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LA GRANDE TOMBE

Gilliatt suivit le bord de l'eau, passa rapidement dans Saint-Pierre-Port, puis se remit à marcher vers Saint-Sampson le long de la mer, se dérobant aux rencontres, évitant les routes, pleines de passants par sa faute.

Dès longtemps, on le sait, il avait une manière à lui de traverser dans tous les sens le pays sans être vu de personne. Il connaissait des sentiers, il s'était fait des itinéraires isolés et serpentants; il avait l'habitude farouche de l'être qui ne se sent pas aimé; il restait lointain. Tout enfant, voyant peu d'accueil dans les visages des hommes, il avait pris ce pli, qui depuis était devenu son instinct, de se tenir à l'écart.

Il dépassa l'Esplanade, puis la Salerie. De temps en temps, il se retournait et regardait, en arrière de lui, dans la rade, le _Cashmere_, qui venait de mettre à la voile. Il y avait peu de vent, Gilliatt allait plus vite que le _Cashmere_. Gilliatt marchait dans les roches extrêmes du bord de l'eau, la tête baissée. Le flux commençait à monter.

A un certain moment il s'arrêta et, tournant le dos à la mer, il considéra pendant quelques minutes, au delà des rochers cachant la route du Valle, un bouquet de chênes. C'étaient les chênes du lieu dit les Basses-Maisons. Là, autrefois, sous ces arbres, le doigt de Déruchette avait écrit son nom, _Gilliatt_, sur la neige. Il y avait longtemps que cette neige était fondue.

Il poursuivit son chemin.

La journée était charmante plus qu'aucune qu'il y eût encore eu cette année-là. Cette matinée avait on ne sait quoi de nuptial. C'était un de ces jours printaniers où mai se dépense tout entier; la création semble n'avoir d'autre but que de se donner une fête et de faire son bonheur. Sous toutes les rumeurs, de la forêt comme du village, de la vague comme de l'atmosphère, il y avait un roucoulement. Les premiers papillons se posaient sur les premières roses. Tout était neuf dans la nature, les herbes, les mousses, les feuilles, les parfums, les rayons. Il semblait que le soleil n'eût jamais servi. Les cailloux étaient lavés de frais. La profonde chanson des arbres était chantée par des oiseaux nés d'hier. Il est probable que leur coquille d'œuf cassée par leur petit bec était encore dans le nid. Des essais d'ailes bruissaient dans le tremblement des branches. Ils chantaient leur premier chant, ils volaient leur premier vol. C'était un doux parlage de tous à la fois, huppes, mésanges, piquebois, chardonnerets, bouvreuils, moines et misses. Les lilas, les muguets, les daphnés, les glycines, faisaient dans les fourrés un bariolage exquis. Une très jolie lentille d'eau qu'il y a à Guernesey, couvrait les mares d'une nappe d'émeraude. Les bergeronnettes et les épluque-pommiers, qui font de si gracieux petits nids, s'y baignaient. Par toutes les claires-voies de la végétation on apercevait le bleu du ciel. Quelques nuées lascives s'entre-poursuivaient dans l'azur avec des ondoiements de nymphes. On croyait sentir passer des baisers que s'envoyaient des bouches invisibles. Pas un vieux mur qui n'eût, comme un marié, son bouquet de giroflées. Les prunelliers étaient en fleur, les cytises étaient en fleur; on voyait ces monceaux blancs qui luisaient et ces monceaux jaunes qui étincelaient à travers les entre-croisements des rameaux. Le printemps jetait tout son argent et tout son or dans l'immense panier percé des bois. Les pousses nouvelles étaient toutes fraîches vertes. On entendait en l'air des cris de bienvenue. L'été hospitalier ouvrait sa porte aux oiseaux lointains. C'était l'instant de l'arrivée des hirondelles. Les thyrses des ajoncs bordaient les talus des chemins creux, en attendant les thyrses des aubépines. Le beau et le joli faisaient bon voisinage; le superbe se complétait par le gracieux; le grand ne gênait pas le petit; aucune note du concert ne se perdait; les magnificences microscopiques étaient à leur plan dans la vaste beauté universelle; on distinguait tout comme dans une eau limpide. Partout une divine plénitude et un gonflement mystérieux faisaient deviner l'effort panique et sacré de la séve en travail. Qui brillait, brillait plus; qui aimait, aimait mieux. Il y avait de l'hymne dans la fleur et du rayonnement dans le bruit. La grande harmonie diffuse s'épanouissait. Ce qui commence à poindre provoquait ce qui commence à sourdre. Un trouble, qui venait d'en bas, et qui venait aussi d'en haut, remuait vaguement les cœurs, corruptibles à l'influence éparse et souterraine des germes. La fleur promettait obscurément le fruit, toute vierge songeait, la reproduction des êtres, préméditée par l'immense âme de l'ombre, s'ébauchait dans l'irradiation des choses. On se fiançait partout. On s'épousait sans fin. La vie, qui est la femelle, s'accouplait avec l'infini, qui est le mâle. Il faisait beau, il faisait clair, il faisait chaud; à travers les haies, dans les enclos, on voyait rire les enfants. Quelques-uns jouaient aux mérelles. Les pommiers, les pêchers, les cerisiers, les poiriers, couvraient les vergers de leurs grosses touffes pâles ou vermeilles. Dans l'herbe, primevères, pervenches, achillées, marguerites, amaryllis, jacinthes, et les violettes, et les véroniques. Les bourraches bleues, les iris jaunes, pullulaient, avec ces belles petites étoiles roses qui fleurissent toujours en troupe et qu'on appelle pour cela «les compagnons». Des bêtes toutes dorées couraient entre les pierres. Les joubarbes en floraison empourpraient les toits de chaume. Les travailleuses des ruches étaient dehors. L'abeille était à la besogne. L'étendue était pleine du murmure des mers et du bourdonnement des mouches. La nature, perméable au printemps, était moite de volupté.

Quand Gilliatt arriva à Saint-Sampson, il n'y avait pas encore d'eau au fond du port, et il put le traverser à pied sec, inaperçu derrière les coques de navires au radoub. Un cordon de pierres plates espacées qu'il y a là, aide à ce passage.

Gilliatt ne fut pas remarqué. La foule était à l'autre bout du port, près du goulet, aux Bravées. Là son nom était dans toutes les bouches. On parlait tant de lui qu'on ne fit pas attention à lui. Gilliatt passa, caché en quelque sorte par le bruit qu'il faisait.

Il vit de loin la panse à la place où il l'avait amarrée, la cheminée de la machine entre ses quatre chaînes, un mouvement de charpentiers à l'ouvrage, des silhouettes confuses d'allants et de venants, et il entendit la voix tonnante et joyeuse de mess Lethierry donnant des ordres.

Il s'enfonça dans les ruettes.

Il n'y avait personne derrière les Bravées, toute la curiosité étant sur le devant. Gilliatt prit le sentier longeant le mur bas du jardin. Il s'arrêta dans l'angle où était la mauve sauvage; il revit la pierre où il s'était assis; il revit le banc de bois où s'était assise Déruchette. Il regarda la terre de l'allée où il avait vu s'embrasser deux ombres, qui avaient disparu.

Il se remit en marche. Il gravit la colline du château du Valle, puis la redescendit, et se dirigea vers le Bû de la Rue.

Le Houmet-Paradis était solitaire.

Sa maison était telle qu'il l'avait laissée le matin après s'être habillé pour aller à Saint-Pierre-Port.

Dessiné par F. Flameng. Gravé par R. de Los Rios. L. HÉBERT, ÉDITEUR Imp. Wittmann.]

Une fenêtre était ouverte. Par cette fenêtre on voyait le bug pipe accroché à un clou de la muraille.

On apercevait sur la table la petite bible donnée en remercîment à Gilliatt par un inconnu qui était Ebenezer.

La clef était à la porte. Gilliatt approcha, posa la main sur cette clef, ferma la porte à double tour, mit la clef dans sa poche, et s'éloigna.

Il s'éloigna, non du côté de la terre, mais du côté de la mer.

Il traversa diagonalement son jardin, par le plus court, sans précaution pour les plates-bandes, en ayant soin toutefois de ne pas écraser les seakales, qu'il avait plantés parce que c'était un goût de Déruchette.

Il franchit le parapet et descendit dans les brisants.

Il se mit à suivre, allant toujours devant lui, la longue et étroite ligne de récifs qui liait le Bû de la Rue à ce gros obélisque de granit debout au milieu de la mer qu'on appelait la Corne de la Bête. C'est là qu'était la Chaise Gild-Holm-'Ur.

Il enjambait d'un récif à l'autre comme un géant sur des cimes. Faire ces enjambées sur une crête de brisants, cela ressemble à marcher sur l'arête d'un toit.

Une pêcheuse à la trouble qui rôdait pieds nus dans les flaques d'eau à quelque distance, et qui regagnait le rivage, lui cria: Prenez garde. La mer arrive.

Il continua d'avancer.

Parvenu à ce grand rocher de la pointe, la Corne, qui faisait pinacle sur la mer, il s'arrêta. La terre finissait là. C'était l'extrémité du petit promontoire.

Il regarda.

Au large, quelques barques, à l'ancre, pêchaient. On voyait de temps en temps sur ces bateaux des ruissellements d'argent au soleil qui étaient la sortie de l'eau des filets. Le _Cashmere_ n'était pas encore à la hauteur de Saint-Sampson; il avait déployé son grand hunier. Il était entre Herm et Jethou.

Gilliatt tourna le rocher. Il parvint sous la Chaise Gild-Holm-'Ur, au pied de cette espèce d'escalier abrupt que, moins de trois mois auparavant, il avait aidé Ebenezer à descendre. Il le monta.

La plupart des degrés étaient déjà sous l'eau. Deux ou trois seulement étaient encore à sec. Il les escalada.

Ces degrés menaient à la Chaise Gild-Holm'Ur. Il arriva à la Chaise, la considéra un moment, appuya sa main sur ses yeux et la fit lentement glisser d'un sourcil à l'autre, geste par lequel il semble qu'on essuie le passé, puis il s'assit dans le creux de roche, avec l'escarpement derrière son dos et l'océan sous ses pieds.

Le _Cashmere_ en ce moment-là élongeait la grosse tour ronde immergée, gardée par un sergent et un canon, qui marque dans la rade le mi-chemin entre Herm et Saint-Pierre-Port.

Au-dessus de la tête de Gilliatt, dans les fentes, quelques fleurs de rocher frissonnaient. L'eau était bleue à perte de vue. Le vent étant d'est, il y avait peu de ressac autour de Serk, dont on ne voit de Guernesey que la côte occidentale. On apercevait au loin la France comme une brume et la longue bande jaune des sables de Carteret. Par instants, un papillon blanc passait. Les papillons ont le goût de se promener sur la mer.

La brise était très faible. Tout ce bleu, en bas comme en haut, était immobile. Aucun tremblement n'agitait ces espèces de serpents d'un azur plus clair ou plus foncé qui marquent à la surface de la mer les torsions latentes des bas-fonds.

Le _Cashmere_, peu poussé du vent, avait, pour saisir la brise, hissé ses bonnettes de hune. Il s'était couvert de toile. Mais, le vent étant de travers, l'effet des bonnettes le forçait à serrer de très près la côte de Guernesey. Il avait franchi la balise de Saint-Sampson. Il atteignait la colline du château du Valle. Le moment arrivait où il allait doubler la pointe du Bû de la Rue.

Gilliatt le regardait venir.

L'air et la vague étaient comme assoupis. La marée se faisait, non par lame, mais par gonflement. Le niveau de l'eau se haussait sans palpitation. La rumeur du large, éteinte, ressemblait à un souffle d'enfant.

On entendait dans la direction du havre de Saint-Sampson de petits coups sourds, qui étaient des coups de marteau. C'étaient probablement les charpentiers dressant les palans et le fardier pour retirer de la panse la machine. Ces bruits parvenaient à peine à Gilliatt, à cause de la masse de granit à laquelle il était adossé.

Le _Cashmere_ approchait avec une lenteur de fantôme.

Gilliatt attendait.

Tout à coup un clapotement et une sensation de froid le firent regarder en bas. Le flot lui touchait les pieds.

Il baissa les yeux, puis les releva.

Le _Cashmere_ était tout près.

L'escarpement où les pluies avaient creusé la Chaise Gild-Holm-'Ur était si vertical, et il y avait là tant d'eau, que les navires pouvaient sans danger, par les temps calmes, faire chenal à quelques encâblures du rocher.

Le _Cashmere_ arriva. Il surgit, il se dressa. Il semblait croître sur l'eau. Ce fut comme le grandissement d'une ombre. Le gréement se détacha en noir sur le ciel dans le magnifique balancement de la mer. Les longues voiles, un moment superposées au soleil, devinrent presque roses et eurent une transparence ineffable. Les flots avaient un murmure indistinct. Aucun bruit ne troublait le glissement majestueux de cette silhouette. On voyait sur le pont comme si on y eût été.

Le _Cashmere_ rasa presque la roche.

Le timonier était à la barre, un mousse grimpait aux haubans, quelques passagers, accoudés au bordage, considéraient la sérénité du temps, le capitaine fumait.

Mais ce n'était rien de tout cela que voyait Gilliatt.

Il y avait sur le pont un coin plein de soleil. C'était là ce qu'il regardait. Dans ce soleil étaient Ebenezer et Déruchette. Ils étaient assis dans cette lumière, lui près d'elle. Ils se blottissaient gracieusement côte à côte, comme deux oiseaux se chauffant à un rayon de midi, sur un de ces bancs couverts d'un petit plafond goudronné que les navires bien aménagés offrent aux voyageurs et sur lesquels on lit, quand c'est un bâtiment anglais: _For ladies only_. La tête de Déruchette était sur l'épaule d'Ebenezer, le bras d'Ebenezer était derrière la taille de Déruchette; ils se tenaient les mains, les doigts entre-croisés dans les doigts. Les nuances d'un ange à l'autre étaient saisissables sur ces deux exquises figures faites d'innocence. L'une était plus virginale, l'autre plus sidérale. Leur chaste embrassement était expressif. Tout l'hyménée était là, toute la pudeur aussi. Ce banc était déjà une alcôve et presque un nid. En même temps, c'était une gloire; la douce gloire de l'amour en fuite dans un nuage.

Le silence était céleste.

L'œil d'Ebenezer rendait grâce et contemplait; les lèvres de Déruchette remuaient; et dans ce charmant silence, comme le vent portait du côté de terre, à l'instant rapide où le sloop glissa à quelques toises de la Chaise Gild-Holm-'Ur, Gilliatt entendit la voix tendre et délicate de Déruchette qui disait:

--Vois donc. Il semblerait qu'il y a un homme dans le rocher.

Cette apparition passa.

Le _Cashmere_ laissa la pointe du Bû de la Rue derrière lui et s'enfonça dans le plissement profond des vagues. En moins d'un quart d'heure, sa mâture et ses voiles ne firent plus sur la mer qu'une sorte d'obélisque blanc décroissant à l'horizon. Gilliatt avait de l'eau jusqu'aux genoux.

Il regardait le sloop s'éloigner.

La brise fraîchit au large. Il put voir le _Cashmere_ hisser ses bonnettes basses et ses focs pour profiter de cette augmentation de vent. Le _Cashmere_ était déjà hors des eaux de Guernesey. Gilliatt ne le quittait pas des yeux.

Le flot lui arrivait à la ceinture.

La marée s'élevait. Le temps passait.

Les mauves et les cormorans volaient autour de lui, inquiets. On eût dit qu'ils cherchaient à l'avertir. Peut-être y avait-il dans ces volées d'oiseaux quelque mouette venue des Douvres, qui le reconnaissait.

Une heure s'écoula.

Le vent du large ne se faisait pas sentir dans la rade, mais la diminution du _Cashmere_ était rapide. Le sloop était, selon toute apparence, en pleine vitesse. Il atteignait déjà presque la hauteur des Casquets.

Il n'y avait pas d'écume autour du rocher Gild-Holm-'Ur, aucune lame ne battait le granit. L'eau s'enflait paisiblement. Elle atteignait presque les épaules de Gilliatt.

Une autre heure s'écoula.

Le _Cashmere_ était au delà des eaux d'Aurigny. Le rocher Ortach le cacha un moment. Il entra dans l'occultation de cette roche, puis en ressortit, comme d'une éclipse. Le sloop fuyait au nord. Il gagna la haute mer. Il n'était plus qu'un point ayant, à cause du soleil, la scintillation d'une lumière.

Les oiseaux jetaient de petits cris à Gilliatt.

On ne voyait plus que sa tête.

La mer montait avec une douceur sinistre.

Gilliatt, immobile, regardait le _Cashmere_ s'évanouir.

Le flux était presque à son plein. Le soir approchait. Derrière Gilliatt, dans la rade, quelques bateaux de pêche rentraient.

L'œil de Gilliatt, attaché au loin sur le sloop, restait fixe.

Cet œil fixe ne ressemblait à rien de ce qu'on peut voir sur la terre. Dans cette prunelle tragique et calme il y avait de l'inexprimable. Ce regard contenait toute la quantité d'apaisement que laisse le rêve non réalisé; c'était l'acceptation lugubre d'un autre accomplissement. Une fuite d'étoile doit être suivie par des regards pareils. De moment en moment, l'obscurité céleste se faisait sous ce sourcil dont le rayon visuel demeurait fixé à un point de l'espace. En même temps que l'eau infinie autour du rocher Gild-Holm-'Ur, l'immense tranquillité de l'ombre montait dans l'œil profond de Gilliatt.

Le _Cashmere_, devenu imperceptible, était maintenant une tache mêlée à la brume. Il fallait pour le distinguer savoir où il était.

Peu à peu, cette tache, qui n'était plus une forme, pâlit.

Puis elle s'amoindrit.

Puis elle se dissipa.

A l'instant où le navire s'effaça à l'horizon, la tête disparut sous l'eau. Il n'y eut plus rien que la mer.

NOTES

NOTE I.

Sur la page du titre on lit, dans le manuscrit original, les mentions suivantes:

Commencé le 4 juin 1864.

Interrompu le 4 août.

Repris le 4 décembre.

Terminé le 29 avril 1865.

Publié le 12 mars 1866.

A la page qui termine la première partie, _Sieur Clubin_, on lit:

3 août, 8 heures 1/2 du matin.

Interrompu jusqu'à mon retour. Je vais partir pour mon voyage annuel, le 10 ou le 11.

NOTE II.

Dans la première partie, livre VI, au chapitre II, _Du cognac inespéré_, les lignes qui suivent sont biffées dans le manuscrit:

Une volonté dans un mécanisme fait contre-poids à l'infini. L'infini, lui aussi, contient un mécanisme. Ses engrenages sont pour nous invisibles, tant ils sont démesurés. Le zodiaque est une de ses roues. La loi des saisons est liée à cette rotation. Il faut à l'aiguille aimantée six cent vingt ans pour qu'elle accomplisse son oscillation complète à l'ouest et à l'est du méridien. Ainsi l'oscillation actuelle, commencée en 1660, ne s'achèvera qu'en 2280. La loi des tempêtes est liée à cette oscillation. Dans cette révolution de six cent vingt ans, c'est tantôt le pôle asiatique, tantôt le pôle américain, qui est le pôle le plus froid. Une période de quarante et un ans ramène le maximum des taches solaires. Franklin a prouvé que les coups de vent du nord-est avaient leur source au sud-ouest. Au sud de l'équateur, les ouragans tournent dans le sens d'une montre, et au nord de l'équateur en sens inverse.

NOTE III.

Le livre septième de la première partie, _Imprudence de faire des questions à un livre_, a, dans le manuscrit, ces variantes du titre: JOLI MÉTIER QUE LA BIBLE FAIT LA ET DIEU PARLE AUX JEUNES PLUS SOUVENT QU'AUX VIEUX.

Autres variantes de titres:

Deuxième partie. Livre I. Chapitre VIII. _Importunæquevolucres._

UN ROMAIN RENTRERAIT.

Chapitre XII. _Le dedans d'un édifice sous mer._

UNE CACHETTE DE LA MER.

Troisième partie. _Déruchette._

CE QUI ÉCHAPPE A LA MER N'ÉCHAPPE PAS A LA FEMME.

Livre III. _Départ du_ Cashmere.

LA MER N'AVAIT PAS DIT SON DERNIER MOT.

TABLE DU TOME DEUXIÈME

DEUXIÈME PARTIE GILLIATT LE MALIN

LIVRE PREMIER L'ÉCUEIL

Pages.

I. L'endroit où il est malaisé d'arriver et difficile de repartir. 5

II. Les perfections du désastre. 13

III. Saine, mais non sauve. 18

IV. Examen local préalable. 21

V. Un mot sur la collaboration secrète des éléments. 26

VI. Une écurie pour le cheval. 32

VII. Une chambre pour le voyageur. 36

VIII. _Importunæque volucres._ 47

IX. L'écueil, et la manière de s'en servir. 51

X. La forge. 56

XI. Découverte. 62

XII. Le dedans d'un édifice sous mer. 68

XIII. Ce qu'on y voit et ce qu'on y entrevoit. 72

LIVRE DEUXIÈME LE LABEUR

I. Les ressources de celui à qui tout manque. 83

II. Comme quoi Shakespeare peut se rencontrer avec Eschyle. 88

III. Le chef-d'œuvre de Gilliatt vient au secours du chef-d'œuvre de Lethierry. 91

IV. _Sub re._ 97

V. _Sub umbrâ._ 106

VI. Gilliatt fait prendre position à la panse. 114

VII. Tout de suite un danger. 118

VIII. Péripétie plutôt que dénoûment. 123

IX. Le succès repris aussitôt que donné. 129

X. Les avertissements de la mer. 132

XI. A bon entendeur, salut. 137

LIVRE TROISIÈME LA LUTTE

I. L'extrême touche l'extrême et le contraire annonce le contraire. 145

II. Les vents du large. 148

III. Explication du bruit écouté par Gilliatt. 153

IV. _Turba, turma._ 158

V. Gilliatt a l'option. 162

VI. Le combat. 164

LIVRE QUATRIÈME LES DOUBLES FONDS DE L'OBSTACLE

I. Qui a faim n'est pas le seul. 195

II. Le monstre. 202

III. Autre forme du combat dans le gouffre. 213

IV. Rien ne se cache et rien ne se perd. 218

V. Dans l'intervalle qui sépare six pouces de deux pieds il y a de quoi loger la mort. 224

VI. _De profundis ad altum..._ 230

VII. Il y a une oreille dans l'inconnu. 240

TROISIÈME PARTIE DERUCHETTE

LIVRE PREMIER NUIT ET LUNE

I. La cloche du port. 247

II. Encore la cloche du port. 268

LIVRE DEUXIÈME LA RECONNAISSANCE EN PLEIN DESPOTISME

I. Joie entremêlée d'angoisse. 283

II. La malle de cuir. 296

LIVRE TROISIÈME DÉPART DU «CASHMERE»

I. Le Havelet tout proche de l'église. 303

II. Les désespoirs en présence. 308

III. La prévoyance de l'abnégation. 319

IV. «Pour ta femme, quand tu te marieras.» 327

V. La grande tombe. 332

_NOTES_ 347

S.-Denis.--Imp. J. Dardaillon.--10-26

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