PAUL CLAUDEL
LA MESSE LA-BAS
DIXIÈME ÉDITION
PARIS ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE 35 ET 37, RUE MADAME. 1919
IL A ÉTÉ RÉIMPOSÉ ET TIRÉ A PART SUR PAPIER WHATMAN SIX EXEMPLAIRES HORS COMMERCE NUMÉROTÉS DE I A VI ET QUATRE-VINGT-QUATORZE EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS DE 1 A 94
TOUS DROITS DE REPRODUCTION ET DE TRADUCTION RÉSERVÉES POUR TOUS PAYS Y COMPRIS LA RUSSIE.
COPYRIGHT BY GASTON GALLIMARD. 1919
LA MESSE LA-BAS
INTROÏT
Une fois de plus l’exil, l’âme toute seule une fois de plus qui remonte à son château,
Et le premier rayon du soleil sur la corne du Corcovado!
Tant de pays derrière moi commencés sans que jamais aucune demeure s’y achève!
Mon mariage est en deçà de la mer, une femme et ces enfants que j’ai eus en rêve.
Tous ces yeux où j’ai lu un instant qu’ils me connaissaient, tous ces gens comme s’ils étaient vivants que j’ai fréquentés,
Tout cela est pareil une fois de plus à ces choses qui n’ont jamais été.
Ici je n’ai plus comme compagnie que cette augmentation de la lumière,
La montagne qui fait un fond noir éternel et ces palmiers dessinés comme sur du verre.
Et quand la Création après le jour sans heures se condense une fois de plus du néant,
Fidèle à l’immense quai chaque soir, je vais revisiter l’Océan:
La mer et ce grand campement tout autour avec un million de feux qui s’allument,
L’Amérique avec toutes ses montagnes dans le vent du soir comme des Nymphes couronnées de plumes!
L’Océan qui arrive par cette porte là-bas et qui tape contre la berge haute,
Sous le ciel chargé de pluie de toutes parts ces chandelles de cinquante pieds qui sautent!
Mon esprit n’a pas plus de repos que la mer, c’est la même douleur démente!
La même grande tache de soleil au milieu sans rien! et cette voix qui raconte et qui se lamente!
Voici la contagion de la nuit qui gagne tout le ciel peu à peu,
Le jour après six jours qui fait sept et pas un qui ne me rapproche de Dieu.
Quand mes pieds connaîtront le repos, quand mon cœur aura fait alliance avec la nuit,
Qu’est qui commencera pour toujours aussitôt que tout sera fini?
Est-ce que je verrai quelque chose pour moi dans le ciel se dédoubler comme les feux qui marquent l’entrée d’un port,
Ou cette étoile près de la Croix-du-Sud qu’on appelle Alpha du Centaure?[1]
[1] _Omnia duplicia, unum contra unum, et non fecit quidquam deesse._
_Eccles._, XLII, 25.
Vous aurez beau m’avoir mis près de Vous pour toujours d’une manière qui est au-dessus du sens,
Je ne serai pas plus sûr de Vous, mon Dieu, que je ne le suis à présent.
En cette heure vide, où je suis avec Vous, d’autre chose que de sa durée,
Toutes choses dont on dit qu’elles passent, je suis Votre témoin qu’elles ont passé.
Sans doute elles ne passent pas inutiles, elles épuisent jusqu’à la dernière strophe le Poëme,
Jusqu’à ces palmes dans le vent du soir! le spectacle de ce qui est autre chose que Vous-même.
Ce chaos de feuilles et de fougères dans le soleil, ce séjour de ma cinquantième année,
Ce ne serait pas plus difficile, rien qu’à l’œil en se fermant, de l’abolir, que ce ne fut de la patrie où je suis né.
Ce serait ce visage jadis aimé quand naissait ce charmant sourire,
Que ce ne serait pas plus difficile aux yeux en se fermant d’en faire pour toujours un souvenir.
Qu’est-ce qu’elles feraient, mon Dieu, toutes ces pauvres choses qui ne subsistent pas,
Sinon, par leur nature qui est de naître et de cesser, témoigner que Vous êtes ici et là?
Dommage qu’elles ne puissent cesser aux yeux sans qu’elles déchirent le cœur.
Mais pour ce qui est de les voir mourir on est aussi bien ici qu’ailleurs.
Là-bas dans le pays que j’ai quitté, l’Europe, on trouve que les choses n’allaient pas assez vite.
Cette espèce de grande Exposition Universelle dont ils étaient si fiers tapageante, point de cesse pour eux qu’ils ne l’aient détruite.
Cette vie de soixante minutes, c’était trop long et trop ennuyeux!
A nous cette grande Coopérative, la guerre, pour détruire toute autre chose que Dieu!
Ici je n’entends plus rien, je suis seul, il n’y a que ces palmes qui se balancent,
Ce jardin mystérieux à Votre image et ces choses qui existent en silence.
Elles existent pour un moment, mais tout de même c’était beau!
Il faut ignorer son art pour trouver au Vôtre quelque défaut.
N’avoir écrit une phrase jamais, l’art pour deux mots ensemble en une seule image de s’éteindre,
Pour ignorer que c’est bien, ce papillon sur la rose tout-à-coup, muet comme le pinceau du peintre!
C’est un mot qu’on nous propose nécessaire et qui de lui-même sur la lèvre vient se placer.
Comment les choses auraient-elles un _sens_ si leur sens n’était de passer?
Comment seraient-elles complètes, si leur sort n’était de commencer et de finir?
Et moi-même qui parle, qu’est-ce qui parle, sinon ce qui est immortel en nous et qui demande à mourir?
Sinon ce qui se meurt d’ennui au milieu de ces choses si belles!
Si le monde ne parlait tant de Vous, mon ennui ne serait pas tel.
Si leur voix n’était si touchante, si elles ne parlaient si bien d’autre chose,
Les créatures n’auraient pas de question pour nous et nous serions en paix avec la rose.
Mais les mots, s’ils ne servent à parler, à quoi est-ce qu’ils peuvent servir?
Et s’ils ne vous restituent ce qui est en eux, à quoi servent le rossignol et le saphir?
Pour trouver ce qui avait besoin d’être dit, pour nous expliquer de nous-mêmes avec Vous en ce mot que nous avons découvert,
Ce n’est pas trop de fourrager la mer et le ciel et d’aller jusqu’au bout de la terre.
Où est-il, ce mot essentiel enfin, plus précieux que le diamant,
Cette goutte d’eau pour qu’elle se fonde en Vous, notre âme, comme l’amante en son amant?
Ce mot qui est comme le consentement à la mort, Votre présence au delà de toutes les images!
Ce n’est pas payer trop cher de mourir, mon Dieu, afin que Vous existiez davantage!
_Mon Dieu, pourquoi m’avez-vous repoussé? Mon âme, pourquoi êtes-vous triste?_
Que me veut cet ennemi en moi qui s’attarde et qui résiste?
Debout! de ce lieu où j’étais pour aller à celui où je ne suis pas encore,
Quand la lampe du ciel pâlit, c’est pour cela que je me suis levé avec l’aurore:
A l’heure où les grands palmiers se réveillent, tout ruisselants de la rosée matinale,
Et l’on voit une raie d’or la mer au bout de la chaussée coloniale.
De ce qui n’était que beauté pour passer à ce qui est amour,
Il faut profiter de cet appel qui précède celui du jour.
Le mal que ce serait d’être seul, le bonheur que Vous soyez là,
Si je n’étais là pour Vous le dire, peut-être que Vous ne le sauriez pas.
Pour m’expliquer ce qui fera tout-à-l’heure cette beauté profane et visible,
Il y a quelqu’un là-bas qui m’attend avec une suavité indicible.
C’est peu de Vous connaître si je ne Vous vois, peu de Vous voir si je ne Vous touche,
C’est peu de m’ouvrir les yeux si je ne Vous ouvre ma bouche.
Comme le poisson dans l’eau vive qui avale et remonte à contre-courant,
Celui qui est attaché à Vous remonte au rebours du temps.
Les choses me quittent peu à peu, et moi, je les quitte à mon tour.
On ne peut entrer que nu dans les conseils de l’Amour.
La cloche sonne. Le prêtre est là. La vie est loin. C’est la messe.
«_J’entrerai à l’autel de Dieu, vers le Dieu qui réjouit ma jeunesse._»
KYRIE ELEISON
Dieu qui Etes tout entier,--Dieu qui Etes tout à la fois,--un seul nom en trois consonnes,
_Kyrie eleïson!_
Principe en qui tout commence,--fin à qui tout aboutit,--présence à qui tout consonne,
_Kyrie eleïson!_
Père qui êtes tout le Père,--source qui êtes ma source et chose par qui nous sommes,
_Kyrie eleïson!_
Fils qui Etes l’Énergie, le Verbe et la seconde Personne,
_Christe eleïson!_
Hypostase en qui se rejoint ce qui expie et ce qui pardonne,
_Christe eleïson!_
Jésus qui êtes mort sur la croix pour le salut de tous les hommes,
_Christe eleïson!_
Esprit qui êtes la respiration ineffable entre les deux Personnes,
_Kyrie eleïson!_
Esprit qui comprenez tout, Esprit en qui tout est compris, Esprit en qui tout se donne,
_Kyrie eleïson!_
Fulminant qui touchez les montagnes, elles fument! Majesté dans le Ciel qui tremble et qui tonne!
_Kyrie eleïson!_
GLORIA
Le soleil quand on veut l’envisager éblouit, la cloche qu’on entend de trop près rend sourd.
Il n’y a chose si belle qu’on puisse la regarder autrement qu’un temps bien court,
Comme le vers sur le papier que le blanc interrompt par intervalles,
Et comme l’idée qui pour reprendre vers le but avec toute la force originale
A besoin que d’autres idées l’une sur l’autre la préparent et lui rendent cet élan une seconde qui emporte tout!
Ainsi après la grande acclamation pour commencer qui s’empare du ciel et de la terre, ces espèces de cris coup sur coup:
C’est Vous, c’est moi, je Vous loue, je Vous bénis, je Vous glorifie, je Vous aime,
Je Vous rends grâce, Seigneur, non pas à cause de moi, mais à cause de Vous-même!
Et non pas seulement parce que Vous êtes nécessaire, mais parce que c’est beau
D’être dans cet iris autour de l’immense déploiement de Votre soleil moi-même cette parcelle de feu et d’eau!
Loué soit Dieu qui ne nous a pas permis d’être rien de continu!
Et qui de ce Souffle qu’il a déposé en ce vide qui nous constitue
Nous a forcé de faire une parole vers Lui et nous rouvre inépuisablement
Pour célébrer Cela qui Est le recours à notre néant!
Ah, comme c’est donc fragile, un être humain! et comme c’est touchant,
Cette voix aveugle qui veut voir et qui est forcée de s’interrompre à tout moment!
Et nous savons que de toute façon Votre grandeur surpasse notre rusticité,
Et que c’est seulement pour nous faire plaisir, et d’ailleurs pour notre utilité,
Que Vous avez fabriqué ce beau soleil dans le ciel comme une lampe qui pend au bout d’un fil.
Mais il y a de nous à Vous sans la voix des chemins plus secrets et plus difficiles.
La souffrance, c’est à nous! et il a fallu que Vous Vous fissiez un homme pour la connaître.
La guerre continuelle contre tout, cela, c’est notre domaine peut-être!
L’humiliation, c’est pour nous, la trahison de ceux qu’on aime et qui fait pleurer beaucoup!
Le désir insatiable sans rien, c’est pour nous, la misère, c’est pour nous! la mort, c’est pour nous!
C’est nous qui sommes capables d’avoir faim, ce n’est pas vos Anges!
Cette chose seule nous est commune à Vous et à nous, et ce lien directement au travers de tous vos Anges!
Celui pour qui tout au monde est fini et qui n’a plus de paroles pour chanter,
Il se tait, mais son cœur bat, et le Père l’écoute respirer,
Et quand la douleur est trop grande et que l’on est forcé de reprendre haleine,
C’est Dieu même qu’on appelle l’Esprit bouche à bouche qui entre dans la poitrine humaine!
Quand l’être que nous aimons disparaît, ce n’est pas lui qui meurt seulement,
C’est ce monde habituel qui fane et qui perd pour nous saveur et sens;
Lui, pour nous rendre ce que sa perte révèle et ce que sa présence nous cachait,
Ce ne serait pas assez pour nous qu’il revînt tel qu’il était.
Ainsi ces matins dorés et diaprés et brillants,
Pleins de choses amusantes qui bougent, suffisent tels quels à l’enfant.
Mais celui que l’amour simplifie et que la mort a une fois enseigné,
Ce n’est pas la peine de lui rendre ce qu’il aime, si c’est la même chose encore capable de lui échapper.
--Bien que,--ce visage chéri,--ne le verrait-on qu’un peu,
Tout de même ce serait la peine de dire merci et de rendre gloire à Dieu!
Et ce serait bon d’avoir son enfant de nouveau, et ce serait doux,
Cette main dans la main de la femme qui dit: O mon cher mari, c’est donc vous!
LECTURES
Était-ce à Notre-Dame jadis à la sombre messe de sept heures,
Quand Geneviève bénit sa ville dans le brouillard, qui s’éveille au cri jaune des remorqueurs?
Était-ce dans cette rue sale de Boston? Était-ce en Chine,
Où le prêtre a sur la tête encore ce boisseau qu’inventa le dernier des Ming?
Était-ce à Prague dans l’éclat de rire doré d’une de ces belles églises rococo,
Pleines d’anges qui s’y sont posés partout comme une volée d’oiseaux?
A Francfort que la neige obstrue? A Hambourg où la pluie claque aux vitres?
Ou je ne sais quelle chapelle entre deux trains engloutie parmi de petits magasins sinistres?
Dans la fumée comme du goudron qui brûle, dans le matin limpide comme de l’or
Un livre est là sur l’autel qui contient tous les secrets de la vie et de la mort.
Silence! pour tout savoir, pour tout nous expliquer il suffit
D’ouvrir à la place marquée d’avance les feuilles et de mettre assez près la bougie.
Je regarde le visage de l’acolyte qui dans le reflet des cierges paraît rouge,
Je suis les yeux du prêtre qui descendent et ces lèvres lumineuses qui bougent.
CREDO
Celui qui dégageant des choses temporelles ses sens et sa pensée peu à peu
Refait entre ses puissances l’unité et se met en présence de Dieu,
Il est comme le commandant d’un bateau de guerre qui a pris son poste dans le blockhaus,
Il écoute et tous ses moyens sous lui sont autour de lui qui l’attendent, lui-même qui est énergie et cause.
Car, comme l’existence de l’oreille est d’entendre et comme celle de l’intelligence est de savoir,
La fonction de tout être qui dans une autre volonté que la sienne se connaît créature, est de croire.
Au delà de toute sensation comme au delà de toute connaissance,
L’homme fait remise de lui-même totale à la chose dont il a reçu naissance.
Qui nous attaque, c’est clair! mais ce n’est pas être attaqué que d’être envahi!
Et quand on a horreur de la mort, comment faire pour se défendre contre la vie?
Toutes ces choses que nous aimons tant et qui dans le fond nous dégoûtent,
Quelle joie de s’entendre dire enfin qu’il nous faut les abandonner toutes!
Puisqu’elles ne nous permettaient pas de passer outre et voici la vérité qui est tellement autre et mieux,
La joie de les avoir, jadis, ne vaudra jamais celle que nous avons à leur dire adieu!
Autre? mais ce que nous aimons précisément, c’est cet air de parenté sublime,
De sorte qu’habitants des vallées, cependant nous ne sommes pas dépaysés sur la cime!
A travers les Articles éternels tout cela qui nous est révélé,
Il nous semble que nous l’avions toujours su, tellement c’est humain et familier.
Et si pour tout nous expliquer on ne nous apporte que des mystères,
Ce sont mystères comme entre les époux et comme entre l’enfant et la mère,
Réels, ceux qu’il nous fallait, source d’intérêt dévorant, et de joie poignante, et de vie!
La Foi donne leur dignité pour toujours à ces choses qui seront éternellement comme ici.
Pas de ces inventions blêmes pour nous et les mots faits de main d’homme de la philosophie!
De quoi est-ce que le catéchisme nous parle et de quoi sont faites nos prières?
Un père de qui sont complètement ses fils, des enfants qui sont complètement à leur père.
Des frères sous le même toit ensemble, une mère admirable et charmante,
(Et comment parlerai-je de Marie jamais sans que des larmes montent à ma face pénitente?)
Du pain qui est vraiment du pain et qui nourrit,
De l’eau véritablement qui lave, du feu véritablement qui échauffe, qui éclaire et qui détruit,
Des fautes qui sont vraiment péchés et dont nous sommes un peu là pour répondre,
Un dieu qui s’est fait un homme pour nous et qui est capable d’écouter et de répondre,
Toutes les possibilités du cœur entre lui et nous,
Vivant, Celui qui nous a aimés plus que lui-même, Sauveur, ami, médecin, conseiller, enfant, frère, père, époux!
Et bien que ce soit tellement beau, et que ce soit vrai, et que le Paradis
Soit autour de nous à cette heure même avec toutes ses forêts attentives comme un grand orchestre invisiblement qui adore et qui supplie,
Toute cette invention de l’Univers avec ses notes vertigineusement dans l’abîme une par une où le prodige de nos dimensions est écrit,
Cette préparation à travers tous les siècles du corps et du sang de Jésus-Christ,
Ce Dieu qui a réussi enfin à se faire homme et le Verbe à se faire entendre,
Ce cri d’entre les quatre membres écartelés qui jaillit, ce cœur sur la croix qui se brise dans un suprême effort pour se faire comprendre,
Tout cela pour nous, aux pieds de notre Néant, qui lui demande la permission d’exister,
S’arrêterait devant notre refus et notre mauvaise volonté.
Et de même toute la science et toute l’histoire et toute l’exégèse,
La machine de la controverse et l’énorme appareil de la catéchèse,
L’âme comme par des mains exquises débridée et dessinée devant nos yeux fibre à fibre,
L’enfer et le ciel, tous les deux éternels, et parfaitement nets, et livrés au seul choix de l’esprit clairvoyant et libre,
Tous ces chemins étranges et bénis, corniches, ponts, défilés, tunnels, et qui mènent tous à Rome,
Ne sont là que pour aboutir à notre consentement gratuit comme la grâce, tel qu’un pacte conclu d’homme à homme.
Je n’ai pas besoin d’aucune preuve, et l’oreille tendue à ce que le prêtre récite,
Je crois cela, Seigneur, simplement parce que c’est Vous qui le dites.
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