PREMIER REGARD

Dès le soir, je veux prendre possession de Moscou. Oh! tout juste un premier coup d'œil.

Il fait une nuit tiède, velours bleu criblé de points d'or. Point de lune. Point non plus de ces enseignes lumineuses, de ces débauches de feux aériens, violents, changeants, qui, dès le crépuscule, chassant le rêve, transforment tyranniquement Paris ou Londres en féeries barbares.

Les magasins sont fermés, car c'est samedi. Point de cafés. Seuls quelques cinémas, encadrés comme partout d'affiches américaines au grossier bariolage, ouvrent leurs gueules embrasées. Et c'est dans une ombre trouée çà et là par les yeux bleus des ampoules électriques que je me mêle à la foule bruissante, flâneuse en cette belle soirée comme une foule italienne, plus grave, plus silencieuse pourtant, et dont le visage reste presque aussi invisible que l'âme.

Très peu d'autos, mais le long d'une large voie au fantasque alignement, à la chaussée inégale, bondissent et vrombissent, avec une hâte aveugle et redoutable, de gros autobus couleur de hanneton; plus loin, sur la place Sverdloff, centre de la ville, des tramways d'où pendent des grappes humaines ne cessent de se succéder.

L'Opéra domine cette place de sa masse un peu lourde; mais son portique corinthien surmonté d'un chariot aux chevaux cabrés disparaît, ainsi que les édifices voisins, de ce style Empire russe qui a tant de grâce altière, sous une carapace d'échafaudages.

--On restaure en ce moment, on restaure partout, me dit mon guide, et il faut se hâter car bientôt viendra l'hiver.

Des deux côtés de la chaussée s'arrondissent de beaux jardins lustrés, récemment créés. Les bancs sont occupés par des gens qui devisent et fument; des enfants jouent dans les allées. Des groupes admiratifs se figent autour d'un vaste massif sur lequel est concentrée la lumière de plusieurs becs de gaz. C'est vraiment un chef-d'œuvre d'architecture florale. Sur l'une des faces, formé par une mosaïque de géraniums, de bégonias roses et de graminées de toutes les teintes du vert, voici un profil d'ascète aux lignes d'une impitoyable précision: le portrait de Djerzinski, le Saint-Just slave, mort soudainement cet été. Malgré le rôle sinistre qu'il assuma comme premier chef de la Tchéka, il reste, paraît-il, cher au peuple par son courage inexorable et son désintéressement. Sur les autres faces, fantaisies allégoriques. Sont-ce des pendus se balançant à des potences, ou des cosaques maniant le knout? Non: «Le rétablissement des transports en commun», déclare gravement une inscription, également en fleurs. Renonçons à résoudre les autres énigmes proposées par cet Œdipe des jardins.

* * *

Aux angles de la place, la foule se presse autour de légers pavillons de bois où se vendent des verres de Narzan, cette eau du Caucase, pétillante comme de la limonade; il y a aussi des kiosques, tapissés de gazettes, de revues de mode, à l'instar de Paris; des magazines flambants tout pareils aux magazines américains. Mais nulle publication étrangère n'y apparaît. Des gamins crient les journaux du soir, sur la même mélopée qu'à Paris, Londres ou Rome. D'autres offrent à bras tendus aux passants des bouquets d'asters éclatants, des roses d'automne et des chrysanthèmes.

Vision d'éclair: dans des rauquements pressés de trompe, crêtée de casques fulgurants, laquée de rouge, bardée d'échelles, surgit en grondant, puis disparaît, une pompe à incendie géante, dernier modèle de Londres.

Jusqu'ici, rien de très différent des autres capitales.

Mais je veux voir, tout près de là, cette place Rouge où bat le cœur de Moscou. On y pénètre à travers une porte voûtée au clocher double, qui porte en cabochon, à sa base, une minuscule chapelle, la fameuse chapelle Ibérienne, où luit une veilleuse. Trois popes mendiants, gigantesques et membrus, sont là, debout dans des robes crasseuses; de temps à autre, ils inclinent pour des patenôtres leurs têtes kalmouckes aux longs cheveux gras. On aperçoit des gens qui se signent devant des icônes dont l'or brille faiblement. Et voici qu'on plonge ensuite dans un immense et obscur désert que bordent tout au loin des fantômes d'édifices.

--Un kilomètre de longueur, me souffle-t-on.

Quelques pas encore, puis choc soudain: irrégulièrement éclairé par des lampes à arc, c'est le Kremlin qui jaillit des ténèbres avec sa haute muraille rose à créneaux, brandissant un magnifique trophée de tours aiguës, de dômes, de palais, de coupoles et de bulbes, surmonté d'aigles et de croix doubles.

Mais ce qu'on discerne tout d'abord, ce qui attire et retient invinciblement, c'est, au-dessus de la forteresse centrale, une flamme écarlate, une flamme vivante qui palpite et ondule, bien qu'il n'y ait pas de brise: le drapeau rouge. Illuminé d'en bas par un ingénieux réflecteur, animé d'un souffle artificiel, il règne au-dessus de la ville comme le symbole souverain de l'ordre nouveau.

Artifice un peu théâtral, sans doute, mais qui doit envoûter l'âme et les regards de cette foule dont l'interminable ruban se déroule lentement jusqu'au mausolée où Lénine embaumé repose, dit-on, sur un lit de soie cramoisie.

Car ce mausolée se dresse là, au pied de la muraille historique, sous les plis flottants du drapeau. C'est un simple cube de bois aux lignes géométriques, sur lequel s'élève un sarcophage. Un grand coffret dont la forme rappelle l'arche d'Alliance qui illustrait les vieilles histoires saintes.

Sur les deux flancs de la porte basse d'où jaillit violemment un flot de clarté cuivrée, se tiennent debout, pétrifiés, deux soldats géants, au visage enfantin sous le terrible casque mongol, à la longue et lourde capote retombant jusqu'au sol en plis rigides.

Presque tous des pauvres gens, ces pèlerins. Certains, enveloppés de peaux de mouton, ont dû venir de loin, car ils tiennent à la main d'humbles valises en bois ciré ou des paquets noués dans des mouchoirs. Les femmes ont la tête couverte d'un foulard, comme les paysannes de chez nous, lorsqu'elles entrent à l'église; beaucoup tiennent des petits enfants pressés contre leur épaule. Sur le seuil elles les redressent, les réveillent, leur posant doucement la main sur la bouche, pour étouffer leurs cris; les hommes, d'un geste fervent, arrachent leur casquette ou leur bonnet de fourrure; les visages sont recueillis, les yeux sont baissés ou bien, ouverts sur le vide, brillent d'une ardeur mystique.

Je songe à une vieille superstition russe d'après laquelle un moine ou un anachorète ne pouvait être canonisé que si son corps ne s'était pas corrompu. Jusqu'à ces dernières années, la voix publique exigeait ce signe suffisant et nécessaire de la sainteté. «Un pourri ne peut être un saint», assure un dicton populaire.

Or des appareils frigorifiques entretiennent, paraît-il, l'intégrité de la dépouille du dictateur; des spécialistes sont chargés de maintenir sa fraîcheur, de pétrir périodiquement, de farder, comme celui d'une vieille coquette, ce pauvre masque mort. Les dirigeants soviétiques, si merveilleusement habiles à la propagande, n'ont-ils pas exploité l'antique croyance pour attirer la foule crédule des campagnes au sanctuaire nouveau? Et n'est-ce point la raison cachée de cette théâtrale exhibition d'un cadavre, de ce culte macabre qui répugne un peu à notre sensibilité latine?

Au mystique peuple russe, qui avait perdu à la fois son tsar et ses saints, on a donné Lénine, le surhomme, couché dans sa châsse. Et ce singulier pèlerinage nocturne, sous ce drapeau animé d'un éclat miraculeux, voilà ce qu'on ne peut voir que dans la soi-disant capitale de l'athéisme: Moscou.

* * *

Le matin suivant, matin de dimanche, je suis éveillée par d'ardentes volées de cloches sur lesquelles de légers carillons brodent leurs arabesques. Oui, tout comme à Bruges. De gauches coups de clairon s'y mêlent bizarrement, et de la rue s'élèvent des chœurs de fraîches voix enfantines.

Le valet de chambre, m'entraînant au pas de course vers la lointaine salle de bains, m'annonce, entre deux bouffées de cigarette qu'il me lance, ingénument souriant, en plein visage:

--_It is youth's day._ C'est le jour de la jeunesse.

Car il ne parle qu'anglais, comme presque tous les domestiques de l'hôtel. Les Français sont si rares ici! Et il m'explique qu'on célèbre aujourd'hui une des quatre ou cinq grandes fêtes obligatoires du régime soviétique.

--_Spassibo, tovarich!_ Merci, camarade, lui dis-je, sortant pour la première fois le terme rituel.

Le camarade garçon m'éclate alors bonnement de rire au nez.

Et quand je descends dans la rue, le soleil m'accueille aussi en riant et en dansant sur une blanche muraille orientale aux créneaux en queue d'hirondelle qui, on ne sait pourquoi, se prélasse en face de mon hôtel. C'est l'enceinte de Kitai-Gorod, la ville chinoise qui, d'ailleurs, n'a rien de céleste et fut naguère le quartier des commerçants. Au loin des dômes d'argent, des coupoles d'or, de lapis, de malachite étincellent joyeusement, purement, sur un ciel bleu comme une ceinture de madone.

Et partout, dans des camions où ils agitent des petits drapeaux rouges, sautant hors des tramways, des autobus pavoisés d'écussons et d'oriflammes, suspendus en essaims fleuris sur les balcons, émaillant les trottoirs de gais massifs, jonchant la place Sverdloff, comme un chemin de procession d'été, de taches éclatantes qui évoquent bleuets, marguerites, coquelicots, causant en groupes, se tenant par le petit doigt, flânant trois par trois, bras aux épaules, avec toute la grâce balancée de l'Orient, partout des enfants, des fillettes, des garçonnets, des adolescents.

Ils sont habillés de blanc, ou en toile bleue, verte ou kaki, mais le rouge domine toujours: foulards de soie serrant joliment la tête des filles, écharpes, cravates; larges mouchoirs autour du cou des boys-scouts, qu'on appelle ici des pionniers, accoutrés dans le classique attirail international.

Quant aux visages, ils sont aussi gais que les costumes; mais point de cris, de manifestations, nul désordre, nulle confusion. Pourtant je n'aperçois pas la moindre silhouette de professeur ni d'institutrice. Les gardes civiques--c'est ainsi qu'on appelle les gardiens de la paix--qui, à pied ou à cheval, défendent les abords de la place Rouge où l'on ne peut pénétrer qu'en montrant patte de même couleur, ne sont eux-mêmes que des gamins. Et avec leurs casquettes sur la nuque, leurs chandails et leurs cache-nez, les «autorités» que déversent devant le barrage les autos officielles évoquent bien plutôt les «terreurs» adolescentes de nos fortifications que des habitués rassis de tribunes gouvernementales.

A des appels brefs lancés par de jeunes gosiers péremptoires, les groupes se reforment, s'ébranlent, disparaissent vers les rues où se prépare le défilé. Et tout à coup, tandis que montent et s'enflent les accents religieux de _l'Internationale_, là-bas, débouchant de la rue Tverskaïa, crêtée de faisceaux de drapeaux rouges, voici la tête du cortège.

Il n'a rien de solennel. Un grand gaillard blond le précède, dressant de ses deux bras, comme un étendard triomphal, un bambin vêtu de rouge qui rit, la tête renversée dans le halo de sa chevelure bouclée; petit dieu classique, éternel: Eros, Bacchus, Jésus, agitant ses menottes vers l'azur comme pour y cueillir espoir et joie. Puis viennent au petit bonheur, chaque groupe précédé d'une fanfare, hérissé de bannières, de banderoles, de placards rouges semés d'inscriptions et d'emblèmes, écoles primaires et secondaires, troupes d'étudiants où l'on distingue des faces jaunes d'asiatiques, escouades de soldats kaki, marins au col bleu, ouvriers et ouvrières en costume de travail, pionniers au large feutre de cow-boy--ces pépinières des jeunesses communistes,--associations sportives, jeunes gens et jeunes filles en maillots réduits et collants, tendant le jarret, faisant saillir leurs muscles.

Les petits s'amusent de tout leur cœur; certains, exécutants d'une désolante précocité, soufflent dans des clairons, tapent sur des grosses caisses, pleins d'une ardeur comique qui déchire les oreilles. Les moyens piétinent sagement avec une docilité passive un peu morne. C'est chez ceux-là qu'on discerne la souffrance de la révolution et de la famine. Beaucoup ont mal poussé, maigres, blêmes, pauvres frimousses creusées ou boursouflées, traits à la diable. Mais les grands sont robustes et bien plantés; orgueilleusement cambrés, l'œil droit et pur, ils ont une gravité de lévites et portent leur tête comme un ostensoir. Que se passe-t-il dans ces jeunes têtes?...

Tiens! çà et là, au-dessus du cortège, des mannequins de carton colorié gambillent au bout d'une corde. Ici, c'est un odieux «bourjouis» en haut de forme, en face de sa compagne qui exhibe des dessous d'une mousseuse exubérance, certes fort surannée. Mais là n'est-ce pas le long menton austère de sir Austen Chamberlain, le masque aux yeux exorbités de M. Mussolini; puis, après quelques Japonais et Américains, les épaules de M. Briand et--_horrendum!_--le crâne et la barbiche de M. Poincaré! Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des enfants?

Le flot coule toujours, entraîné par des marches militaires, alternant avec des hymnes, musique simple et violente de ménagerie ou d'armée du Salut.

Parfois pourtant, quelques jeunes filles lancent comme une balle un de ces vifs couplets populaires, joyaux du folklore russe; les garçons ripostent gaîment, ironiquement et un beau chœur alerte et sonore achève le débat.

La foule s'est massée des deux côtés du cortège, une foule grise, morne, singulièrement apathique. Pourquoi? Chez nous, devant pareille scène, que de cris, de rires, de vivats, que d'apostrophes gouailleuses! N'y aurait-il plus ici de joie que pour la jeunesse?

Mais voici que parmi tant de visages inconnus un sourire m'est décoché. Où ai-je vu cette nuque plate, ce teint de jambon de luxe? J'y suis: un des Allemands du train. Nous n'avions pas alors échangé une parole. Mais il fend la foule, il se jette sur moi comme un naufragé sur une bouée. Il déborde de cordialité. Et, désignant l'intarissable défilé:

--C'est peau, mais ça fait un beu beur, fait-il en hochant la tête.

Deux jeunes gens s'arrêtent près de nous: vingt à vingt-cinq ans au plus, tête nue, hautes bottes, blouse de satinette noire élégamment serrée à la taille par une ceinture de cuir et montant au cou. Ils portent à la boutonnière l'insigne rouge des Jeunesses communistes. Silencieux, ils regardent passer le cortège et une émotion à la fois inquiète et fière se lit sur leur beau profil grave aux cheveux rejetés. Eux aussi semblent interroger l'avenir. Je m'aperçois alors que l'un d'eux a déjà les tempes grises.

Un arrêt. Un grand camion automobile s'avance. Il est plein de jeunes gens. D'un côté, des ouvriers en casquette, des paysans en touloupe, quelques soldats, un matelot. Mais, en face, quelle est cette mascarade? Deux ou trois «bourjouis» comme celui qui dansait tout à l'heure au bout d'une corde, chapeau claque sur l'oreille, habit noir en déroute, plastron blanc fripé et quelles trognes enluminées, quelles lèvres baveuses et pendantes! L'un brandit une bouteille de champagne, l'autre titube, hoquette, le troisième offre d'évidents symptômes de paralysie générale. Derrière eux, un roi, en pourpre et couronne de carton doré, un moine en bure brune et tiare à croix noire, un général à bicorne emplumé, chamarré comme un perroquet. Et le pope bénit à tour de bras, le général tire son sabre de mameluk, le roi agite son sceptre d'une main et, de l'autre, croix et décorations.

Discours alternés. Brèves apostrophes, gestes dédaigneux et vengeurs des ouvriers et des paysans. Et bientôt le pope perd sa tiare, le roi sa couronne, l'officier son sabre et tous trois, les quatre fers en l'air, s'effondrent sur les bourgeois ivres-morts, aux pieds du prolétariat triomphant. Tandis qu'un diable poilu, cornu, fourchu à souhait, étend ses larges ailes de chauve-souris au-dessus de leurs cadavres. Le Diable au pays des Soviets? Mais oui...

Même parade exécutée un instant plus tard par des étudiants chinois. Mais cette fois, pour symboliser la haute noce, un jeune Céleste s'est coiffé d'un chapeau de paille à ruban bariolé, incrusté un monocle entre son sourcil retroussé et son nez camard et a revêtu quoi? Un superbe pyjama à fleurs vertes.

Dans un autre camion qui suit, serrés en brochettes comme d'éclatants oiseaux des îles, cinquante jeunes Chinois à longues robes à rayures multicolores. C'est une délégation des étudiants de la grande université chinoise de Moscou. Ils battent des mains, font le geste de couper des têtes, imitent l'horrible grimace des pendus, ricanent de toutes leurs pommettes, de toutes leurs bouches plates aux dents féroces. Mon Allemand songe-t-il comme moi au rôle abominable de bourreaux qu'ont, dit-on, joué les Chinois au début de la révolution? Son teint perd ses roses et ses lis.

--Je dois bardir demain pour la Mongolie pour faire des affaires, soupire-t-il.

Deux heures plus tard, je revenais avec un ami. Le serpent aux brillants anneaux n'avait pas cessé de ramper vers la place Rouge, s'engouffrant par cette porte du Sauveur où naguère le tsar devait entrer diadème en tête, conduisant par la bride le cheval caparaçonné d'or du métropolite. De combien de jeunes gens se compose ce défilé? Vingt mille, trente mille?

Devant la façade de la Maison des syndicats, un haut-parleur jette sur la foule les discours qu'on vient de prononcer. On entend les voix rauques aux syllabes rocailleuses, et au loin les chants et les rires des enfants revenus du défilé. Le ciel est clair, le soleil penchant plus vermeil.

Tout à coup, sur les marches blanches du perron, j'aperçois un groupe qui me fait tressaillir: des enfants encore, cinq ou six enfants de huit à douze ans, épaulés les uns contre les autres, mais pieds nus, à peine couverts de haillons sinistres, à travers lesquels transparaissent leurs maigres membres à la peau souillée. Les yeux chassieux, le nez dévoré de gourme, leurs dents de loup luisant dans leur figure plaquée de crasse, d'un air tout à la fois impudent et pitoyable, ils regardent le beau cortège éclatant.

Le souffle suspendu je demande:

--Qu'est-ce donc?

--Ce sont, hélas! nos enfants abandonnés... Un terrible problème dont vous entendrez souvent parler. Nous en avons 300.000 comme ça!

Comment? Ici, dans le paradis prolétarien, y aurait-il une autre jeunesse?