiers.
--Oh! je ne l’attaque pas, mademoiselle; c’est mon ami, et un bien bon garçon; mais je le trouve un peu poseur.
--Parce que c’est un homme distingué? demandai-je ironiquement. Je l’engagerai, en tout cas, à faire la célèbre prière: O Dieu, laissez-moi mes ennemis et sauvez-moi de mes amis!»
Le diable, lui-même, s’en fût mêlé qu’il n’eût pu m’empêcher de lancer ma réponse dont l’impertinence, jointe à la vivacité du ton, donna l’éveil à Mme de Lines, pendant qu’au sourire discret qui effleura les lèvres de mes adversaires, je m’aperçus qu’on m’avait tendu un piège et que, tête baissée, j’étais tombée dedans.
Ma cousine changea vivement la conversation en parlant des récoltes. Connais-tu une race plus désagréable que celle des propriétaires? On dirait une légion de Prométhées dévorés par un éternel vautour, et ils ne posséderaient rien du tout que leurs lamentations ne seraient pas plus lugubres. Au milieu de la conversation, Hervé est entré, le regard soucieux et même un peu triste, pour moi du moins qui le connais bien.
Avec une politesse un peu surannée qu’il tient de son père, il s’est moqué agréablement des désespoirs qui l’entouraient, puis, à quelques questions qui lui furent posées sur ses voyages, le niveau de la conversation s’éleva promptement. Bien qu’il ne soit pas très causeur, il prend toujours part à la conversation avec beaucoup de bonne grâce, et la banalité, à sa voix, se sauve à toutes jambes. En voyant, hier, cet effet se produire immédiatement, j’ai compris la critique qui avait précédé son entrée, la médiocrité, comme tu le sais, n’aimant que sa propre personne. Je ne sais pas si l’intelligence d’Hervé est supérieure, mais il a une instruction étendue qui est lettre morte pour nos bons voisins; vivant autour de leur unique journal et de leur marmite, ils croient avec fermeté que marmite et journal sont le dernier mot de la création.
Après avoir roulé avec quelque impétuosité sur une question de sentiment, la discussion aborda le terrain des bouleversements sociaux, et je croyais que nous n’en verrions jamais la fin quand ma cousine, qui se recueillait depuis un moment, pour frapper un grand coup, s’écria:
«Du reste, Dieu seul est grand! Si Massillon ne l’avait pas dit, eh bien! moi je l’aurais dit!»
Cette pensée nouvelle, tombant au milieu de nous avec l’à-propos d’une bombe dans une réunion de paisibles villageois, servit l’impatience où j’étais d’assister à la disparition de nos visiteurs, qui se levèrent comme si l’accord final était donné.
Il était tard, et je regardais avec désolation la pendule en songeant qu’Hervé allait partir sans que je pusse sonder délicatement le motif de sa préoccupation; mais voilà que grand’mère eut la bienheureuse inspiration de le retenir à dîner. Malheureusement Mme de Lines, dérogeant à ses habitudes, ne nous quitta pas, car ma fougue, en défendant les Chétigné, l’avait inquiétée. Toutefois elle se rassura devant l’air distrait d’Hervé et la façon placide dont je dévorais à belles dents mon dîner.
Il était nuit lorsque Hervé, qui s’était promené avec nous sans que je pusse lui parler, songea à nous quitter.
Adieu, dis-je brusquement, car j’étais furieuse. Après cela je vais vous conduire jusqu’à la grande cour, ajoutai-je en me ravisant.
--Je vous accompagne, mes enfants», dit grand’mère.
Ainsi tranquillisée, Mme de Lines s’enfonça dans le bois, afin d’arracher au clair de lune tous ses secrets. Quant à nous, nous n’avions pas fait dix pas que grand’mère s’en allait de son côté sans plus songer à notre existence.
En approchant de la maison, je montrai à Hervé une assez vive lumière dans le chœur de l’église.
«Des pèlerinages ont passé par là, dis-je. Allons voir s’il n’y a aucun danger pour le feu.»
Trois bonnes femmes, en effet, étaient venues dans la soirée faire «un voyage», selon l’expression du pays, et des bouts de bougie, qu’elles étaient allées demander à la cuisine, achevaient de brûler. L’une d’elles avait mis un cierge qui éclairait saint Coqueluchon du haut en bas, et l’expression extatique du saint, au milieu des ombres portées très fortes, paraissait étrangement suppliante. Des rayons lunaires pénétraient dans la chapelle, mais sans éclairer la longue nef, où se distinguaient vaguement un moulin pour le blé, des échelles, de vieux pupitres qui servaient autrefois au lutrin et la provision de bois de la maison.
Nous montâmes cinq marches à peu près intactes pour nous approcher de l’autel. Il y a dans l’église un courant d’air perpétuel, et il n’est pas besoin d’un vent bien vif pour l’entendre soupirer: la moindre brise qui passe rompt le silence de ces grandes murailles, et les lianes de lierre qui entourent la Vierge décapitée battent comme des ailes d’oiseau.
Oubliant que je voulais questionner Hervé, je restai immobile sans songer à parler; j’écoutais, dans le silence recueilli de ces ruines, le frémissement des clématites accrochées aux ogives des fenêtres et l’air très faible qui courait par instants dans le vaisseau... C’était comme la plainte très douce d’un passé oublié qui nous conviait nous-mêmes à l’oubli éternel, quand l’heure serait venue, et, tout émue du mystère dont l’influence m’enveloppait, je me tournai vers Hervé pour lui exprimer mes impressions.
En le regardant, ma respiration devint plus courte et mon cœur battit comme un fou. Ses yeux étaient parlants, et à peine avais-je eu le temps de penser qu’il allait enfin prononcer des mots décisifs que, penché vers moi, il me disait comme autrefois dans mon enfance:
«Claude... m’aimes-tu?»
Et des débris de saints, des sculptures Louis XV mutilées, de la haute voûte lézardée, des rayons d’incertaine lumière, j’entendis:
«M’aimes-tu?»
Une voix, comme un souffle, répondit «oui!» et glissa dans le silence de l’église, mais pas plus rapidement que l’ombre qui suivait ma fuite précipitée après l’aveu franc et spontané de mon âme.
Hervé me rejoignit au milieu de la nef. Il passa son bras sous le mien, m’entraîna en arrière, me fit remonter les marches du chœur et, se tenant en face de moi, me dit d’une voix tremblante:
«Claude... ma chère Claude?»
Et comme si les mots lui manquaient pour s’exprimer, il répétait indéfiniment mon nom, qui me parut avoir une éloquence qu’assurément je ne lui soupçonnais pas.
«Vous avez dit oui, Claude?
--Oui encore, dis-je en portant mes mains à mon visage brûlant. Je ne sais guère déguiser la vérité, Hervé, et celle-là vous la connaissiez certainement.
--J’y croyais souvent, et souvent aussi je n’y croyais plus.
--Alors vous étiez un peu stupide!»
Nous nous mîmes à rire, puis... puis il me serait impossible de te narrer ce que nous avons dit. Mais Dieu que je la trouvais jolie cette forme définitive de la chanson que, depuis longtemps, j’entendais chanter autour de moi!
Combien de temps avons-nous causé ainsi? Avons-nous même parlé? Je n’en sais rien, mais Hervé s’avisa soudainement de troubler notre quiétude.
«Ma pauvre Claude, me dit-il, vous acceptez une vie bien monotone et bien modeste. C’est à peine si mon père et moi avons 5,000 francs de revenus, et force nous sera de vivre à Chétigné pour arriver à vivre.»
Ainsi rappelée à la vérité, je me frappai le front avec désespoir.
«Grand Dieu! m’écriai-je, et les 15,000 francs de rente de ma cousine!
--Comment les 15,000 francs de rente?
--Oui, oui; Mme de Lines s’est mis en tête que j’épouse 15,000 francs de rente, pas un sou de moins! sous prétexte que, le suprême bonheur étant d’avoir 30,000 francs à dépenser par an, je dois au moins posséder la moitié du bonheur suprême.
--L’écart est énorme! me dit-il en laissant tomber ma main d’un air consterné. Je savais qu’elle eût voulu pour vous une position plus brillante que la mienne, mais je ne connaissais pas toutes ses ambitions. Néanmoins, sans l’entraînement de ce soir, Claude, je crois que j’aurais attendu longtemps encore avant de me déclarer.
--Vous auriez fait une bêtise, m’écriai-je, parce que, moi, je n’ai pas du tout les idées de ma famille.
--Oui... mais vous dépendez de sa volonté.»
Il avait raison, et ma détresse était plus grande que je ne la voulais montrer.
Je levai les yeux vers saint Coqueluchon qui, à la lueur des bougies mourantes, suppliait certainement le ciel de nous accorder ses bénédictions.
«Ne nous désespérons pas, Hervé, dis-je, et, si vous voulez, établissons tout de suite notre budget, afin d’opposer un démenti formel aux craintes de ma cousine, quand le moment sera venu de discuter, et de prouver mathématiquement que nous sommes des gens pratiques.»
Nous nous sommes assis sur les marches couvertes de poussière, de feuilles et de pétales de fleurs qui pénètrent tout l’été par les vitraux sans vitres.
«Mais, dis-je avec quelque inquiétude, vous y connaissez-vous bien?
--Pas beaucoup! me dit-il d’un air anxieux. C’est mon père qui dirige la maison, et, comme lui, je n’attache pas grande importance aux choses extérieures puisque je suis toujours plongé dans mes livres.
--Il est grand temps que j’aille mettre de l’ordre dans ce taudis, répliquai-je en riant.
--Et dire que je n’ai pas mieux à vous offrir! s’écria-t-il en s’agitant si bien que j’avalai force poussière.
--Vous m’offririez de vivre au fond d’une mine avec vous que je serais heureuse!» dis-je dans un élan étourdi.
Étourdi est bien le mot, car, ne connaissant pas les hommes, j’aurais dû être en défiance, d’autant qu’il n’est pas dans les usages reçus, je le savais bien, d’écouter et de dire de tendres paroles dans l’ombre d’une chapelle en ruine.
A peine ma phrase se promenait-elle dans les airs que cet imbécile me prenait dans ses bras et me donnait la plus chaude des accolades, ce qui me jeta dans un émoi où la colère, et je ne sais quelle joie excessive, se mêlaient si bien que je perdais la tête.
«Je m’en vais!» criai-je rouge de confusion et sautant trois marches à la fois.
Il se jeta devant moi.
«Non, non, ne partez pas... Claude, je vous en prie!»
Je m’arrêtai hésitante.
«Vraiment, dis-je d’un ton sévère, si l’homme n’est qu’un misérable chiffon, il faut le dire tout de suite...»
Mais je m’aperçus aussitôt que je n’avais pas le droit de parler, et que mon âme était passée, elle aussi, à l’état lamentable de chiffon, car, cédant aux supplications d’Hervé, je remontai les saints degrés et allai m’appuyer avec dignité à l’autel.
«Reprenons notre budget, Claude! me dit-il humblement.
--C’est sage... parlons sérieusement, répondis-je avec gravité. Ainsi vous avez cinq... Mais, à propos, dites-moi d’abord pourquoi vous aviez l’air si triste dans la journée?
--Parce que j’étais dans mes heures de doute, ma chère Claude. Parce que je me demandais si vraiment vous m’aimiez et si j’oserais vous dire tout mon amour. Je crois vraiment que je vous aime depuis toujours...»
J’allais répondre étourdiment:
«Comme moi!»
Mais, me défiant désormais de l’eau qui dort, je me dirigeai prudemment vers les mathématiques.
«Cinq mille francs, et quinze cents que j’ai en dot, total six mille cinq cents. Mais c’est énorme! m’écriai-je éblouie.
--J’ai peur que non...
--Alors que ne suis-je très riche pour que vous le deveniez! dis-je piteusement.
--Si vous étiez riche, Claude, je ne demanderais pas votre main.
--Il est certain, repris-je en soupirant, qu’il y a harmonie... si vos murs sont tombés, les nôtres sont sur le point d’en faire autant, et, une fois par terre, je voudrais bien savoir qui les relèvera... Bah! nous nous en tirerons parfaitement!»
Et lui montrant saint Coqueluchon, j’ajoutai:
«Si nous étions des saints, comme lui, je suis sûre que nous n’aurions même pas besoin de six mille francs pour vivre satisfaits.
--Brr!... me dit-il en frissonnant. S’il faut pour cela devenir un saint!...
--Oui... ce serait bien ennuyeux!» dis-je avec conviction.
Au moment où je prononçais cette belle conclusion, le dernier bout de bougie expira, suivant en cela l’exemple du cierge qu’un coup de vent venait d’éteindre, et, en même temps, j’entendis ouvrir la porte double du salon qui communique avec la sacristie.
«On vient, murmurai-je; c’est Mme de Lines, sans doute; elle me cherche... ou bien, en rentrant, elle a été inquiétée par les lumières. Sauvons-nous!»
Nous courûmes à la lourde porte qui ouvre sur la petite cour, et nous nous échappâmes comme d’affreux coupables.
Je reconduisis Hervé jusqu’à la barrière, en disant précipitamment:
«Demain, que votre père vienne faire la demande... et Dieu protège notre galère!»
Une seconde après, sans rencontrer personne, je volais à tâtons dans les escaliers aux voûtes basses et les grands corridors délabrés. Je me précipitai dans ma chambre, allumai une bougie et, un livre devant moi, j’attendis que les éventualités se produisissent.
L’horrible chose qu’une conscience troublée! Je pâlissais, rougissais, pâlissais de nouveau et, bien que je fusse en mesure d’affronter des explications sans me compromettre, je sentais qu’à la seule vue de Mme de Lines j’allais crier mon forfait.
Lorsque j’entendis son pas grave résonner sur les carreaux du corridor, mon âme fut livrée à toutes les furies, comme disaient jadis les héros de roman. Toutefois ces bonnes femmes ne me firent pas crier: Ciel et terre! très convaincue que je suis, d’ailleurs, qu’en maintes occurrences le ciel et la terre sont affligés, l’un et l’autre, d’une surdité profonde; mais quand Mme de Lines parla à travers ma porte, j’ouvris trois fois la bouche sans pouvoir prononcer un mot. Que les dieux me préservent des eaux troubles, car je ne suis pas faite pour elles, et je plains de toute mon âme les grands coupables!
«Claude, es-tu là?... Est-ce que tu dors, Claude?
--C’est vous, madame? dis-je d’une voix enrouée.
--Mais oui, c’est moi... Je me demandais si tu n’étais pas encore avec Hervé, ce qui eût été inconvenant, car ta grand’mère est montée, je crois?
--Il est parti, répondis-je en reprenant un peu d’aplomb; et j’ai entendu grand’mère faire sa ronde habituelle pour voir s’il n’y avait pas quelque voleur caché dans les armoires et les tiroirs de la commode.
--Bien... Moi j’arrive de l’église où j’avais aperçu de la lumière; c’était un cierge et des bouts de bougie que des pèlerins avaient laissés. Mais le tout est éteint maintenant.
--Vraiment... c’est éteint? criai-je.
--Oui... il n’y a aucun danger pour le feu. Dors bien!»
C’est ce que j’ai fait avec une tranquillité surprenante, malgré les troubles de ma conscience, et, lorsque je me suis levée de bonne heure, ce matin, pour avoir le temps de t’écrire mon récit avant l’arrivée du facteur, j’ai découvert que la vie avait singulièrement embelli depuis hier... La grande bataille se livrera aujourd’hui, mais je suis calme.
La vie sans beaucoup de superflu te paraît un désastre, et, dans tes encouragements, je sens bien des réticences, ma chère amie. Il est certain que le fils du roi, quand il est allé chez les fées chercher l’aile de papillon et la goutte de rosée chers au poète, est mort d’inanition après avoir fait si plantureuse chère. Mais nous, nous aurons le papillon tout entier et des coupes débordantes de rosée.
Je suis une heureuse femme; embrasse-moi et ne gâte rien par tes remontrances.
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