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Ainsi périt don Pèdre par la main de son frère à l’âge de trente-cinq ans et sept mois. Il était d’une taille avantageuse, robuste et bien proportionné. Ses traits étaient réguliers, et son teint clair et frais. Si l’on en juge par sa statue peinte, qui existe encore à Madrid dans le couvent des religieuses de Saint-Dominique,[653] il avait les yeux et les cheveux noirs, contrairement à la tradition qui lui donne des yeux bleus et une chevelure d’un blond ardent. II était prodigieusement actif et passionné pour tous les exercices violents ; d’une sobriété extraordinaire, même dans son pays, où les excès de la table sont inconnus. Quelques heures de sommeil lui suffisaient. Il parlait facilement et avec grace, mais il conserva toujours cette prononciation un peu mignarde, particulière aux Sévillans. Élevé sous le soleil brûlant de l’Andalousie, entouré de séductions dès ses premières années, il aima les femmes avec fureur ; mais, à l’exception de Marie de Padilla, aucune de ses maîtresses n’obtint quelque empire sur son esprit. On l’accusa d’avarice, et l’on cite comme preuve le soin qu’il prit toute sa vie d’amasser des trésors, et les pierreries et les sommes considérables trouvées après sa mort dans le château de Carmona. Jamais il ne perdit une occasion d’augmenter les domaines de la couronne, bien différent de son adversaire don Henri, généreux jusqu’à la prodigalité. Je crois cependant que don Pèdre n’eut que l’apparence du vice bas que plusieurs historiens lui ont reproché. A mon avis, il n’aima l’argent que pour le pouvoir qu’il donne. Sa grande passion fut de dominer, et, dans un temps comme le sien, le plus riche était le plus puissant.

La première leçon de politique qu’il reçut fut cruelle. A Toro, il lui fallut racheter sa liberté et sa couronne de ses grands vassaux révoltés. Trahi, à plusieurs reprises, par ceux que son père et lui-même avaient comblés de bienfaits, par ses frères, par sa mère, il devint de bonne heure défiant, soupçonneux, souvent injuste pour ses plus fidèles serviteurs. Sa dissimulation, ses parjures, sont les vices de son époque. C’étaient, si je puis m’exprimer ainsi, les nécessités et peut-être les conditions de la royauté au moyen-âge. Il voulut gouverner seul, et, pour être obéi, il commença par se faire craindre. Il n’y réussit que trop facilement. Mais les grands et les prélats ne se soumirent pas sans résistance au joug qu’il prétendait leur imposer. Toute contradiction le rendait plus absolu dans ses volontés ; il fit une rude guerre au clergé et à la noblesse : c’était s’attaquer tout à la fois aux ennemis les plus redoutables de la royauté. Le peuple, opprimé par les riches-hommes, vit avec plaisir le pouvoir royal s’élever et s’accroître sur les ruines de la vieille anarchie féodale. D’ailleurs, les rigueurs de don Pèdre n’atteignaient que les grands, et, il faut le dire bien haut, elles frappèrent le plus souvent des traîtres à leur pays et à leur souverain. Il se montra sévère, impitoyable pour les rébellions sans cesse renouvelées par une noblesse factieuse ; mais, tandis qu’il faisait tomber les têtes les plus illustres, le peuple respirait et célébrait la justice d’un maître qui exigeait des grands et des petits une égale obéissance. Au XIVe siècle, un despotisme impartial était un bienfait pour les peuples. Les Juifs et les Musulmans, étrangers aux débats politiques qui divisaient la Castille, le bénirent comme le meilleur des maîtres, parce qu’il encourageait les arts, le commerce et l’industrie, et que son despotisme était doux là où il trouvait des esclaves dociles. Lorsque la guerre d’Aragon l’eut contraint d’augmenter les impôts et d’entraîner à des expéditions lointaines les contingents des villes, accoutumées à ne prendre les armes que pour repousser une attaque contre leurs murs, don Pèdre perdit rapidement sa popularité ; et aussitôt qu’une armée étrangère vint dissiper la terreur qu’inspiraient ses nombreux châtiments, sa puissance s’écroula comme un édifice bâti sur le sable. L’anarchie féodale reprit le dessus, et le despote se trouva désarmé au milieu de ses esclaves. Dès ce moment, son prestige fut détruit. Vainement une armée anglaise le rétablit sur le trône, il en tomba dès qu’elle eut repassé les monts.

Trois princes du nom de Pierre ont régné en même temps dans la Péninsule ; tous trois reçurent de leurs contemporains le surnom de Pierre-le-Cruel. Ils visaient au même but : celui d’abattre le pouvoir des grands vassaux, de mettre fin à l’anarchie féodale. On se tromperait gravement à supposer à ces rois la moindre préoccupation patriotique. Ils n’eurent d’autre mobile que leur ambition ; pourtant don Pèdre de Castille, plus que ses homonymes, paraît avoir rêvé la gloire, l’ordre et la grandeur de son pays. Je ne sache pas d’autre souverain qui à cette époque eût dit : Plutôt le triomphe de mon ennemi que le démembrement du royaume !

Aux malheurs de sa situation particulière, don Pèdre ajouta de grandes fautes. Il fut trop violent, trop inflexible dans ses projets, cédant toujours à la passion du moment au lieu d’écouter les conseils de la prudence. Il aurait dû chercher à diviser ses ennemis ; il les réunit au contraire sans mesurer ses forces. Seul, il voulut faire tête à la noblesse, au clergé, à de puissants voisins. L’entreprise qu’il tenta était peut-être impossible à l’époque où il osait la concevoir ; mais il prépara l’élévation du pouvoir royal en Espagne, et, lorsque le temps fut venu de délivrer à jamais le pays de la tyrannie des grands vassaux, on se souvint de don Pèdre et de son audace. Les Rois Catholiques, qui, plus heureux que lui, accomplirent l’œuvre qu’il avait commencée par ses mains, apprécièrent son courage et les obstacles contre lesquels il se brisa. La reine Isabelle, protestant la première contre le surnom qui flétrit sa mémoire, ne voulut pas qu’on dît Pèdre-le-Cruel ; mais, d’accord avec le peuple, qui ne perd jamais le souvenir des princes qui lui ont fait quelque bien, elle l’appela _Pèdre-le-Justicier_.

APPENDICE.

(A) La description des tombeaux de l’église de Sainte-Marie, dépouillés de leurs ornements par don Pèdre, m’a paru intéressante pour l’archéologie, et je la donne ici d’après une notice manuscrite de l’année 1345, rapportée par Zúñiga, qui l’avait tirée de la bibliothèque du comte de Villahumbrosa :

« Qui voudra savoir comment sont honorés le roi don Fernand le Bon, saint qui gagna Séville, et la reine doña Beatriz sa femme, et le roi don Alphonse son fils, en la chapelle de la sainte et noble église de Sainte-Marie à Séville, comme aussi des richesses d’or et d’argent et de pierres précieuses, en oiront ci-dessous le récit.

« Ils sont représentés comme personnes naturelles devant l’image de Notre-Dame, là où sont leurs sculptures, toutes couvertes d’argent avec insignes de châteaux et de lions, d’aigles et de croix, lesquelles sont devant les rois et devant la reine.

« Premièrement, se voit l’image de Notre-Dame, qui paraît vivre en chair et en os, avec son fils au bras, en un tabernacle plus haut que ne sont les rois, grand à merveille, tout couvert d’argent, et notez que l’image de Notre-Dame est faite par art mécanique, si, qu’on la lève et l’assied quand on la veut vêtir, elle et son fils. Et leurs draps sont de cramoisi, manteaux courts et longs (_mantos, pelotes_) et robes ; et l’image de Notre-Dame a une couronne d’or en laquelle sont force pierres trop grosses, ce sont saphyrs, rubis, émeraudes et topazes. Pareille couronne a son fils, et dit-on que les deux coûtèrent au roi don Alphonse plus d’un million.

« Or, à l’image de Notre-Dame, en un doigt se voit un anneau d’or, où est enchâssée une pierre de rubis, tant grosse comme une aveline, et l’on conte que dans le tabernacle et sur l’image de Notre-Dame, et celle de son fils, il y a bien dix mille marcs d’argent, esquels sont ensertis jusques à deux mille pierres, que saphirs, rubis, émeraudes, topazes et autres précieuses, mais assez menues pourtant la plupart.

« Item, tout en haut, sur la couronne de Notre-Dame, sont quatre pierres d’émeraudes en carré, grosses chacune comme une châtaigne, et au-dessus un rubis gros comme une noix, et quand on ouvre ce tabernacle la nuit, tant obscure qu’elle soit, lesdites pierres reluisent comme chandelles ardentes. Devant l’image de Notre-Dame, au bas, il y a trois tabernacles tous couverts d’argent, tous pareillement semés de châteaux, lions, aigles et croix, où sont les figures des rois. A la main gauche de l’image de Notre-Dame, dans sa chaire, est le bon roi don Fernand assis en sa chaire, et de l’autre côté la reine Beatriz assise aussi en sa chaire, toutes lesquelles chaires sont couvertes d’argent. Les trois sont vêtues de leurs grands manteaux et robes, et dit-on qu’en dessous ont leurs chemises et toiles de dessous. Le roi don Alphonse à une couronne d’or avec force pierres précieuses. En sa main il tient un bâton d’argent avec une colombe, et en la gauche une boule d’or avec une croix. Au milieu est le roi don Fernand son père, séant en sa chaire d’argent.

« Sur la tête ledit roi don Fernand a une couronne d’or et de draps précieux comme les autres susdites, et en la main droite tient une grande épée, en laquelle il y a comme on dit grande vertu, et est celle dont il gagna Séville. Ladite épée au pommeau a un rubis gros comme est un œuf, et à la croix de l’épée est une émeraude fort verte. Ceux qui se veulent guérir d’un mal qu’ils ont, baisent ladite épée, et soudain sont guéris. En sa main gauche tient le fourreau de l’épée où sont enchâssées force pierres précieuses. Enfin la reine Beatriz est vêtue de drap bleu, ayant en tête une couronne d’or avec quantité de pierres précieuses, et semble la plus belle femme du monde.

« Les trois sont assis en leurs niches ou tabernacles, assis sur leurs chaires d’argent, avec leurs sépulchres au devant, tous couverts d’argent, avec cierges allumés, où se brûle de jour et de nuit mainte arrobe de cire, et au-dessus quatre lampes d’argent allumées de jour comme de nuit.

« De tout ce que dessus ont soin six hommes à ce commis, et là, chaque jour on dit sept messes ; et le tout se paie par une rente qui est de 40,000 maravédis.

« Le présent mémoire est tiré d’un livre de Herman Parez de Guzman qui fut écrit l’an de l’ère 1383 (1345), il y a deux cent vingt-cinq ans, et fut extrait le 15 juillet 1570. »

Zúñiga, _Anales de Sevilla_, tome II, p. 143.

(B) Passeport du roi d’Aragon, donné à Gonzalo Mexia, intermédiaire du comte de Trastamare auprès de don Fadrique.

Don Pedre por la gracia de Dios, rey d’Aragon, etc., a los nobles et amados richos hombres e cavalleros d’Aragon et al Regiente l’oficio de la dita governatio et a todos justicias, jurados y otros oficiales et subditos nuestros a los quales las presentes pervendran, salutem et dilectionem. Sabet que Gonçalvo Mexia de Ponte deve ir de mandado del conde de Trastamera al maestre de la orden de la cavalleria de Sent Jago su hermano por algunos afferes ; por que nos, con la presente guiamos et asseguramos el dito Gonçalvo Mexia con todos aquellos assi de cavallo como de pie que iran y vernan con el dito Gonçalvo Mexia, assi que por nos ni por vos ni por algun oficial o subdito nuestro non puedan seer presos ; ni danyo alguno les pueda seer dado ni feyto en iendo e viniendo una o muytas vegadas del dito conde al dito maestre e del dito maestro al dito conde, ni estando con el dito conde, en personas ni en bienes, ante puedan venir, estar, et tornar salvament e segurament, cessando toda inquietation, por que a vos e a cadauno de vos dezimos et mandamos expressament quel dito guiatge guardedes et observades e tengades firmament sin contradiction alguna. Dada en Caranyena a xxviij dias andados de deziembre en el anyo de la Natividat del nuestro Senyor MCCC. L. VII. Rex Petrus.

(C) Romance du maître don Fadrique.

J’étais là bas à Coimbre,[654] je venais de la gagner, quand lettres me sont rendues du roi don Pèdre mon frère : que j’aille voir les tournois qui se préparent à Séville. Moi, Maître à la triste aventure, moi, Maître malheureux, j’en pris treize sur des mules, vingt-cinq sur des chevaux ; tous ont chaînes d’or et jupon de brocart. Voyage de quinze jours, en huit est terminé. En passant un ruisseau, en le passant à gué, ma mule tombe avec moi, mon poignard doré est perdu ; mon page se noie, entre tous le plus privé, serviteur de ma salle, toujours de moi choyé. Avec telles disgrâces à Séville je suis arrivé. Devant la porte de Macarena, je rencontrai un clerc tonsuré, ni n’avait point encore chanté messe : — « Dieu te gard’, Maître ; Maître, sois le bien arrivé. Aujourd’hui, un fils t’est né ; aujourd’hui il accomplit ses vingt-un ans, et, s’il te plaît, Maître, retournons pour le baptiser ; moi je serai le parrain, toi, Maître, seras mon compère. — Alors parle le Maître, écoutez bien ce qu’il va dire. — Point d’affaires, mon compère, point d’affaires aujourd’hui. Je viens voir ce que me veut le roi don Pèdre, mon frère. » Un coup d’éperon à ma mule, me voilà dans Séville. Sur mon chemin, point de tapisseries, point de chevaliers armés. Je m’achemine à l’Alcazar du roi don Pèdre mon frère. Dès que la porte est passée, la porte se referma. Ils m’ôtent mon épée que j’avais à mon côté ; ils m’ôtent la compagnie qui m’avait accompagné. En voyant cela, mes gens m’avertissent de trahison. « Sortez, sortez, nous vous mettrons en sûreté. » Moi, qui étais sans faute, de rien je n’ai cure. J’entre dans la chambre du roi don Pèdre mon frère. — « Dieu vous gard’, bon roi, et tous jusqu’à la fin. — A la male heure vous venez, Maître ; Maître, soyez le mal venu. Onc ne venez nous voir, sinon une fois l’an, et cette fois que venez, Maître, c’est à contre cœur ou par ordre. Votre tête, Maître, c’est étrenne que j’ai commandée. — Que dites-vous, bon roi ? jamais vous ai-je desservi ? Onc vous ai-je laissé en bataille ou combattant avec les Maures ? — A moi, mes portiers, faites ce que j’ai commandé. » Il l’avait dit à peine, on lui coupe la tête. Sur un plat, on l’envoie à doña Maria de Padilla, qui lui parle de la sorte comme si vivante elle fut encore. Telles paroles lui dit-elle, ainsi devise la dame : Tu as le loyer traître, d’antan et d’aujourd’hui, et du mauvais conseil que donnas au roi don Pèdre ton frère. — Elle la prend par les cheveux et la jette à un dogue. C’est le dogue du Maître. Il la met sur l’estrade.[655] Aux hurlemens qu’il fait tout le palais a retenti. Le roi demande « Qui fait du mal à ce dogue ? » Tous ont répondu, tous qui en sont marris : « Il en a à la tête du Maître votre frère. » Alors parle une sienne tante, tante elle était de tous les deux : « Que mal l’avisâtes, roi ; roi, que mal l’avez avisé, quand pour une fausse femme tel frère avez fait tuer ! » Elle avait dit à peine, que le roi en fut marri. Il s’en fut à doña Maria et de la sorte a parlé : — Prenez-la, mes chevaliers, mettez-la sous bonne garde, je lui donnerai tel châtiment que tout le monde en parlera. — En prison bien obscure soudain la fit enfermer. Lui-même lui porte à manger, lui-même et de sa main ; il ne la confie à personne, sauf au page qu’il a nourri.

(D) Instructions données au comte de Trastamare :

Capitols feytos por part del senyor rey sobre aquello quel conte de Trastamera ha de fazer por el dito senyor rey en caso quel dito conte use de la procuracion que se ha feyto en los casos siguientes. Tarazona, Ir dia de marzo MCCCLX.

Primerament. Quiere el dito senyor que en caso quel dito conte, como a proçurador del dito senyor rey, obligar el dito senyor rey de non fazer paz ni abiniencia con el rey de Castiella sin aquellos que tomaran su voz, et que asi mismo faga obligar aquellos, que non faran paz ni abiniencia con el rey de Castiella sin voluntat e consentimiento del dito senyor rey.

_Item_. Que aquellos que tomaran voz con el dito conte por servicio del dito senyor rey, no obedecerem al dito rey de Castiella tro que haya feyta paz ferma con el dito senyor rey e sus vasallos e valedores.

_Item_. Si al dito conte parecerà que las ditas cosas o algunas de aquellas non sean fazederas, ó non las podiesse acabar, en aquello caso fiziesse el en su nombre sus posturas con los sobreditos en la dita forma, o como à el serà, con condiciop quel dito conte sea tenido de servir al dito senyor rey con aquellos conque avrà feyto las ditas posturas e fazer guerra e paz con el contra el dito rey de Castiella.

(E) Extrait du jugement du légat Guy de Boulogne sur la sentence de trahison rendue par don Pèdre contre don Henri, Pedro Carrillo et Gomes Carrillo :

... Rex Castelle predictus non erat nec fuit judex Comitis, Petri, et Gomecii predictorum, nec in ipsorum personas, temporibus processuum et sententiarum præfatorum, ullam penitus habebat superioritatem, cum Comes, Petrus et Gomecius supra dicti eo tunc ferent et essent subditi homines et vassalli regi Aragonie, et intra limites dominacionis regis ipsius sua certa continua et notoria domicilia obtinentes ; et si unusquisque, Comes, et alii, ratione originis et extractionis, à domino rege Castelle tenuisse dicatur ipsius fuerant subditi seu vassalli, nihilominus ipsi omnes, ante præfatos sententiam et processus, ad habundantiorem cautelam se expediverant et desnaturaverant ab eo cum publicis instrumentis, et aliis servatis solemniis in talibus consuetis, et prout de more patrie et secundum leges Ispaniæ, ex causis legitimis ipsis licuit et ab ejus dominacione et superioritate qualibet discesserunt omnino ; et ubi intra districtum dicti regis Castelle pretendantur criminalia aliqua commisisse, nihilominus tamen, evidenter apparebat nullitas sentenciarum prædictarum et injusticia eorumdem ; cum dicti Comes, Petrus et Gomecius in districtu regis ejusdem inventi non fuerint, nec ad ilium de more remisse. Insuper, licet rex Castelle in sentencia vel sentenciis de quâ vel quibus super fit mencio, illam suæ præfatæ declarationis causâ nitatur pretendere, quod saltem in villa Tauri, dicti Comes, Petrus et Gomecius contra eum cum aliquibus aliis conjuraverunt, et ipsum captivari fecerunt, et interficere voluerunt, et quædam alia commiserunt, de illis, tamen judicialiter contra eos informationem recipere, sibique aliter légitime constare non potuit, ipsis non auditis, et penitus indefensis, amota defensione, quæ eisdem de jure competit naturali ; quæ et si vera fuissent, tamen illa omnia et singula et alia crimina et delicta, quæcumque per eos commissa fuerunt, eis remissa plenarie per dictum regem Castelle, qui super eis ipsis suas concessit cartas seu litteras, sua bulla plumbea et manus propriæ annotatione munitas. Præterea, sententia à dicto rege Castelle perlata non valere potuit, cum ipse rex excommunicationis sententia, in eum per dictum dñm cardinalem Guillelmum tunc in regno Castelle legatum apostolice sedis, ut premittitur, lata, et demum in locis pluribus solemniter publicata, et aliis excommunicationum sentenciis esset multipliciter irretitus ; certum, Comes, Petrus et Gomecius predicti, nullo modo per regem Castelle fuerunt ad premissa citati, nec citatio, si quam forte rex ipse per edictum, vel aliter, intra dominii sui limites fecisse dicitur, artare potuit predictos, utpote longe ante ab ipso rege Castelle et regnis suis et dominio solemniter desnaturatos et expeditos, et dicti regis Aragonie et regnorum suorum subditos et vassallos efectos, et in ipsius regnis et terris continue et notorie commorantes et lares foventes, presertim, tempore dictorum processuum, et ante et post, extra regis Castelle districtum et territorium constitutos, dictoque rege Aragonie, ordinario judice Comitis et predictorum, per prefatum regem Castelle qui ipsos citaret, vel citari, aut remitti ad eum faceret, minime requisitos ; et ubi citati legitime extitissent coram rege Castelle ipsorum notorio inimico, et qui tunc de proximo, Comitis et Petri predictorum, germanos detestabiliter occidi fecerat, ipsumque Comitem et dictos Petrum et Gomecium persequebatur odio capitali, necnon et grandi et copioso exercitu, tempore processus et sententie prefatorum, notorie et consulto, et mortem ipsorum, ut verosimiliter presumebatur, summo desiderio sitienti, apud locum dominationis sue qui ipsis non poterat non suspectus comparere, minime debuerunt, nec tenebantur consistorii tale subire judicium, in suorumque hostium reponere manibus, at ad mortem per violentant injuriam, non per justiciam inferendam, ultroneos se offerre ; sicque, sentencia dici non meruit quæ a prefato rege, qui per dictos Comitem, Petrum et Gomecium secure adiri non potuit, et in loco notorie non tuto, in ipsos absentes nec citatos legitime et inauditos, et per consequens, indefensos, de tantis presertim criminibus, extitit promulgata. Quodque premissa omnia contra treugam, tractatum et convenciones habitas et factas coram cardinali prefato, ipsiusque statutum et excommunicationes et sententias latas in ipsum regem Castelle, ut præmittitur, per ipsum attemptata, patrata extiterant et commissa, erantque et fuerant sentenciarum et processuum regis Castelle prefatorum temporibus, et regnis et terris prefatis, et alibi sint manifesta, publica et notoria quod nulla poterant tergiversatione celari, prout hec et alia superius fuerunt proposita coram nobis : Nos, etc., sententiam et processus, etc., pronunciamus esse nullos, irritos et inanes, nullumque debere vel debuisse sortiri efectum, etc., ipsosque cassamus, revocamus et annullamus, etc.

Pampilonie, XV kal. sept., pontificatu serenissimi in Xo Patris et Dñi ñri dñi Innocentii div. provid. pape sexti anno nono.

Même sentence est rendue à l’égard de l’infant d’Aragon par les mêmes considérants, et de plus parce que ce prince est notoirement sujet aragonais. Même date.

(F) Romance de Blanche de Bourbon.

« Doña Maria de Padilla, ne soyez point si triste, vous. Si je me mariai deux fois, ce fut à votre profit, et pour montrer mon dédain à cette Blanche de Bourbon. Je l’envoie à Medina Sidonia pour m’y ouvrer une bannière ; le fond, couleur de son sang, la broderie, de ses larmes. Cette bannière, doña Maria, je la ferai faire pour vous. » Aussitôt il appelle Iñigo Ortiz, un prud’homme renommé ; il lui dit d’aller à Medina pour finir l’œuvre commencée. — Non ferai, sire ; qui tue sa dame, est félon à son seigneur. — Le roi, irrité à ce mot, est entré dans sa chambre. Il appelle un arbalétrier à masse et lui fait son commandement. L’arbalétrier va chez la reine et la trouve en oraison. Elle vit l’arbalétrier, elle vit sa triste mort. Il dit : — Madame, le roi m’envoie ici pour que mettiez ordre à votre âme avec celui qui l’a créée. Votre heure est venue et je ne saurais l’allonger. — Ami, dit la reine, je vous pardonne ma mort. Si le roi mon seigneur l’ordonne, faites comme il a commandé. Mais qu’on ne me refuse pas la confession pour que je puisse demander pardon à Dieu. Ses larmes et ses sanglots attendrissent le massier. Lors, d’une voix faible et tremblante, elle se prit à dire : « O France, mon noble pays ! ô mon sang de Bourbon ! aujourd’hui j’accomplis mes dix-sept ans, je vais sur dix-huit. Le roi ne m’a point connue. Je m’en vais avec les vierges. Castille, dis-moi, que t’ai-je fait ? Je ne t’ai point trahie. Les couronnes que tu me donnas sont couronnes de sang et de soupirs ; mais une autre m’attend au ciel qui sera de plus grand prix. » Elle achevait ce propos quand le massier la frappa ; la cervelle de sa tête est semée par la salle.

(G) Convention de Monzon.

El rey de Aragon :

Prometemos à vos don Anrich conte de Trastamerra queus ayudaremos a conquerir el regno de Castiella bien e verdaderament, con condicion que nos dedes e siades tenido de dar en franco e libero alou con regalias de rey la seysena part de todo lo que conquerredes en el regno de Castiella en aquella part ho partes que nos estiéremos personalment ho por otro. E assi como nos vos somos tenido dayudar a conquerir el dito regno, assi vos siades tenido à nos ayudar contra todo hombre, e encara con lo que avredes conquerido e seer amigo de nuestros amigos e enemigo de nuestros enemigos. Escripta de nuestra mano en Monçon, al zaguer dia de Março l’anyo 1363. — E yo el conde don Enrique prometo a vos, senor Rey, que compliré de bonamient todo lo que vos e de complir segunt dessuso y e por vos dito. Escripta de mi mano, el dia dessuso dito.

Rex Petrus — Yo el Conde.

(H) Traité de Benifar :

In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus sancti, amen. — Dum grandia et innumerabilia dona mihi collata per vos, serenissimum principem et dominum nostrum, dominum Petrum Dei gratia regem Aragoniæ, Valentiæ, Majoricæ, Sardiniæ et Corsicæ, comitemque Barchinonis, Rossilionis et Ceritaniæ, considero ego humilis subditus et vassalus vester Henricus comes Trastamaræ ; dum conspicio me per vos hereditatum in dominatione vestra sic notabiliter, villis et castris, quæ et quas mihi dedistis ; dum attendo vos me non ut vassallum set (sic) ut servitorem et socium in omnibus pertractare ; nam vestri solita clementia pro MVCC equitibus et M peditibus de stipendio per vos dari solito, mihi mandastis continue responderi ultra plures gratias quas mihi facitis incessanter, tantum reputo me dominationi vestræ obligatum, quod nec video nec imaginare possum unde possim pro tantis beneficiis vestre Celsitudini vice consimili respondere. Igitur, predictis prospectis, et prospecto, inter vos dominum regem et me fuisse tractatum ut, vos dominus rex, cum certis viris, equitibus et peditibus, et ego cum meis familiis, intremus regnum Castellæ pro invadendo, adquirendo et occupando regnum istum (sic), seu illam partem ejusdem quam poterimus, prout Dominus ministrabit ; cujus prætextu intrare, vos dictum dominum regem infinitos sumptus facere oportebit ; tenore presentis qui dignum existit et consonum racioni, ut ex quo in conquista hujusdem bona vestra innumerabilia et subditorum vestrorum expendendre habetis, commodum et profectum, dante Domino, possitis assequi et habere, dono donacione irrevocabili inter vivos, vobis dicto domino, domino regi, ac vestris, perpetuo, totum regnum Murciæ cum civitatibus, villis, oppidis et castris in eodem regno existentibus, necnon civitates ac villas subscriptas : Requenam, Otiell, Moya, Canyet, Concham, Molinam, Medinam Celim, Almazanum, Soriam, Agredam, cum universis et singulis aldeis dictarum civitatum et villarum et uniuscujusque earum, videlicet regnum predictum ac civitates et villas subscriptas cum comitatibus, vicecomitatibus, si qui sunt, cum rochis, fortaliciis eorumdem, domibus, turribus et aliis quibusvis juribus, portubus maris, ripariciis, comitibus, vicecomitibus, comitoribus, vervassoribus et baronibus seu richis hominibus, militibus, dominabus, civibus, burgensibus, hominibus et feminis cujuscumque status seu preheminenciæ sint, christianis, judæis et sarracenis, in predictis regno, civitatibus, villis, aldeis, oppidis, castris et locis predictis habitantibus et habitaturis, et cum omni cognitione pacis et treugæ, mero et mixto imperio, ac omni modo jurisdictione civili seu criminali, alta vel baxa, cum saliciis, piscationibus, venationibus, mineriis, trobis, fluminibus, vectigalibus et aliis exitibus et proventibus quibuscumque, molendiniis, furciis, questiis, subsidiis, adimprivis, serviciis realibus vel personalibus et eorum redemptione, monetatito, conis, albergis, feudis, feudatariis, potestatibus et emporiis, et cum omnibus aliis juribus in dictis regno, civitatibus, villis, castris, opidis et locis pertinentibus cuicumque, qui fuit, est, vel erit rex Castellæ. Hujusmodi vero donacionem facio vobis dicto domino, domino regi et vestris perpetuo ; si per me in regna Castellæ, vel major pars, eorumdem (sic) cum vestri adjutorio fuerint adquista ; et quia ad presens ego non habeo nec possideo aliquid ex predictis, nec jus aliquid mihi competit in eisdem, et ob hoc posset dici quod hujusmodi donatio nullius existit efficaciæ seu valoris, quia tum cum vestri adjutorio quam cum serenissimo principi domino Karrulo regi Navarre et gentibus suis, quorum et meis familiis stipendium et, ultra stipendium, plures sumptus prosecutionis hujus tam arduissimi negotii ministratis, ego intendo regnum Castellæ adquirere supradictum vel majorem partem ipsius ; nunc, prout quidquid juris rationis et actionis, tam ratione conquistæ vel alias, in regno Murciæ civitatibus, villis et aldeis superius specificatis mihi competere poterit, quibuscumque titulis, causis, rationibus sive modis, dono donatione irrevocabili intervivos ; et ex tunc promitto vos dictum dominum, dominum regem in possessionem regni Murciæ, civitatum et villarum superius specificatarum inducere vacuam et expeditam, vel si vos malueritis, possitis possessionem ipsam libere adipisci et adeptam licite retinere.

Quoniam ego nunc pro tunc in possessionem omnium premissorum vos induco, et super ipsius possessionis apprehensione et retentione plenam vobis dono et concedo potestatem, constituendo me nunc pro tunc possessionem prædictorum, cum per me adepta fuit vestro nomine precario possidere jura, actiones reales et personales, utiles, directas pariter atque mixtas, vobis concedendo, ac in vos transferendo irrevocabiliter pleno jure ; mandans nihilominus tenore presentis, universis et singulis comitibus, vicecomitibus, comitoribus, baronibus, vervessoribus, militibus, civibus, burgensibus et aliis quibuscumque et cujuscumque status vel conditionis existant, quod vos ex tunc in dictis regno, civitatibus, villis, castris et locis predictis pro domino habeant, vobisque in omnibus et singulis intra regnum et terras ipsas existentibus pareant, respondeant et obediant et pro predictis omnibus homagium præstent ac etiam juramentum, ac vos pro rege et domino eorum naturali habeant et teneant. Ego enim nunc ut ex tunc absolvo et absolvere, si opus fuerit tunc temporis, promitto, omnes et singulos comites, vicomites, magnates et alios supradictos ab omni homagio, dominio et fidelitate quibus mihi tunc temporis adstricti fuerint pro predictis, absque aliqua retentione. Et ulterius promitto vobis dicto domino regi et vestris, quod si presens donacio defectum aliquem pateretur vel posset dici inefficax, quod ego ex tunc cum dicta regna Castellæ vel majorem partem ipsorum, ut est dictum, vestri adjutorio adquisivero, faciam vobis donacionem ut melius et utilius dictari possit ad vestrum commodum de eisdem regno Murciæ, civitatibus, villis, locis et aldeis superius specificatis et in eorumdem possessionem vos inducam libere et absque contradictione quacunque. Et si forte per aliquas personas, collegia seu universitates regni Castellæ sicut hiis (sic) fieret aliqua quæstio vel controversia, ex tunc promitto eandem repellere, ac regnum ipsum, civitates, villas et aldeas prædictas faciam per vos et vestros pacifice possideri. Et si forte per vos dictum dominum, dominum regem, vel gentes vestras regnum Murciæ, civitates, villæ, loca et castra prædicta quæ vobis dono, occupata fuerint seu conquista quomodocumque, promitto vobis dicto domino, domino regi ac vestris, numquam per me seu meos fiet, intentabitur seu movebitur questio aliqua, petitio sive demanda ; imo, si vobis fieret per aliquas personas, promitto vobis et vestris bona fide et sine dolo quod ego defendam ab inde vos et vestros totis meis viribus cum armis et aliter taliter, quam regnum ipsum, civitates, ville, loca et castra prædicta per vos et vestros possidebuntur pacifice et quiete, prout cetera regna vestra cum juris plenitudine possidetis. Casu vero quo ego dedero dicto domino, domino regi Navarre partem aliquam regni Castellæ, ex tunc promitto vobis dicto domino, domino regi et vestris quod ego dabo vobis, computatis et comprehensis prædictis quæ vobis dono in tenencia eorum quæ nunc vobis dono, de eo quod vos eligeritis tantum quod excedat in triplum seu in tres partes ultra quod valuerint ea quæ dabo dicto regi Navarre predicto. Volo tamen quod si aliquid dedero dicto regi Navarre, sive non, predicta omnia quæ vobis dono, in eorum permaneant robore et valore. Et ideo, promitto vobis dicto domino, domino regi et vestris perpetuo in manu et posse notarii infra scripti, tanquam publice persone a me nominate, omnium quorum interest vel intererit legitime stipulantis, pasciscentis et recipientis, prædictam donacionem et omnia alia et singula supra dicta, rata, grata, et firma perpetuo habere, tenere et observare et nunquam in aliquo contrafacere vel venire jure aliquo sive causa ; renuncians super hiis legibus dicentibus donationes posse causa ingratitudinis revocari et quibuscunque legibus canonicis, civilibus, municipalibus seu aliis quibuscunque juribus quibus contra prædicta in aliquo contra ire. Et ad majorem corroborationem promissorum, juro per Deum et ejus sancta IIII evangelia corporaliter a me tacta ac facio homagium ore et manibus commendatum vobis dicto domino regi de tenendo et observando promissa omnia et singula et de non contrafaciendo aliquid in promissis jure aliquo sive causâ. In quorum omnium testimonium facio vobis dicto domino regi fieri et sigillo meo impendenti communire presens publicum instrumentum. Quod est actum in loco de Benefar, decima die octobris anno a nativitate Dñi M.CCC.LX. tercio S. † Henrici comitis Trastamaræ prædicti, qui hic laudo, concedo, firmo et juro et præsto homagium ut est dictum. Yo el Conde.

Testes hujus rei sunt Guillermus de Uxio et Raymundus de Perillionibus milites, armorum uxerii dicti domini regis. Sig † num mei Bernardi Michaelis auctoritate illustrissimi domini regis Aragonie notarii publici per totam terram et dominacionem suam, qui premissis una cum dictis duobus testibus interfui eaque scribi feci et clausi.

(I) Adresse de la commune d’Avignon au camérier de Grégoire XI.

Pater reverendissime, pro parte dilectorum subjectorum vestrorum, consilii et consiliariorum civitatis Avinionis, domini nostri pape, juxta ordinationem per venerabilem et benignum patrem illis traditam, super propositione et petitione domino nostro pape, pro illorum parte, die sabbati proxima preterita, vestra Reverentia presente, factis, super quinque membris propositis, ad effectum ut illorum supplicatio et petitio, super supplicatis et petitis, vestris bonis mediantibus, intercessione, labore et precibus, suum debitum consequantur effectum, de quo infallibiliter sperant, ad vestri memoriam proposita et supplicata, inferius per ordinem describuntur et responsiones singulariter et singulis per dominum nostrum papam facte.

... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

Item, et quia, reverendissimus in Christo pater, dominus cardinalis Iherosolimitanus, tunc vicarius civitatis Avinionis et rector comitatus Venayssini, pro quibusdam conventionibus et pactis habitis et factis cum domino Bertrando de Clequino, dum castrum Tarasconis tenebat, ob sensum quinque millia florenorum auri, quos dicitur recepisse de thesauro Sedis Apostolice, et in suo recessu dicere debuit quod per cives debebant solvi, quamvis (cum debita reverentia loquendo) nunquam de consilio et scientia dicte civitatis predicti tractatus facti fuerant, aut dictorum florenorum quantitas fuerit soluta, sed dumtaxat quantitas quinque milia francorum fuerit promissa et soluta eidem domino Bertrando (dum super campis et territorio civitatis Avinionis existeret, ad effectum ut recederet de districtu et episcopatu Avinionis, et Comitatus Venayssini cum toto ejus exercitu) solvenda prorata inter dictos comitatum, civitatem et terras et personas ecclesiasticas et collegia, et in ipsa ultima promissione, prefati consilium et cives Avinionis consenserunt, et pro solvendam portionem suam, de auctoritate curie taliam imposuerunt, et de pecunia dicte talie _de qua pecunia_ ô [656] levanda solvere debebant creditoribus à quibus mille et quingentos florenos auri receperant a mutuo, pro solvendo dicto domino Bertrando, ipsam compositionem ultimam suam pro rata eorum ; Reverendissima tamen vestra Paternitas, domini camerarii mandato, providus vir magister Johannes de Regio exigera nictitur et exigit tallias predictas, ad effectum ut illas tradat domino thesaurario domini nostri pape, pro satisfaciendo eidem de quantitate levata de thesauro, ut premittitur, et per hoc oporteret talliam novam imponere cum magna displicentia consilii et universatis hujus civitatis dominice vestre, propter quod supplicarunt eidem domino nostro pape, ut pecuniam de thesauro levatam solvi mandaret de pecunia gabellarum pro rata tangente cives, sicut de premissa pecunia per ipsos, ut dictum est, factum fuit, et pecunias de talliis per cives jam dictos levandas, civibus relinquerent, pro satisfaciendo creditoribus à quibus mutuo pecunias receperunt quoad solverunt pro secunda compositione cum dicto domino Bertrando facta, et penes quos consilium et consiliarii se obligarunt, et sic tallia nova fieret ; quod esset dos gratum ac consilio, consiliariis ac universitati et magistris, pupillis, orphanis, viduis ac miserabilibus personis qui incessanter pro dominica vestra ad Deum supplicabunt, pro ejus statu prospero, vita longeva et salute anime, que ultra alia appetitur et desideratur.

Ad hoc respondit idem dominus noster papa pro ut precedens.

(Ad precedens capitulum respondit idem dominus noster papa decens fore et esse quod petebatur... quod traderemus reverentie vestre memoriale sibi faciendum ad affectum ut cum consilio aliquorum dominorum et vestro deliberare et ordinare super petitis et supplicatis in articulo contentis posset et valeret.)

(K) Don Pedro, etc., a los honrados nobles amados e fieles nostros todos e cadauno, perlados richos-hombres, cavallers e otros havientes lugares en nostro regno e aun a todos e singles officiales nuestros à los quales las présentes pervendran salutem et dilectionem. Porque el lugar de Pina el qual es seydo barreyado por estas companyas de Francia que son en nuestra tierra, se pueda reparar, queremos e vos rogamos afectuosament que enduistades todos e sengles hombres e mulleres que por medio de las ditas companyas son foydos entre los ditos vuestros lugares o nuestros, que luego que las ditas companyas se partan destas partidas, tornen al dito lugar de Pina con todos los bienes que han levados consi, catando vos que sobre esto non fagades algun embargo a los ditos hombres, ca si lo faziades nos hi puniriamos rigorosament segunt trobariamos de fuero e de razon. Dada en Çaragoza dins nuestro sello secreto a 24 dias de febrero M.CCC.LX.VI.

(L) Romance de la mort de don Pèdre.

Poitrine contre poitrine, s’enlaçant dans leurs robustes bras, voilà le cruel don Pèdre et don Henri son frère. Ce ne sont point embrassements d’amour, ceux-là qu’ils se donnent. L’un tient une dague, l’autre un poignard acéré ; le roi étreint Henri, Henri serre le roi ; l’un enflammé de colère, l’autre de rage embrasé. A cette lutte furieuse un seul témoin assiste : c’est un page d’épée de Henri, qui, de dehors, regarde leur combat. Enfin, las de lutter, ô cas épouvantable ! tous deux sont tombés sur le carreau, et Henri s’est trouvé dessous. Le page, voyant son seigneur en si périlleuse aventure, s’approche du roi par derrière et le tire fortement. Ma main, dit-il, n’ôte point un roi, ne fait pas un roi ; mais je fais mon devoir, mon devoir de serviteur. Il jette le roi à la renverse et Henri vient en dessus. Il frappe de son poignard le faux roi dans la poitrine. Avec des flots de sang le fil de la vie étant tranché, sortit l’ame la plus cruelle qui vécût en poitrine chrétienne.

_Nota_. Parmi les romances assez nombreuses relatives à don Pèdre, je n’ai traduit que celles qui renferment quelques détails historiques. Pour les autres, on peut consulter le _Romancero general_ ou le _Tesoro de Romances_ publié par M. Ochoa.

TABLE DES MATIÈRES.

Pages.

DÉDICACE. 1

AVANT-PROPOS. 3

Éditions des principaux auteurs cités dans cet ouvrage. 15

HISTOIRE DE DON PÈDRE Ier.

CHAP. Ier. — Situation de l’Espagne à l’avénement de don Pèdre (1350). 17

— II. — Règne d’Alphonse, père de don Pèdre (1308-1350). 41

— III. — Avénement de don Pèdre (1350). 53

— IV. — Gouvernement d’Alburquerque (1350-1351). 65

— V. — Cortès de Valladolid (1351). 77

— VI. — Gouvernement d’Alburquerque. — Traité avec l’Aragon. — Rébellion d’Alonso Coronel (1352-1353). 91

— VII. — Réconciliation de don Pèdre avec ses frères. — Influence de doña Maria de Padilla (1353-1354). 108

— VIII. — Guerre civile. — Captivité de don Pèdre (1354). 141

— IX. — Évasion de don Pèdre ; il reprend l’autorité (1354-1356). 180

— X. — Première guerre d’Aragon (1356-1358). 220

— XI. — Vengeances de don Pèdre (1358). 251

— XII. — Expéditions maritimes contre l’Aragon (1358-1359). 267

— XIII. — Continuation de la guerre contre l’Aragon. — Meurtre de plusieurs riches-hommes (1359-1361). 287

— XIV. — Paix avec l’Aragon (1361). 318

— XV. — Guerre contre Grenade (1361-1362). 336

— XVI. — Renouvellement de la guerre contre l’Aragon (1362-1363). 355

— XVII. — Opérations militaires dans le royaume de Valence. — Mort de l’infant d’Aragon. — Défection du roi de Navarre (1363). 379

— XVIII. — Guerre dans le royaume de Valence (1364-1365). 407

— XIX. — Arrivée de la grande compagnie en Espagne (1366). 426

— XX. — Gouvernement de don Henri. — Guerre civile (1366-1367). 466

— XXI. — Intervention du prince de Galles (1367). 480

— XXII. — Restauration de don Pèdre (1367-1368). 513

— XXIII. — Retour de don Henri (1368-1369). 529

Appendice. 571

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES

NOTES.

[1] Gouverneur réunissant les pouvoirs civils et militaires.

[2] Ayala, p. 90, _Abreviada_.

[3] _Idem_, p. 157 et suiv.

[4] _Idem_, p. 276.

[5] Il était à Burgos auprès de don Henri en 1367. Ayala, p. 517. _Abrev_.

[6] Il est cependant douteux qu’Ayala soit l’auteur de la _Chronique de Henri III_. Voir sur cette question Nicolas Antonio, _Bibliotheca Hispana vetus_, lib. X, cap. I.

[7] _Bibl. Hispana vetus_. Lib. X, cap. I.

[8] Imprimée pour la première fois en 1790 dans le _Semanario erudito de Valladares_, t. 27 et 28.

[9] _Semanario erudito_, t. 27, p. 28. Nicolas Antonio de Séville prouve fort bien que ce prétendu manuscrit de l’évêque de Jaen n’est autre qu’un exemplaire de la chronique _vulgaire_ d’Ayala. _Bib. Hispana vetus_, X, I.

[10] _Practica de les virtudes de los buenos reges de España en versos de arte mayor_, Zaragoza, 1552, p. 28.

[11] _El rey don Pedro def._, p. 44.

[12] Le volume que j’ai entre les mains ne porte point de date, mais M. Ledo cite souvent M. Llaguno et son édition de 1780.

[13] _Apol. del rey don Pedro_, p. 441.

[14] Marina, _Teoria de las Cortes_, parte II, cap. XXXI. — _Cortes de Medina del campo, peticion_, 56.

[15] _Cortes de Valladolid. Ord. de fijosdalgo, peticion_ 8.

[16] Marina, part. I, cap. X.

[17] Marina, part. I, cap. X.

[18] Au contraire, en Aragon et en Catalogne, si l’un des trois ordres ou _bras_ (_brazo_) n’était pas représenté, l’assemblée ne pouvait prendre aucune décision légale. Voir Capmany, _Memorias historicas_, I, _Apendice_, 10-14.

[19] Marina, part. II, cap. XXXIX.

[20] Cfr. Capmany, _Práctica de las Cortes_, p. 231. — Marina, part. I, cap. XX.

[21] Sempere, _Historia de las Cortes_, 56.

[22] « L’empereur don Alphonse établit dans les cortès de Najera qu’ancun gentilhomme (_fijodalgo_) n’en frappât un autre, ni le tuât, ni ne courût sa terre, ni ne lui fît dommage ou déshonneur, à moins de le défier au préalable et de renoncer à son amitié. Et celui qui frapperait ou tuerait avant le terme de neuf jours à partir du défi doit être tenu pour félon (_alevoso_), et peut être accusé comme tel devant l’empereur ou le roi. » V. _Ordenamiento de Alcalà_, l. XLVI, cap. XXXII. — _Fuero viejo, titol_ V, l. I.

[23] Ces forteresses sont désignées dans les anciennes chartes et les chroniques par les mots de _rochas, peñas bravas, casas fuertes_, etc.

[24] _Dar Pendon y Caldera_. V. Ayala, _Don Pedro_, p. 67.

[25] Voici quelles étaient les formalités beaucoup plus compliquées au moyen desquelles on se dégageait de l’hommage prêté pour un château, dans le cas où le seigneur-propriétaire refusait de le reprendre. Un chevalier portugais nommé Martin Vasquez da Cunha tenait à fief le château de Celourico pour la reine doña Beatriz, femme de don Alphonse III. Il voulut se démettre de sa charge, mais la reine refusa. Abandonner le château purement et simplement, c’eût été encourir le reproche de félonie, car il avait prêté serment de défendre Celourico envers et contre tous, et de ne le remettre qu’à la reine, sa _dame_. Dans son embarras, Martin Vasquez envoya ses messagers dans toutes les cours de l’Europe, suivant la chronique que je copie, pour soumettre un cas si difficile aux rois, aux chevaliers et aux plus habiles docteurs. Muni d’une consultation en forme, « il mit dans son château un coq, une poule, un chat, un chien, du sel, de l’huile, du vinaigre, du pain, de la farine, du vin, de l’eau, de la viande, du poisson, des oignons, des ferrements, des clous, des flèches, une rondache, une lance, un bassinet, des cardes, du bois, une meule, un panier, un coutelas, des charbons, un soufflet, de l’amadou, un fusil et des pierres à feu. Sur la muraille, il fit porter des pierres comme pour repousser un assaut, puis il mit le feu à un des bâtiments compris dans l’enceinte du fort, et fit sortir de la place tous les gens qui s’y trouvaient. Demeuré seul, il ferma les portes en dedans et les barricada. Cela fait, entre deux créneaux il attacha une poulie et une corde, à l’extrémité de laquelle un panier fut fixé. Au moyen de cet appareil, il descendit dans le fossé en se laissant glisser le long du rempart. Ce n’était pas tout que d’être hors de la place, il fallait empêcher que d’autres ne s’y introduisissent par le même procédé. Il y mit ordre en remontant le panier et rejetant la corde par-dessus les murs. Alors le gouverneur, montant à cheval, fit trois fois le tour du château en criant à chaque fois : « Rescousse au château de la reine qui se perd ! » Personne ne paraissant, Martin Vasquez se tint pour dûment exonéré de son serment. »

Selon l’auteur portugais d’où je tire ces détails, Martin Vasquez fut le premier qui pratiqua cet ingénieux procédé pour s’affranchir d’un serment d’hommage, et ce serait d’après ce précédent, fort approuvé comme il semble, que les formalités susdites furent sanctionnées dans la loi des Partidas en Castille. — Voyez Duarte Nunez do Liao. _Chronicas dos reyes de Portugal_, t. II, p. 174.

[26] Voici quelques passages d’un traité d’alliance entre les trois maîtres de Saint-Jacques, Calatrava et Alcántara, daté de la Puebla de Chillon, 2 avril 1318... « Ordonnons et établissons que nous serons tous unis et d’accord pour demander à notre seigneur le roi don Alphonse qu’il maintienne nos priviléges, libertés, usages et coutumes, et les franchises de nos terres... Que si quelqu’un, _de quelque condition qu’il soit_, entreprend contre un d’entre nous, ou contre un de nos frères, ou contre nos terres et nos vassaux, ou contre chose à nous appartenant, nous faisant tort et injustice, nous serons tous unis pour le défier (_querellallo_), l’affronter et l’empêcher de nous nuire. » _Coleccion diplomatica de Abella_, bibl. de l’Académie de l’Histoire à Madrid.

[27] Il y avait souvent deux maîtres élus à la fois par deux partis et se faisant la guerre. V. Rades, _Cronica de las tres órdenes_.

[28] _Cronica de don Alfonso XI_, p. 274.

[29] _Ibid._, p. 299.

[30] Don Lope de Estuñiga, riche-homme castillan appartenant à la première noblesse du royaume, consentait en 1434 à jouter dans un tournoi contre un champion qui ne pouvait prouver qu’il fût _hidalgo_. Je ne crois pas qu’on trouvât à cette époque ailleurs qu’en Espagne un exemple de pareille condescendance. Un siècle plus tard, le chevalier sans peur et sans reproche, le vaillant Bayard, refusait de monter à la brèche avec des lansquenets. V. _Passo honroso de Suero de Quiñones_, p. 48.

[31] Les cortès de Valladolid en 1351 fixèrent le prix des journées de travail et le salaire des laboureurs et des artisans (_Ordenamiento de Menestrales_), d’où l’on peut conclure qu’auparavant les cultivateurs pouvaient mettre leur travail au prix qui leur convenait. L’article VI de l’_Ordenamiento de Prelados_, promulgué par les mêmes cortès, a été interprété comme une défense faite au laboureur de changer de seigneur. Je crois cependant que cette défense ne s’applique qu’aux petits propriétaires, vassaux par hommage de seigneurs ecclésiastiques. Elle a pour but d’empêcher ces propriétaires de se soustraire aux taxes royales et aux dîmes en faisant hommage de leurs domaines à des seigneurs qui jouissaient de priviléges et d’immunités relativement à ces mêmes taxes.

[32] Ayala, _Cron. de don Pedro_, año II, cap. XIV. — Catalogue manuscrit des Behetrias ; Bibliothèque de l’Académie de l’Histoire.

[33] _Fuero real_, l. II, tit. 7, lib. IV. — Cfr. avec _Ordenamiento de Alcalà_, l. I, tit. 21.

[34] _Cortes de Valladolid_, art. 56-58. — _Ord. de Prelados_, art. 17. — Ayala, p. 64.

[35] Notamment lors de la prise de Tolède. Ayala, II, cap. XVIII. — A la fin du XVIe siècle, il y avait encore tant de musulmans dans les provinces du nord de l’Espagne, qu’ils offraient à Henri IV une armée de 80,000 hommes, s’il voulait les aider à secouer le joug sous lequel ils gémissaient. Voyez _Mémoires du maréchal de La Force_, publiés par M. le marquis de Lagrange, t. I, p. 219 et suiv.

[36] Les danses et les courses de cannes. Les Maures andalousiens sont, je crois, les seuls musulmans qui aient eu des danses nationales (_zambras_), où les deux sexes prenaient part.

[37] _Algarrabia_. On peut voir dans _El Conde Lucanor_ combien la littérature arabe était répandue en Espagne au XIVe siècle.

[38] Don Farax, don Reduan, don Simuel, dans Ayala, passim. On doit remarquer que Ayala n’accorde le _don_ qu’aux princes du sang, à quelques riches-hommes très puissants, à certains grands officiers de la couronne, enfin aux Maîtres des ordres militaires.

[39] En 1274, Mohamed II, roi de Grenade, fut armé chevalier par Alphonse X. — Conde, _Hist. de los Arabes_, parte IV, cap. IX.

[40] _Cronica de don Alfonso XI_, p. 100-115. — Mariana, I, 707-713. _Id._, I, 813.

[41] _Privilége de Val._, fol. 119 (Barcelone, 31 juillet 1350). Manuscrit de la Bibliothèque de l’Académie de l’Histoire.

[42] Llorente, _Histoire de l’Inquisition_, I, 106.

[43] _Cortès de Val._, art. 24. Les mêmes mœurs existaient en France :

Une belle amie ot le prestre Que il vestoit et bien et bel ; Bonne cote ot et bon mantel, etc.

Voyez le fabliau du _Prestre qui ot mère a force_. Barbazan, III, p. 190. — Le mot de _barraganas_ (compagnes) n’avait rien de déshonorant au moyen-âge. _Barragan_, au masculin, désignait un jeune cavalier, un homme d’honneur. C’est le sens qu’a ce mot dans le _Romancero du Cid_. La position des _barraganas_ rappelle celle des courtisanes grecques, ἑταίραι, ou plutôt celle des _captives_ dans l’Iliade et les tragiques. Tecmessa, dans Sophocle, dit : Ἴδετε τῆν ὁμευνέτην Ἀίαντος; ὁμευνέτης se traduirait bien dans le vieux castillan par _barragana_.

[44] Yanguas, _Antigüedades de Navarra_, verbo _Bastardo_. La loi des _siete partidas_ admet l’union temporaire avec des concubines, _barraganas_, pour repeupler les terres abandonnées. Part. IV, tit. XIV, l. 1 et 2.

[45] Cortès de Valladolid, art. I. _Orden. contra los ladrones y malhechores_.

[46] _Cronica de don Alphonso XI_, p. 78. L’impossibilité de traduire littéralement dans notre français moderne le castillan du XIVe siècle m’a fait essayer d’employer la langue de Froissart dans ce passage et quelques autres citations. J’ai conservé l’orthographe moderne pour ne pas me rendre inintelligible à plaisir.

[47] V. _Cortes de Valladolid_, ord. de Prelados, art. 1, 2, 5.

[48] Ayala, _Cron. de don Pedro_, p. 8.

[49] Ayala, p. 12 (_Abreviada_).

[50] En 1329. _Cron. de don Alf. XI_, p. 166.

[51] E quando el rei ia fora do reino os officiaes de justiza e da chancellaria ficavâm com ella como senhora do stado de Castella et faziaô o que ella mandava... E como as mais das mulheres saô naturalmente vâas e ambiciosas, moormente as daquelle stado de vida errada, assi dava a mâo à beijar como senhora proprietaria do reino de Castella.

_Chronicas dos reis de Portugal_, de Duarte Nunez do Liao, t. II, p. 95.

[52] _Bulario de Santiago_, 15 juillet 1350. — V. la note de M. Llaguno, Ayala, p. 22.

[53] Ce nom est écrit diversement dans les manuscrits que j’ai eus sous les yeux. Dans les chartes conservées aux archives d’Aragon, on voit _Trestamera, Trastamera, Trastamena_. J’ai suivi l’orthographe usitée aujourd’hui.

[54] Le fils aîné d’Alphonse X, Fernand de _la Cerda_, devait ce surnom à un signe naturel recouvert de _soies_ qu’il avait entre les deux épaules. Il mourut du vivant de son père, laissant deux fils, don Alphonse et don Fernand, qui portèrent le même surnom. Don Sanche, second fils d’Alphonse X, réclama le titre d’héritier présomptif du trône de Castille, au préjudice des deux infants de la Cerda, ses neveux et représentants de leur père. Ses intrigues, ses qualités personnelles, l’arbitrage des rois de Portugal et d’Aragon, enfin, une décision solennelle des cortès de Ségovie, en 1275, lui donnèrent la couronne. Après quelques tentatives pour faire valoir ses droits, l’infant don Alphonse de la Cerda consentit à une renonciation formelle en 1305.

[55] Il fut assiégé par le roi dans son château de Lerma, et obligé de se rendre à discrétion en 1335. _Cronica de don Alfonso XI_, p. 323.

[56] Petite province dépendant aujourd’hui du royaume d’Aragon. La ville d’Albarracin, située au milieu d’âpres montagnes, était une des plus fortes de l’Espagne. Ses seigneurs défendirent long-temps leur indépendance contre les rois de Castille et d’Aragon.

[57] Plusieurs grandes villes, entre autres Saragosse et Valence, ainsi qu’un nombre considérable de riches-hommes aragonais ou valenciens avaient formé une ligue qu’on appela l’_Union_, pour se garantir mutuellement leurs droits et leurs priviléges. Les Valenciens réclamaient des institutions aussi libres que l’étaient alors celles de la Catalogne et de l’Aragon. Tous les ligueurs, accusant le roi de partialité pour ses sujets catalans, l’obligèrent à bannir de son conseil don Bernal de Cabrera, son ministre, et ses plus fidèles serviteurs, enfin, à reconnaître don Fernand pour son héritier, au préjudice de sa propre fille. Quelque temps ils le retinrent prisonnier dans les murs de Valence ; mais, pendant sa captivité, Pierre IV eut l’art de gagner les principaux chefs de l’Union. Dès qu’il put s’échapper, il se hâta de révoquer toutes les concessions qui lui avaient été arrachées, et bientôt après détruisit la ligue en battant complétement les rebelles à Épila.

[58] Don Pèdre était né à Burgos le 30 août 1333. — _Cron. de Alfonso XI_, p. 269.

[59] _Torres y Tapia_, p. 65, t. II. _Cron. de Alcánt_.

[60] Rades, _Cronica de Alcántara_, p. 26, attribue en effet ce projet extravagant à doña Léonor. Il me paraît évident qu’il ne fut qu’une invention de ses ennemis ; car jamais dans la suite don Henri ne chercha à faire valoir les droits qu’il aurait eus comme fils légitime de don Alphonse. Cfr. avec _Torres y Tapia_, _Cron. de Alcántara_, t. II, p. 70 et suivantes.

[61] Rades, _Cron. de Alcántara_, p. 26. Cfr. avec la _Cronica de Santiago_ du même auteur, p. 45.

[62] Voici, d’après Ayala, les noms de quelques-uns des grands-officiers de la couronne à l’avénement de don Pèdre : Don Juan Nuñez de Lara, alferez-mayor (grand-porte-bannière) et grand majordome ; — don Garci Laso de la Vega, grand-adelantade (lieutenant-général) de Castille, en remplacement de Fernand Perez Puerto Carrero, nommé grand-maître d’hôtel à la place du précédent ; — Gutier Fernandez de Tolède, guarda-mayor, ou capitaine des gardes, en remplacement de Lope Diaz de Almazan ; — Alonso Fernandez Coronel, grand-échanson ; — Pero Suarez de Tolède, grand-chambellan ; — Pero Suarez de Tolède, le jeune, repostero-mayor (maître d’hôtel) ; — Don Fernand d’Aragon, adelantade de la frontière en remplacement de don Fadrique (commandant-général des troupes sur la frontière de Grenade) ; — don Fernand Manuel de Villena, adelantade de Murcie ; — don Juan Alonso de Alburquerque, grand-chancelier et trésorier. — Le seigneur de Villena, Garci Laso, et Alonso Coronel, étaient les créatures de don Juan Nuñez. Les autres peuvent être considérés comme plus ou moins ouvertement attachés à don Juan d’Alburquerque. Voyez Ayala, p. 17.

[63] Ayala, p. 67.

[64] Ayala, p. 20.

[65] Juillet 1350.

[66] Les revenus de cette place, un moment séquestrés, lui furent rendus lors de sa soumission. Rades, _Cron. d’Alcánt._, 1, 18.

[67] _Id._, _ibid_. Ayala, p. 23.

[68] Ayala, p. 25.

[69] _Men_ paraît avoir été un titre honorifique particulier à quelques provinces d’Espagne. Il correspond à notre _messire_, au _don_ castillan et à l’_en_ des Catalans, avec cette différence que _men_ précède un nom patronymique, tandis que _don_ et _en_ ne se mettent que devant un prénom.

[70] Ayala, p. 26.

[71] _Cortes de Vall., ord. de Fijosdalgo_, art. 7.

[72] Pour plus de clarté, je joins ici le tableau de la descendance d’Alphonse X :

0. Alphonse X, dit le Savant. — Yolande d’Aragon.

1. Don Fernand de la Cerda. — Blanche de France, fille de saint Louis.

1.1. Don Alphonse de la Cerda.

1.2. Don Fernand de la Cerda, marié à doña Juana de Lara.

1.2.1. Don Juan Nuñez de Lara.

2. Don Sanche. — Doña Maria de Molina.

2.1. Don Fernand IV, marié à doña Constance de Portugal.

2.1.1. Don Alphonse XI, marié à 2.2.1. doña Maria.

2.1.1.1. (et 2.2.1.1.) Don Pèdre Ier.

2.2. Doña Béatrix, mariée à don Alphonse IV de Portugal.

2.2.1. Doña Maria, mariée à 2.1.1. don Alphonse XI.

2.2.1.1. (et 2.1.1.1.) Don Pèdre Ier.

[73] Don Juan Nuñez mourut à Burgos, où il s’était rendu probablement pour soulever la Castille-Vieille, très attachée à sa maison. Ayala, p. 29.

[74] Probablement à cette époque les voies romaines subsistaient assez bien conservées pour établir des communications faciles entre les grandes villes d’Espagne. On voit par l’itinéraire d’Antonin qu’une des routes principales entre les provinces du midi et celles du nord part d’_Italica_ pour aller s’embrancher à Mérida (_Emerita Augusta_) avec la voie qui conduit aux Pyrénées.

[75] Ayala, p. 35. — Rades, _Cron. de Santiago_, p. 45.

[76] Ayala, p. 35.

[77] Ayala, p. 36.

[78] Ayala, p. 36.

[79] _Id_., p. 37.

[80] Le même probablement qui avait accompagné don Henri dans sa fuite.

[81] Au XIVe siècle, les gentilshommes ne portaient leur longue et lourde épée qu’à la guerre ou en voyage. Les chevaliers des ordres militaires étaient seuls armés en tout temps.

[82] Ayala, p. 37-43.

[83] Lieutenant-général.

[84] Ayala, p. 44. Cfr. avec l’_Abreviada_, p. 43, note.

[85] Titre correspondant sous quelques rapports à celui de vidame ; on le donnait proprement à un seigneur jouissant de bénéfices ecclésiastiques. L’importance de cette charge et ses attributions variaient suivant les provinces. Le _prestamero mayor_ de Biscaïe était un des grands officiers de la couronne, et réunissait alors des pouvoirs civils et militaires assez étendus.

[86] Il faut ajouter qu’on ne connaît pas le texte même de ces cahiers, mais seulement l’exposé des demandes qui précède les réponses royales. On ne sait si cet exposé est littéralement reproduit, ou si ce n’est qu’un abrégé.

[87] Voir cependant _Cortes de Vall._, art. 16 et 22. Il en sera parlé ci-après.

[88] _Cortes de Vall. Ord. de Prelados_, art. 5.

[89] _Ord. de Prelados_, art. 9. — Ils demandent que les Juifs ne puissent travailler dans la rue (comme la plupart des artisans font encore aujourd’hui en Espagne), mais dans leurs maisons, les portes fermées, à peine de 10 maravédis d’amende.

[90] _Ord. de Fijosdalgo_, art. 11. — _Ord. de Menestrales_.

[91] _Ord. de Fijosdalgo_, art. 7.

[92] _Ibid._, art. 28.

[93] Cfr. Ayala, p. 50 et suiv. — _Ord. de Fijosdalgo_, art. 4, 5, 6, 13, 15, 21.

[94] _Ord. de Fijosdalgo_, art. 23.

[95] _Ibid._, art. 22.

[96] _Cortes de Valladolid_, Cfr. art. 64, 65, 74, 75.

[97] _Ibid._, art. 66.

[98] _Ibid._, art. 49.

[99] _Ibid._, art. 34.

[100] _Ibid._, art. 16, 32.

[101] _Ibid._, art. 36.

[102] _Cortes de Vall._, art. 40, 55.

[103] _Ibid._, art. 58.

[104] _Ibid._, 50, 54, 55.

[105] _Ibid._, art. 48.

[106] _Cortes de Vall._, art. 1, 35.

[107] _Ibid._, art. 33.

[108] _Ibid._, art. 6, 9, 62.

[109] François Ier répondait aux ambassadeurs portugais : « Allez trouver Ango, et arrangez-vous avec lui. » Vitet, _Hist. de Dieppe_, t. II, p. 425.

[110] _Cortes de Vall._, art. 29, 70.

[111] _Ibid._, art. 41, 59.

[112] _Cortes de Vall._, art. 40.

[113] _Ibid._, art. 44, 56.

[114] _Ibid._, art. 42, 43, 45, 72.

[115] _Ibid._, art. 61.

[116] _Ibid._, art. 18, 24, 32, 74.

[117] _A lo que me pidieron por merced_, etc.

[118] _Cortes de Vall._, art. 16. Voici la réponse du roi : « Si j’envoie de tels ordres, les officiers que j’envoie devront arrêter ceux que je désigne, mais non les tuer ni les torturer ; ils m’en donneront avis sur-le-champ, pour que j’en décide suivant ma merci. »

[119] _A esto respondo que lo tengo por bien e mando que se guarde._

[120] _Cortes de Vall._, art. 61, 65, 66, 68, 75, 76.

[121] _Ibid., Ord. de prelados_, art. 1, 5, 19.

[122] Voir le préambule d’une charte de don Henri rapportée par Pellicer (_Informe de la casa de los Sarmientos de Villamayor_). Don Henri reconnaît que le roi lui a pardonné tous ses méfaits (_todos los maleficios que ayamos fecho fastaqui_), et qu’il lui a rendu ses biens et ceux de doña Juana sa femme. Gijon, 16 juin, l’an de l’ère 1390 (1352). — Ayala, p. 76. Note de Llaguno. — _N. B._ Les Castillans dataient alors leurs actes de l’_ère de César Auguste_, c’est-à-dire de l’année d’un dénombrement général prescrit, dit-on, par cet empereur. Elle commence 38 ans avant l’ère vulgaire. Les Aragonais, qui long-temps avaient suivi le même système, l’avaient abandonné à l’époque où commence ce récit.

[123] Ayala, p. 66 et suiv. — Le château d’Aguilar avait appartenu à don Gonzalo Fernandez, et était depuis entré dans le domaine royal. Ayala rapporte que Coronel l’avait obtenu d’Alburquerque en lui promettant en échange le château de Burguillos, que dans la suite il refusa de lui livrer.

[124] Tous les riches-hommes, de même que les maîtres et les commandeurs des ordres militaires, étaient tenus de recevoir le roi dans leurs châteaux et de l’y héberger, à peine de trahison. On a vu que les cortès de Valladolid avaient réglé la dépense qui devait être faite dans des telles occasions. Il paraît que les rois, en donnant un château, dispensaient quelques fois son propiétaire des frais des réceptions royales, _yantares_ ; mais, en supposant que Coronel eût un pareil privilége, il est évident qu’il n’avait d’autre sens que de l’exempter de la dépense des _yantares_, et non de l’obligation d’ouvrir ses portes à son seigneur.

[125] _Archivo general de la corona de Aragon_, parchemin no 1676, daté de Lérida, 14 juin 1352. Bien que cette pièce soit revêtue de la signature de don Tello, je ne sais s’il prêta lui-même le serment d’hommage entre les mains du roi d’Aragon. Il semble résulter de la teneur de l’acte que l’hommage fut rendu au nom du jeune prince par son majordome Pero Ruiz de Villegas.

[126] Ayala, p. 76.

[127] Ayala, p. 78.

[128] Don Bernal de Cabrera avait des prétentions sur la seigneurie d’Aguilar. En la réunissant au domaine royal, don Alphonse avait dédommagé Cabrera et Coronel ; mais, ni l’un ni l’autre ne se tenant pour satisfaits, leur animosité subsistait tout entière. V. Zurita, _Annales de Aragon_, t. II, p. 218, verso. — Ayala, p. 67 et suiv.

[129] _Arch. gen. de Ar._, parchemins nos 1736 et 1737. — Zurita, tome II, p. 248 et suiv.

[130] _Arch. gen. de Ar_. Legajo de cartas reales, no 89. — Ce traité d’extradition est cité sans date, dans un document qui porte celle du 2 juin de l’ère 1397 (1359).

[131] Je ne sais si Gutier Fernandez avait en effet tenu un enfant de Coronel. Le mot de compère était un terme d’amitié fort usité au moyen-âge. On s’en sert encore fréquemment en Andalousie, sans y attacher le sens propre.

[132] Justaucorps ouatté qu’on portait par-dessous le haubert ou la cotte de mailles pour préserver la peau et les habits du frottement.

[133] Cette idée de fatalisme est remarquable, et peut être attribuée au contact des Espagnols avec les Arabes.

[134] En 1339, don Gonzalo Martinez, maître d’Alcántara, s’étant révolté contre le roi don Alphonse, fut assiégé et pris dans son château de Valencia. Coronel avait présidé à son exécution. _Chronica de don Alfonso XI_, p. 385. Le maître d’Alcántara paraît avoir été sacrifié à l’instigation de doña Léonor de Guzman, dont Coronel était alors l’homme-lige.

[135] Ayala, p. 80 et suiv.

[136] _Cron. de don Alfonso XI_, p. 299. — Argote de Molina, _Nobleza de Andalucia_, p. 93. La maison de Padilla est mentionnée dans un privilége daté de 1033.

[137] Ayala, p. 77. Cfr. avec le _Sumario de los reyes d’España_, p. 60.

[138] Ayala, p. 332. La langue castillanne est riche en mots pour caractériser la grace chez les femmes. L’Espagne est, à la vérité, le pays où cette qualité est la plus commune. Je citerai quelques expressions seulement qui indiquent des nuances plus faciles à apprécier qu’à traduire. _Garbo_ est la grace unie à la noblesse ; _donayre_, l’élégance du maintien, l’enjouement de l’esprit ; _salero_, la grace voluptueuse et provoquante ; _zandunga_, l’espèce de grace particulière aux Andalouses, un mélange heureux de souplesse et de nonchalance. On célébrera le _garbo_ ou le _donayre_ d’une duchesse, le _salero_ d’une actrice, la _zandunga_ d’une Bohémienne de Jerez.

[139] Cette question sera plus tard examinée. Voir § XVI, I.

[140] Ayala, p. 77 et 86. — Ce fut probablement alors que Hinestrosa reçut du roi la charge d’_alcade de los fidalgos_, titre qu’il prend dans le traité d’Atienza, dont il fut un des signataires pour la Castille. _Arch. gen. de Ar._, parchemin no 1737.

[141] Cfr. Ayala, p. 88 et 90.

[142] Don Pèdre fut grièvement blessé au bras dans un tournoi dont il était un des tenants. Cette blessure contribua peut-être à prolonger son séjour à Torrijos.

[143] Majordome de don Tello et signataire de l’acte d’hommage au roi d’Aragon, passé à Lérida l’année précédente.

[144] _Cronica de don Alfonso XI_, p. 419.

[145] Ayala, p. 91.

[146] Je suis le texte d’une des copies de la chronique d’Ayala, qu’on appelle très improprement _l’Abrégée_. Si dans les copies subséquentes on a supprimé les détails que je viens de rapporter, c’est sans doute parce qu’on les a crus humiliants pour le prince qui avait fini par s’emparer du trône de Castille. Cfr. les deux versions. Ayala p. 92, et la note, de M. Llaguno.

[147] Ayala, p. 93.

[148] L’ensorcellement de don Pèdre par la Padilla est la tradition populaire en Andalousie, où l’un et l’autre ont laissé de grands souvenirs. On ajoute que Marie de Padilla était une reine de Bohémiens, leur _bari crallisa_, partant consommée dans l’art de préparer les philtres. Malheureusement les Bohémiens ne parurent guère en Europe qu’un siècle plus tard. — L’auteur de la _Première Vie du pape Innocent VI_ raconte gravement que, Blanche ayant fait présent à son époux d’une ceinture d’or, Marie de Padilla, aidée d’un Juif, insigne sorcier, changea cette ceinture en serpent, un certain jour que le roi s’en était paré. On pense aisément quelle dut être la surprise du prince et celle de toute la cour, lorsque la ceinture commença à s’agiter et à siffler, sur quoi la Padilla trouva facilement occasion de persuader à son amant que Blanche était une magicienne qui voulait le faire périr par sorcellerie. Baluze, _Hist. des papes d’Avignon_, I, p. 224 ; Ayala, p. 95.

[149] V. Gratia Dei, dans le _Semanario erudito_ de Valladares, tome 28, p. 237 ; le comte de la Roca, _el rey don Pedro defendido_, p. 15, verso, 44. Le comte ajoute agréablement dans son style cavalier : « Si l’infant don Fadrique fut un an et plus, comme on le prétend, à conduire la reine Blanche de France à Valladolid, cela prouve que les chemins étaient bien mauvais ou qu’ils ne prirent pas le meilleur. »

[150] Le contrat de mariage de Blanche existe aux archives du royaume, daté de Paris, 2 juillet 1352. Il est signé par les deux ambassadeurs castillans, don Juan Sanchez de las Roelas, jadis évêque de Séville, évêque élu de Burgos, et par don Alvar Garcia d’Albornoz. Carton J. 603, pièce 55. — Suivant toute apparence, don Fadrique ne quitta pas Llerena avant le mariage du roi, auquel d’ailleurs il n’assista point. Voir dans Ayala, p. 112, la note de M. Llaguno sur ce sujet. Consulter également l’_Apologia del rey don Pedro_, par don Josef Ledo del Pozo, p. 189.

[151] On dînait alors à neuf ou dix heures du matin.

[152] Ayala, p. 95.

[153] Le roi de Portugal avait obtenu sa grace de don Pèdre, et don Juan était revenu à la cour de Castille avec Alburquerque, en apparence réconcilié avec lui. Ayala, p. 85.

[154] Ayala, p. 98 et suiv.

[155] Ayala, p. 104. _Abreviada_. V. note 2.

[156] Ayala, p. 105 et suiv.

[157] Ayala, p. 106.

[158] Ayala, p. 108.

[159] Bulario de Santiago, cité par Llaguno. V. Ayala, p. 116, note 3.

[160] Ayala, p. 113.

[161] Cfr. Ayala, p. 114. — Rades, _Cron. d’Alcántara_, p. 27.

[162] On montre dans la cour de l’Alcazar à Séville, près de la porte dite des Bannières, les restes d’un tribunal en plein air où don Pèdre prenait place pour juger les procès.

[163] Il est probable que don Pèdre ne savait pas l’arabe ; mais on peut voir par les récits du _comte Lucanor_ combien les romans arabes étaient familiers aux Castillans.

[164] La tradition, qui n’est jamais à court de circonstances minutieuses, rapporte que l’inconnu gardait une rue, c’est-à-dire qu’il empêchait les passants d’y entrer, soit pour parler en liberté à une femme, soit pour procurer cette facilité à un ami. Cet usage existait encore il y a quelques années en Espagne, et occasionnait souvent des duels.

[165] On dit que ce nom a été donné à la rue en mémoire de la lampe, _candilejo_, qui éclaira le duel. — Zúñiga, _Annales eclesiasticos de Sevilla_, t. II, p. 136.

[166] Zúñiga, _An. eccles._, t. II, p. 137.

[167] Rainaldi, _Ann. eccles._, année 1354. — Ayala, p. 115.

[168] Rades, _Cron. de Calat._, p. 54.

[169] Cfr. Ayala, p. 116 et suiv. Rades, _Cron. de Calat._, p. 54. — Suivant ce dernier, le maître de Calatrava aurait été arrêté pendant qu’il était à table avec le roi. Le récit d’Ayala m’a paru le plus vraisemblable. Rades d’ailleurs ne cite pas ses autorités.

[170] Rades, _Cron. de Calat._, p. 51.

[171] La conformité des noms donne lieu de supposer que Diego de Padilla, frère de la maîtresse du roi, était parent de l’ancien maître de Calatrava supplanté par Nuñez de Prado.

[172] Ayala, p. 118.

[173] Il est permis de révoquer en doute la sincérité de ce désintéressement ; on a vu que les domaines de Coronel avaient été en majeure partie donnés par don Pèdre à la fille de doña Maria de Padilla. Ayala, p. 83.

[174] Ayala, p. 121 et suiv.

[175] Ces autorisations furent accordées par Innocent VI. Voy. Rainaldi, _Annales eccl._, année 1354.

[176] Don Pedro Fernandez de Castro de la Guerra avait eu quatre enfans, deux légitimes issus de son mariage avec doña Isabel Ponce de Leon (cousine de doña Leonor de Guzman) : c’étaient don Fernand et doña Juana ; les deux autres avaient pour mère doña Aldonza de Valladares : c’étaient don Alvar Perez de Castro et Inès, maîtresse de l’infant don Pierre de Portugal.

[177] Cfr. Ayala, p. 127 et suiv. — Dans la suite, doña Juana conserva le titre de reine. Don Pèdre s’en montra chagrin, mais ne prit aucune mesure pour l’obliger à y renoncer.

[178] Ayala, p. 124.

[179] Chez les Turcs, l’héritier du trône est le plus proche descendant d’Othman. Le successeur présomptif du sultan actuel est son frère cadet.

[180] Ayala, p. 125.

[181] _Ibid._, p. 126.

[182] Ayala, p. 131.

[183] J’ignore absolument sur quoi cette accusation était fondée.

[184] Ayala, p. 135 et suivantes.

[185] Ayala, p. 136. — Rades, _Cron. de Santiago_, p. 46.

[186] Il avait obtenu ce titre probablement après que Diego de Padilla eut été nommé maître de Calatrava.

[187] _Los Reyes Nuevos, par don X. Lozano_, lib. I, cap. X. — C’est sur cette pierre que la sainte Vierge posa les pieds quand elle apparut à saint Ildephonse et lui remit une chasuble _de tela de cielo_, de toile du ciel, selon le grave auteur que je viens de citer.

[188] Ayala, p. 140 et suiv.

[189] Ayala, p. 139.

[190] _Ibid._, p. 140. — Rades, _Cron. de Santiago_, p. 46. — Il nomme le commandeur de Ségura don Lope Sanchez de Avendaño.

[191] Rades donne sept mille chevaux au seul maître de Saint-Jacques. _Cron. de Santiago_, page 47.

[192] Pierre IV était alors en Sardaigne. Zurita, _Anales de Aragon_, t. II, p. 257. — J’ai conservé la forme catalane de ce nom pour le distinguer de ses homonymes le roi de Castille, le roi d’Aragon, l’infant de Portugal, etc.

[193] Don Henri, comte de Trastamare, est presque toujours ainsi désigné. Il signe, _Moi_, le Comte. Il était alors en effet le seul comte en Castille ; les riches-hommes ne portaient pas encore de titres.

[194] Don Juan Alonso d’Alburquerque.

[195] C’était au contraire don Tello qui était venu chercher les infants en Castille. Nous aurons plus d’une fois à remarquer les ménagements de don Pèdre pour don Tello.

[196] Zurita, _Anales de Aragon_, tome II, p. 259.

[197] Ayala, p. 152.

[198] Ayala, p. 153.

[199] _Id._, p. 156. — Je comprends difficilement le but de cette restriction, s’il s’agit de cette longue et lourde lance, arme ordinaire des chevaliers dans le nord de l’Europe ; mais je crois qu’il faut entendre ici par _lanza_ la javeline ou zagaye, arme de trait fort en usage parmi les cavaliers espagnols. Le même motif qui ferait aujourd’hui proscrire les armes à feu dans une semblable entrevue pouvait alors dicter la convention que je rapporte. — Sur le nombre des chevaliers présents à l’entrevue, il y a une variante dans les deux principaux manuscrits d’Ayala. La _Chronique vulgaire_ en nomme cinquante, _l’Abrégée_, que je suis, comme plus ancienne, vingt seulement. On conçoit que la vanité de quelques grandes maisons se soit complu à augmenter le nombre des représentants des deux partis.

[200] Ayala, p. 157-164.

[201] Ayala, p. 166. Cfr. avec le _Sumario de los reyes d’España_, p. 63, note ; et Gratia Dei dans le _Semanario erudito_, tome XXVIII, p. 287.

[202] Ayala, p. 168.

[203] Ayala, p. 168.

[204] _Sumario_, etc., p. 64.

[205] _Ibid., ib._

[206] Ayala, p. 169.

[207] Ayala, p. 172.

[208] Ayala, p. 174.

[209] _Sumario_, etc., p. 65. — Suivant l’anonyme auteur du _Précis du règne de don Pèdre_, le roi aurait donné à don Tello la seigneurie de Biscaïe, Aguilar de Campos et les Asturies de Santillane. Mais don Tello possédait déjà la Biscaïe du chef de sa femme, doña Juana de Lara. Pour que l’anecdote soit plus romanesque, l’anonyme ajoute que le roi écrivit la donation sur un chiffon de papier, dans un ermitage au milieu de la chasse.

[210] Ayala, p. 175.

[211] Zurita, t. II, p. 269. — Ayala, p. 178. — Il paraît que les articles du traité d’Atienza concernant les infants d’Aragon ne furent jamais fidèlement observés par Pierre IV.

[212] Ayala, p. 177.

[213] Rainaldi, _Ann. eccl._, année 1355, § 29, tome XXV.

[214] Rainaldi, _Ann. eccl._, t. XXVI, p. 22. Cfr. avec la note 5 de M. Llaguno, _ad_. Ayala, page 209.

[215] Ayala, p. 73.

[216] Ayala, p. 179.

[217] _Ginetes_, cavaliers armés à la légère. Le mot de génétaires est employé par Froissart.

[218] Ayala, p. 181-187.

[219] _Ibid._, p. 189.

[220] Bref d’Innocent VI du 8 juillet 1355. — Ayala, p. 187.

[221] Ayala, p. 192.

[222] Ayala, p. 195.

[223] La fille de don Diego de Zavallos, doña Elvira, était la mère du chroniqueur Pero de Ayala. Voyez _Torres y Tapia, Cron. de Alcánt._, t. II, p. 80.

[224] Zavallos, après avoir été retenu quelque temps en prison dans un des châteaux et sous la garde de Hinestrosa, parvint à s’échapper et à se réfugier en Aragon. Cfr. Rades, _Cronica de Alcántara_, p. 27. — Ayala, p. 197 et suiv. — Selon Torres y Tapia, _Cron. de Alcánt._, t. II, p. 80 et suiv., Zavallos rentra en grace auprès de don Pèdre, et obtint un autre emploi.

[225] Ayala, p. 201. — Rainaldi, _Ann. eccl._, t. XXV, p. 629.

[226] Ayala, p. 202. — Rades, _Cron. de Calat._, p. 56.

[227] Ayala, p. 203 et suiv.

[228] Cri d’alarme au moyen-âge qui revient souvent dans Froissart : « Si vinrent aux fenêtres de la porte et commençarent à crier à haute voix : Trahis ! trahis ! Adonc s’estourmirent en grand effroi, etc. » Froissart, liv. III, chap. 99.

[229] Rades, _Cron. de Calat._, p. 56, prétend sans aucune autorité que le roi le tua de sa propre main devant la reine. J’ai suivi le récit très circonstancié d’Ayala, qui seul mérite créance.

[230] Ayala, p. 207. — Rades, _Cron. de Calat._, p. 56.

[231] Ayala, p. 209.

[232] _Ibid., ibid_.

[233] _Ibid._, p. 210.

[234] _Ibid., ibid_.

[235] _Ibid._, p. 213.

[236] Ayala, p. 211.

[237] Ayala, p. 214. On verra bientôt que notre chroniqueur se trompe fort suites conséquences de ce meurtre.

[238] Pero non se pudo facer, ca non les quiso et rey descobrir este secreto a los que entraron en el torneo, que avian de facer esta obra, e por tanto cesó. Ayala, p. 212.

[239] Ayala, p. 212.

[240] Le seigneur d’Hijar était l’intermédiaire de cette négociation en 1355. Voyez lettre de Pierre IV au seigneur d’Hijar, datée de Castel de Caller, 1er juillet 1355. _Archivo general de Aragon_, registre 1293 _Secretorum_, p. 22.

[241] Zurita, _Anal. de Aragon_, p. 268 et suiv. — Ayala, p. 217.

[242] Zurita, p. 269, verso.

[243] Placencia en Biscaïe, à quatre lieues de Bilbao. Le comte de la Roca suppose fort mal à propos, ce me semble, que ces barques venaient de Plaisance en Italie. _Rey don Pedro def._, p. 37, verso.

[244] Ayala, p. 215.

[245] Zúñiga, _Anales ecclesiasticos de Sevilla_, t. II, p. 141, remarque que don Pèdre fut le premier roi de Castille qui s’embarqua pour une expédition maritime.

[246] Cfr. Ayala, p. 220. — Zurita, t. II, p. 271, verso.

[247] Ayala, p. 217.

[248] Ayala, p. 219. — Zurita, t. II, p. 270 et suiv.

[249] _Arch. gen. de Aragon_. Instructions à Mosen Francesch de Perellòs (probablement le même que l’amiral de ce nom), envoyé du roi d’Aragon en France. Sans date, mais vraisemblablement de la fin d’août 1356. Registre 1293 _Secretorum_, p. 38.

[250] Zurita, t. II, p. 271. — Mémoires de Pierre IV, dans Carbonell, _Chronica d’Espanya_, p. 183, verso.

[251] Il ravagea le territoire de Castalla et de Homil, mais sans pouvoir prendre ces deux villes faute de machines. Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 121.

[252] Il fut repoussé et battu par le comte de Luna. Ayala, p. 221.

[253] Zurita, t. II, p. 273 et suiv. Selon cet auteur, le traité de Pina est du 8 novembre 1356.

[254] En Catalogne, Montblanch, Tarrega, Villagrassa ; en Aragon, Tamarit, Ricla, Épila ; dans le royaume de Valence, Castellon del Campo de Burriana et Villareal. _Mémoires de Pierre IV_ dans Carbonell, p. 184. Il paraît que les habitants de Castellon et de Villareal refusèrent long-temps de reconnaître don Henri pour leur seigneur, malgré les injonctions réitérées du roi d’Aragon. _Arch. gen. de Ar._, registre 1543, p. 36 et suiv.

[255] _Pagado ò irado_.

[256] 68,833 réaux, un peu plus de 17,000 francs.

[257] _Cavalls armats e cavalls alforrats_. Les premiers étaient bardés de fer, les seconds avaient des couvertures de cuir ou de toile piquée.

[258] J’ai rapporté d’après Zurita le traité de Pina. Je n’ai pu trouver l’original dons les archives d’Aragon, mais seulement une convention nouvelle rappelant celle de Pina et datée de Saragosse, 20 janvier 1357. D’après un troisième traité daté de Saragosse, 30 août 1357, la solde des hommes d’armes est portée à 8 sous, et celle des génétaires à 6 sous. En temps de paix, le comte de Trastamare pourra conserver 400 hommes d’armes aux gages du roi, à raison de 3 sous et demi. Le roi d’Aragon ajoute que, dans le cas où son trésorier refuserait de payer au Comte les subsides promis, il s’engage à les acquitter sur sa cassette particulière, quinze jours après la première sommation. On doit remarquer que, dans ce dernier traité de Saragosse, il n’est point question de don Fadrique ni des biens appartenant aux infants d’Aragon et donnés au comte de Trastamare. Il est à croire qu’à cette époque (août 1357) le roi traitait secrètement avec ces princes. _Arch. gen. de Aragon_, parchemin. _Segona Caixa_, no 20. En 1356, don Henri n’avait pu encore rassembler le nombre d’hommes stipulé. Il n’avait, suivant les _Mémoires de Pierre IV_, que 300 hommes d’armes et autant de génétaires. Carbonell, p. 181.

[259] Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 121.

[260] Zurita, t. II, p. 275. — Cascales, _Hist de Murcia_, p. 122.

[261] Zúñiga, _An. eccl._, II, 142. Voir à l’appendice A la description des tombeaux.

[262] Ayala, p. 226.

[263] Ayala, loc. cit. — _Apologia del rey don Pedro_, p. 180.

[264] Ayala, 224, 234.

[265] Cfr. Ayala, p. 237. — Zurita, t. II, p. 279. — Le roi d’Aragon, dans ses mémoires, accuse le gouverneur de Tarazona, Miguel de Gurrea, d’avoir livré la place aux Castillans _par grand’ malice_. Carbonell, p. 185.

[266] Il était vassal du roi d’Angleterre. Son nom est souvent cité par Froissart.

[267] Ayala, p. 229.

[268] Ayala, p. 229. — Pierre IV prétend qu’il offrit la bataille et que le roi de Castille la refusa. Carbonell, p. 185. — Selon Zurita, l’intervention du cardinal Guillaume aurait empêché le combat. — Zur., t. II, p. 280. — La supériorité des Castillans, la position défensive des Aragonais, et la retraite de Pierre IV sur Saragosse, m’ont paru confirmer la version d’Ayala, que j’ai suivie.

[269] Zurita, t. II, p. 280.

[270] C’est encore aujourd’hui en plein air, sous un peuplier, qu’a lieu la réunion des députés de la confédération basque, à Guernica.

[271] _Archivo gen. de Aragon_, reg. 1394 _Pacium et Treugarum_, p. 1 et suiv.

[272] Ayala, p. 228. — Cascales, _Hist. de Mur._, p. 122.

[273] Ayala, p. 232.

[274] _Arch. gen. de Aragon_, reg. 1394 _Pac. et Treug._, p. 14. — La sentence d’excommunication est datée de Tudela, 96 juin 1357.

[275] Zurita, p. 284 et suiv. — _Hist. de Murcia_, 124. — Carbonell, p. 185.

[276] _Arch. gen. de Aragon., autografos. Segona Caixa_.

[277] Ayala, p. 232.

[278] Ayala, p. 230.

[279] Zúñiga, _Anales de Sevilla_, tome II, p. 148. Le peuple raconte que Marie Coronel, poursuivie par don Pèdre dans le faubourg de Triana, se plongea la tête dans une poêle où une _Bohémienne_ faisait frire des beignets. On m’a montré la maison devant laquelle avait eu lieu l’événement, et, comme preuve irrécusable, on m’a fait remarquer que cette maison est encore habitée par des Bohémiens, qui font la cuisine en pleine rue.

[280] Le roi de Navarre était alors prisonnier du roi de France. Le prince Louis, régent de Navarre, était en même temps sollicité par le roi d’Aragon, et faisait des deux côtés des promesses qu’il n’avait nullement l’intention de tenir. Zurita, t. II, p. 282, 284. Carbonell, p. 185.

[281] Que penser de la jalousie de don Alvar, qui envoyait sa femme solliciter à Séville le roi amoureux d’elle.

[282] Ayala, p. 234. Quelque étrange que puisse paraître cette anecdote, je n’ai point hésité à la rapporter sur l’autorité d’Ayala, qui fut peut-être témoin de cette intrigue de palais. En effet, il était probablement alors à Séville, d’où nous le verrons bientôt partir avec la flotte du roi. Il est remarquable que Zúñiga ait gardé le silence sur cet événement, après avoir donné place aux contes populaires sur Maria Coronel. V. _Anal. de Sevilla_, année 1358.

[283] Ayala, p. 231.

[284] Carbonell, p. 186. — _Arch. gen. de Ar_. Voir plusieurs lettres de Pierre IV au sujet de ses droits sur cette place, notamment sa consultation au docteur En Ramon Castellan, reg. 1394, p. 89, 31 et suiv.

[285] V. passeport accordé à Gonzalo Mexia par le roi d’Aragon pour aller, de la part du comte de Trastamare, conférer avec le maître de Saint-Jacques de _certaines affaires_, valable pour une ou plusieurs fois, _iendo o viniendo por unas ò muitas vegadas del dito Conde al dito Maestre, et del dito Maestre al dito Conde_. Cariñena, 28 décembre 1357. _Arch. gen. de Aragon_, reg. 1543, p. 5 verso. V. Appendice B.

[286] _Romances sobre el rey D. Pedro_. — Rades, _Hist. del Ord. de Santiago_, p. 48. — _Hist. de Murcia_, p. 123. — Ayala ne parle pas de cette circonstance. Voir Appendice C.

[287] Ou de stuc. Les manuscrits offrent cette variante : _hierro_ ou _yeso_.

[288] _Un Moro de su cámara_, Ayala. — M. Llaguno a préféré la leçon _mozo de su cámara_, un page de sa chambre, fournie par quelques manuscrits. Mais l’_Abrégée_ et les meilleures copies donnent _Moro_. Il me paraît vraisemblable que don Pèdre, comme tous les despotes, aimât à s’entourer de serviteurs étrangers. On verra plus tard qu’il donna le commandement des arbalétriers de sa garde à un Géorgien. Malgré les détails circonstanciés que rapporte Ayala sur cet événement, on n’est point d’accord, parmi les antiquaires de Séville, sur le lieu précis où fut tué don Fadrique. Suivant la tradition conservée par les portiers de l’Alcazar, le Maître aurait été assassiné dans la salle des _azulejos_ (mosaïques en faïence). On y montre encore les traces de son sang comme on montrait à Blois le sang du duc de Guise. Ayala dit positivement que le Maître fut tué dans la cour, et que don Pèdre dîna dans la salle des _azulejos_.

[289] Ayala, p. 237, 243.

[290] V. p. 974.

[291] V. p. 969.

[292] Ayala, p 243.

[293] Ayala, p. 243 et suiv.

[294] Dans la dernière guerre civile, les troupes de la reine, chaque fois qu’elles entraient à Guernica, coupaient le peuplier autour duquel se réunissaient les députés des trois provinces, et autant de fois les Basques en replantaient un autre dès que l’ennemi s’était éloigné.

[295] Selon la tradition reçue en Biscaïe, la seigneurie aurait été gouvernée par la même famille depuis le neuvième siècle jusqu’au quatorzième. Lope de Zuria, qui avait défendu avec succès la province contre Alfonse, roi de Léon, fut élu seigneur en 860. Sa race s’éteignit avec doña Juana de Lara, femme de don Tello. On dit que Lope de Zuria fut le premier des seigneurs de Biscaïe qui prêta solennellement le serment d’observer les franchises du pays. Un des premiers articles est celui-ci : « Tout ordre du roi ou du seigneur qui sera ou pourrait être contraire aux franchises de la Biscaïe, _sera obéi et non accompli_. » C’est une fiction constitutionnelle comme ce texte de la _Magna Charta_ : _The king cannot be wrong_.

[296] D’après les usages de Biscaïe, le seigneur devait prêter serment de garder les priviléges, 1o entre les mains de la municipalité (_regimiento_) de Bilbao ; 2o dans l’église de Saint-Emeterio de la même ville ; 3o sous l’arbre de Guernica ; 4o enfin, dans l’église de Sainte-Euphémie à Bermeo.

[297] Ayala, p. 244 et suiv.

[298] Ayala, p. 247.

[299] _Ibid._, p. 248.

[300] _Ibid., ibid._ — Carbonell, p. 186 et suiv.

[301] _Arch. gen. de Ar. Autografos_. Almazan, 10 juillet, ère 1396 (1358).

[302] Zurita, p. 289.

[303] Zurita, p. 289, verso. Les Mémoires de Pierre IV (dans Carbonell) ne mentionnent pas cette anecdote, à laquelle Zurita paraît ajouter créance. Elle est rapportée également par Abarca, _Anal. de Ar._, 1. XXIV, cap. 7, § 11.

[304] Ayala, p. 249.

[305] _Ibid._, p. 250, 251.

[306] _Ibid._, p. 252.

[307] Zurita, t. II, p. 291.

[308] Ayala, p. 256.

[309] Ayala, p. 258, 266. — Zurita, 292.

[310] Ayala, p. 266, 270.

[311] En 1294. Mariana, t. I, p. 849.

[312] _Atalaya de las Crónicas_, cité par M. Llaguno, Ayala, p. 271.

[313] Ayala, p. 271. Un des glossateurs de Gratia Dei prétend que Pero Lopez de Ayala fut au nombre des proscrits. Cette assertion est démentie par le témoignage d’Ayala lui-même. V. _Sem. erud. de Vall._, t. XXVIII, p. 228.

[314] Carbonell, p. 180, verso.

[315] Ayala, p. 272.

[316] _Ibid._, p. 273.

[317] J’ignore à quelle époque précise cette rupture eut lieu. M. Llaguno (Ayala, p. 382, note 3) suppose que le roi don Pèdre fit casser le mariage pour brouiller don Fernand avec don Henri. Si le roi prit réellement part à cette intrigue, il faut croire que son intervention fut fort secrète, puisque don Fernand porta tout son ressentiment contre le comte de Trastamare. Le prétexte pour la dissolution du mariage fut que les deux époux, étant parents à un degré prohibé, n’avaient point obtenu de dispenses. Ils étaient cousins issus de germains. Doña Isabel Ponce de Léon, mère de don Fernand, était cousine germaine de doña Leonor de Guzman, mère de doña Juana.

[318] A un seigneur aragonais nommé don Philippe de Castro.

[319] _Que decian Uxel_. D’après cette expression d’Ayala, on pourrait croire que Uxel était le nom du vaisseau. Mais dans quelques pièces des _Archives d’Aragon_ j’ai trouvé le mot _oxeles_ au pluriel, ce qui prouve que c’était un nom générique pour désigner certaine classe de navires.

[320] _Arch. gen. de Ar. Autogr_. Lettre de l’infant don Fernand à Pierre IV, de Valence, 7 mai 1359, annonçant l’arrivée prochaine de l’escadre portugaise.

[321] Ayala, p. 227.

[322] Carbonell, p. 187. Ce sont les deux premiers mots de la loi qui donne au prince ou au magistrat suprême le droit de convoquer tous les hommes en état de combattre lorsque la ville est en danger.

[323] Nom donné aux levées en masse de la Catalogne. L’étymologie la plus probable m’est fournie par mon ami don Manuel de Bofarull. Les hérauts chargés de convoquer les miliciens criaient devant chaque maison : _Via fora !_ allons, dehors ! Les habitants sortaient en armes en répondant : _Som atents_, nous sommes prêts. C’était en quelque sorte un mot de ralliement qui dans la suite devint le nom de cette espèce de _landsturm_.

[324] Ce couvent n’existe plus aujourd’hui. Il y a sur son emplacement un magasin de charbon. Le monastère était situé précisément en face des Atarazanas, à gauche de la rampe qui conduit à la Muraille de mer.

[325] Les canons se composaient alors de barres de fer forgé, assemblées comme les douves d’un tonneau et reliées par des cercles de fer. La culasse était ouverte, et pour tirer on y plaçait une boîte cylindrique ou une _chambre_, comme on dirait aujourd’hui, remplie de poudre. Les canonniers avaient un certain nombre de ces boîtes toutes chargées que l’on plaçait successivement dans la pièce sans avoir besoin de l’écouvillonner comme on fait aujourd’hui. Voir pour la description de ces bombardes l’excellent travail de M. Deville sur le château de Tancarville, p. 15.

[326] Carbonell, p. 187. — Ayala, p. 277 et suiv. — Zurita, p. 294.

[327] Carbonell, p. 187, verso.

[328] Ayala, p. 280, 287.

[329] Ayala, p. 287.

[330] Ayala, p. 290.

[331] Ayala, p. 291.

[332] _Ibid._, p. 292.

[333] Le pape ayant, par une bulle, exigé une dîme sur les biens appartenant aux ordres militaires, don Pèdre défendit d’avoir égard à ce décret par un rescrit daté d’Olmedo 5 juillet, ère 1397 (1359). On remarquera le considérant où se peint son caractère : « Et pourtant que c’est chose nouvelle et inusitée aux temps passés, qui, si elle était soufferte, détruirait lesdits ordres, œuvres des rois d’où je sors, voire, œuvres miennes, d’où me viendrait grand dommage, » etc. Bulario de Calatrava, p. 500.

[334] _Arch. gen. de Ar._, Instructions et pouvoirs donnés au comte de Trastamare. Tarazona, 1er mars 1360. Reg. 1170, p. 29. V. Appendice.

[335] Ayala, p. 298.

[336] _Id._, p. 299.

[337] Ayala, p. 299, Zurita, t. II, p. 298, Carbonell, p. 188, rapportent que la reddition de Tarazona eut lieu au commencement de l’année 1360. Une lettre du roi d’Aragon à Diego Perez Sarmiento, en date du 28 février 1360, annonce la prise de cette place, dans laquelle il venait d’entrer. _Arch. gen. de Ar._, registre 1170 _Secretorum_, p. 26. Mais, dès le 5 décembre 1357, il signait à Gonzalez Lucio, _vassal du roi de Castille_, et à Suer Garcia Suarez de Tolède, _écuyer_, la promesse de 40,000 florins de bon or payables à Tudela en Navarre, a la condition qu’ils lui livreraient Tarazona, et pour les grandes dépenses qu’ils ont faites et font chaque jour à son service : _por raho de gran costa que havedes fecho e fazedes de cada dia en nuestro servizio. Arch. gen. de Ar._, registre 1293 _Secretorum_, p. 57. A la même date, le roi promet à Suer Suarez 10,000 florins, probablement pour sa part dans les 40,000, prix de la reddition de Tarazona. (Même registre, p. 58.) Il paraît que le roi d’Aragon, fort à court d’argent, ne put payer Lucio qu’en 1360.

[338] Ayala, p. 301.

[339] Ayala, p. 302.

[340] Ayala, p. 303. _Abreviada_. Cfr. note 4 de M. Llaguno. — On peut demander comment, au milieu d’une expédition, don Pèdre trouvait des vases assez grands pour bouillir des hommes ? — Dans toute la Castille on se sert de jarres énormes pour garder le vin, l’huile ou le blé, quelquefois l’eau. Non-seulement un homme, mais plusieurs, pourraient entrer dans une de ces jarres. Leur forme est tout antique. On sait que le tonneau de Diogène était un vase de terre.

[341] Suivant la tradition populaire, cette prédiction fut adressée au roi par le spectre d’un prêtre qu’il avait tué de sa main. Le fantôme ajouta, suivant le style ordinaire des fantômes qui affectionnent l’obscurité : _Tu seras pierre à Madrid_. En effet, la statue de don Pèdre, placée sur son tombeau par sa petite-fille, abbesse du couvent de Saint-Dominique, se voit encore à Madrid. La tradition que je viens de rapporter a été suivie par Moreto dans sa curieuse comédie du _Rico Hombre de Alcalà_.

[342] Ayala, p. 305.

[343] Ayala, p. 307.

[344] Juran de ayudar a fazer todo mal e danyo, desfacimiento e desonra al rey de Castiella bien e lealment. Pedrola, 11 mai 1360. _Arch. gen. de Ar., pergamino_ no 2230.

[345] _Arch. gen. de Ar._, reg. 1170 Sigilli secreti, p. 165. Attestation délivrée à don Bernal de Cabrera _ad suam excusationem, et in testimonium veritatis_, 12 mai 1360, sans indication de lieu, probablement à Pedrola ; on a vu que le traité de réconciliation entre l’infant et don Henri est daté de cette ville, le 11 mai 1360.

[346] Ayala, p. 310, dit que cet homme était né en Tartarie, et avait été esclave à Gênes. _Zorzo_, suivant M. Llaguno, est le nom de Georges en grec vulgaire. C’est une erreur. Ce nom est du dialecte génois. Si Ayala avait figuré la prononciation grecque, il aurait écrit Yorios.

[347] Ces cruautés amenèrent des représailles. Le roi d’Aragon écrivait de Barcelone, le 12 septembre 1360, au comte de Trastamare pour lui demander Henri Lopez de Orozco, chevalier castillan, son prisonnier. Par une lettre du même jour, il ordonnait à Jordan de Urriès de faire décapiter Orozco dès que le Comte l’aurait remis entre ses mains. Je n’ai pu savoir si cet ordre cruel avait reçu son exécution. _Arc. gen. de Ar._, reg. 1170 Sigilli secreti, p. 182.

[348] Na cinta trazia sempre o açoute por nâo haver dilaçâo em o buscar. — Duarte do Liao. _Chronicas dos reis de Portugal_, t. II, p. 199.

[349] Camoens.

Contra una dama, o peitos carniceiros Feros vos mostraïs, è cavalleiros ? _Lusiad._, cant. III, st. 130.

[350] Ayala, p. 310 et suiv. — Après avoir fait torturer long-temps en sa présence Pero Coelho, un des assassins d’Inès, le roi de Portugal ordonna de lui arracher le cœur. « Fouille à gauche dans ma poitrine, » dit Coelho à l’exécuteur des hautes œuvres, « tu trouveras un cœur plus grand qu’un cœur de taureau et plus fidèle qu’un cœur de cheval. » _Colleccâo de ineditos de Historia portugueza_, t. V, p. 126. Coelho, en portugais, signifie _lapin_. Ce nom fournit au roi une affreuse plaisanterie qui peint les mœurs de l’époque. En voyant le prisonnier il s’écria : « Qu’on fasse venir du vinaigre et des oignons ; on va me fricasser ce _lapin_. »

[351] Gutier Fernandez avait cependant refusé d’accompagner le roi à Toro lorsqu’il se remit entre les mains des rebelles, mais cette faute avait été partagée par Diego de Padilla. Voyez § VIII, Ayala, p. 167.

[352] Ayala, p. 313 et suiv. — Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 133.

[353] Ayala, p. 315 et suiv.

[354] Ayala, p. 319 et suiv.

[355] Ayala, p. 317.

[356] Ayala, p. 320.

[357] Ayala, p. 322. Suivant l’interpolateur de la chronique du Despensero mayor, Simuel Levi, dont il rapporte faussement la mort à l’année 1366, aurait été dénoncé au roi par plusieurs Juifs jaloux de ses immenses richesses. Simuel, se voyant mis à la torture, mourut _d’indignation_, « _de puro corage_, » dit l’auteur anonyme que je copie, faute de pouvoir l’entendre. On trouva dans un souterrain pratiqué sous sa maison trois tas de lingots d’or et d’argent si hauts « qu’un homme derrière ne paraissait pas. » Le roi, en voyant ce trésor, s’écria : « Si don Simuel m’eût donné le tiers du plus petit de ces tas, je ne l’aurais pas fait tourmenter. Comment se laisser mourir sans vouloir parler ! » _Sumario de los reyes d’España_, p. 73. Credat Judæus Apella.

[358] Ayala, p. 323. — Conde, _Hist. de los Arabes_, 4e partie, cap. XXIV. Marmol, _Descripcion de la Afr._, lib. II, p. 214 et suiv. Marmol appelle le roi détrôné Abil Gualid, et l’usurpateur Mahamet.

[359] _Arch. gen. de Ar._ Convention entre Pierre IV et l’infant d’Aragon. Barcelone, 31 janvier 1361. Registre 1393 Secretorum, p. 77 et suiv.

[360] Marmol, _Descrip. de la Afr._, le nomme Abu Henun, roi de Fez, lib. II, p. 214.

[361] Ayala, p. 348.

[362] Publié par le roi de Castille, à Deza, le 13 mai ère 1399 (1361), et à Calatayud, par le roi d’Aragon, le 14 du même mois.

[363] L’article qui interdisait aux maîtres de posséder des forteresses à trente lieues de la frontière d’Aragon était manifestement impossible à exécuter, à moins qu’il ne s’agît des forteresses appartenant en propre aux maîtres, et non de celles que possédaient leurs ordres. Ainsi, par exemple, Ségura de la Sierra, commanderie castillanne sur la frontière de Valence, ne pouvait être enlevée à l’ordre de Saint-Jacques.

[364] Le traité ne prévoit pas le cas où les prisonniers auraient été vendus en pays étranger. On vendait aux chrétiens les captifs maures, et souvent, quoique cela fût expressément défendu par les canons de l’église (notamment par le concile de Valladolid en 1322), les chrétiens ne se faisaient pas scrupule de vendre leurs coreligionnaires aux musulmans. Voyez Capmany, _Comercio de Barcelona_, deuxième partie, p. 225.

[365] Cousin de Gomez Carrillo, décapité l’année précédente.

[366] Zurita, t. II, p. 305. — Ayala, p. 326. — _Arch. gen. de Ar._, registre 1394 _Pacium et Treugarum_, p. 39 seq. — Les décrets d’amnistie sont datés, celui de don Pèdre, du 7 mai, celui de Pierre IV, du 14 mai 1361. Même registre, p. 54 et 55.

[367] _Arch. gen. de Ar._, registre 1394, p. 77. Instruction aux ambassadeurs aragonais envoyés en Castille, le comte d’Osuna, le vicomte de Rocaberti, Gilbert de Centelles et Micer B. de Palou. Sans date, probablement octobre 1361.

[368] Le roi de Castille déclare qu’il n’aidera pas le roi d’Aragon en cas de guerre contre le roi de Portugal, et _vice versâ_, le roi d’Aragon ne lui donnera pas de secours en cas d’hostilités contre la Sicile. Ce traité d’alliance fut publié à Deza, le 18 mai, par don Pèdre, et le 22, à Calatayud, par Pierre IV. _Arch. gen. de Ar._, registre 1394, p. 60 et suiv. — Une copie avec quelques variantes sans importance, datée de Séville 15 juin, ère 1399 (1361), et signée par don Pèdre, fut ensuite adressée à la chancellerie d’Aragon. _Arch. gen. de Ar._, _Pergamino_, no 2267.

[369] Les négociations entre Pierre IV et Abou-Saïd sont attestées par Ayala et Zurita ; il suffit de comparer les dates du traité de paix entre l’Aragon et la Castille, et de la guerre commencée par don Pèdre contre Abou-Saïd, pour reconnaître toute l’influence que la menace d’une diversion en Andalousie eut pour opérer un accommodement entre les deux rois. Je dois dire cependant que je n’ai trouvé aucune trace, dans les archives d’Aragon, d’une correspondance entre Pierre IV et l’usurpateur de Grenade.

[370] Voir l’Appendice E.

[371] _Arch. gen. de Ar._, registre 1394 _Pacium et Treugarum_, p. 57-69. Pampelune, 10 août 1361.

[372] _Arch. gen. de Ar._, registre 1394, p. 77. Instructions données par Pierre IV à ses ambassadeurs auprès de don Pèdre. Le roi les charge de l’excuser pour le retard involontaire apporté à l’eloignement de l’infant, qu’une maladie a retenu à Valence quelques jours après l’expiration du délai fixé pour son départ par le dernier traité. Il est maintenant en Catalogne. — Cfr. Zurita, t. II, p. 307.

[373] Don Henri et don Sanche commirent des pillages dans la sénéchaussée de Carcassonne, au mois de juillet 1361. — Dom Vaissette, _Hist. du Languedoc_, t. IV, p. 316.

[374] _Arch. gen. de Ar._ Instructions aux ambassadeurs, etc., registre 1394, p. 77.

_Ibid._, p. 38. — Lettre du roi d’Aragon à don Pèdre annonçant qu’il a rendu les prisonniers en son pouvoir, et réclamant des Maures et des Juifs détenus par quelques riches-hommes castillans sous prétexte que ces captifs ne sont pas compris dans le traité. Barcelone, 22 novembre 1361.

_Ibid._, p. 39. — Lettre de Pierre IV à l’infant don Fernand pour lui ordonner de rendre sans délai les prisonniers maures ou juifs qu’il retient encore. Même date.

_Ibid._, p. 35. — Lettre de Pierre IV à don Pèdre pour réclamer doña Milia, nourrice (_ama_) de feu l’infant don Juan, et son fils, prisonniers en Castille. Barcelone, 18 septembre 1361.

_Ibid._, p. 90. — Lettre du roi d’Aragon à don Pèdre au sujet de la restitution de la rançon de prisonniers murciens. Valence, 3 mars 1362, etc.

J’omets plusieurs autres lettres dans lesquelles il est fait allusion à l’exécution des articles du dernier traité.

[375] Voir, dans le _Romancero du Cid_, le duel des fils d’Arias Gonzalo contre Diego Ordoñez. Rom., 24.

[376] Ayala, p. 330.

[377] Ayala, p. 350, note 3. Abr.

[378] Ayala, p. 324. — _Id._, p. 331.

[379] Marmol. _Descrip. de la Africa_, lib. II, p. 214.

[380] Ayala, p. 332. — Suivant les historiens arabes, Mohamed ne voulut prendre lui-même aucune part à cette guerre, et demeura à Ronda dans l’inaction, attendant que le repentir de ses sujets lui rendît sa couronne. Conde. _Hist. de los Arabes_, Ire partie, cap. XXV.

[381] Ayala, p. 337.

[382] Ayala, p. 337, condamne cette superstition : _lo qual daña mucho en tales fechos desque los omes toman rescelo é miedo en las voluntades_.

[383] Près de Purullena, suivant Suarez. _Hist. del obispado de Guadix_, p. 141.

[384] Ayala, p. 336 et suiv. — Rades. _Chron. de Calatrava_, 57. — Suarez, _Hist. de Guadix_, p. 141.

[385] C’est, je crois, l’orthographe anglaise de son nom. Il est écrit Caurely ou Carbolay dans les manuscrits d’Ayala, Cavirley dans les registres des Archives d’Aragon, Caurelée dans Froissart.

[386] _Arch. gen. de Ar._ Lettre de Pierre IV à don Pèdre. Barcelone, 8 sept. 1361. Registre 1391, p. 74.

[387] _Arch. gen. de Ar._ Lettre de Pierre IV à don Pèdre. Barcelone, 25 octobre 1361. Même registre, p. 76.

[388] Zurita, t. II, p. 309.

[389] Rades, _Cron. de Calat._, p. 57.

[390] Ayala, p. 341.

[391] Ayala, p. 339 et suiv. — Conde, _Hist. de los Ar._, 4e partie, cap. XXV.

[392] Ayala, p. 345.

[393] Ayala, p. 328, _Abrev._ La Vulgaire porte Medina Sidonia, plusieurs manuscrits Medina de la Frontera. La ville de Jerez est désignée dans quelques auteurs par le nom arabe de Medina ; de là peut-être la confusion des deux noms. Le tombeau de Blanche existait autrefois à Jerez de la Frontera.

[394] Rainaldi, _An. eccl._, t. XXV.

[395] Ayala, p. 328 et suiv. — _Romances del rey don Pedro_. App. F.

[396] J’ai trouvé dans les archives d’Aragon deux pièces réunies sous le même titre : _Super matrimonio_, reg. 1394 _Pacium et Treugarum_, p. 87 et suivantes. La première est une procuration passée à Bernal de Cabrera par Pierre IV, pour conclure le mariage de l’infante Jeanne, sa fille, avec le roi de Castille, et régler les intérêts de la jeune princesse. Cette procuration est datée de Barcelone, 17 décembre 1361. La seconde pièce, datée du 19 décembre, est la procuration de l’infante elle-même à Bernal de Cabrera, laquelle, confessant être âgée de plus de quatorze ans et de moins de vingt, renonce, suivant l’usage, au bénéfice d’exciper de sa minorité, et autorise son fondé de pouvoir à stipuler ses conventions matrimoniales. On doit conclure que, pour que le roi d’Aragon et sa fille signassent de pareils actes, la négociation devait être très avancée au milieu de décembre 1361. En effet, le préambule de la procuration du roi porte : _Attendentes quod inter nos et illustrent Petrum regem Castelle tractatur de matrimonio contrahendo inter ipsum regem et inclytam infantissam Iohannam filiam nostram carissimam_. Cfr. Zurita, t. II, p. 308.

[397] L’inscription tracée sur son tombeau à Jerez, assez long-temps après sa mort il est vrai, confirme cette opinion de sainteté.

CHRISTO. OPTIMO. MAXIMO. SACRVM DIVA. BLANCA. HISPANIARVM. REGINA PATRE. BORBONEO. EX. INCLYTA. FRANCO RVM. REGVM. PROSAPIA. MORIBVS. ET CORPORE. VENVSTISSIMA. FUIT. SED. PRAE VALENTE. PELLICE. OCCVBVIT. IVSSV PETRI. MARITI. CRVDELIS. ANNO SALVTIS MCCCLXI. AETATIS. VERO. SVAE. XXV

Rapportée par M. Llaguno, _ad Ayal._, p. 328, note 3.

[398] Ayala, p. 329.

[399] Zúñiga. _Anal. eccl. de Sev._, t. II, p. 162.

[400] Ayala, p. 350.

[401] _Apologia del rey don Pedro_, por el licenciado don José Ledo del Pozo, lib. IV, cap. I.

[402] J’ai cherché inutilement l’explication de ce nom de compagnie blanche qu’on trouve dans Ayala, p. 351, et dans d’autres auteurs. On peut choisir parmi les hypothèses suivantes. — Peut-être les aventuriers avaient-ils une espèce d’uniforme, des soubrevestes _blanches_, par exemple, pour les distinguer des autres hommes d’armes, qui portaient le blason de leurs rois ou de leurs seigneurs. — Je proposerai une seconde explication qui me semble préférable. On appelait alors _armes blanches_ les armes en plaques de fer forgé par opposition aux hauberts de mailles qui commençaient à disparaître. _Armé à blanc_ ou bardé de plaques de fer étaient mots synonymes. Je pense que les aventuriers, en général mieux équipés que les milices féodales, ont pu tirer le nom de compagnie blanche de leurs armures, nouvelles encore, surtout en Espagne. — Cuvelier, auteur de la chronique en vers de Du Guesclin, fournit une troisième explication : c’est que les aventuriers portaient des croix blanches.

Il ni avoit en l’ost chevalier ne garçon Qui ne portast la croix blanche comme coton, Et la blanche compaigne pourtant l’appeloit-on. v. 7982.

Mais, suivant Cuvelier, les aventuriers ne prirent la croix qu’en 1365, lorsqu’ils furent réunis sous le commandement de Du Guesclin, et l’on voit par la chronique d’Ayala que le nom de compagnie blanche existait auparavant.

[403] Carbonell, p. 189. — _Nos per contrastar llur entrada, fem convocar lo usatge_ Princeps namque. — A cette occasion, don Pèdre écrivit au roi d’Aragon pour lui exprimer son regret de ne pouvoir, à cause de la guerre de Grenade, l’aider à repousser _ces mauvaises compagnies_ qui désolaient ses frontières ; mais, s’il est nécessaire, ajoutait-il, « j’irai volontiers en personne chasser avec vous ces pillards. » Séville, 24 septembre 1361. _Arch. gen. de Ar._, reg. 1394, p. 75.

[404] Don José Yanguas y Miranda. _Diccionario de Antigüedades de Navarra_, t. III, p. 99. Le traité fut fait à Estella, entre les plénipotentiaires des deux rois, le 22 mai 1362, et ratifié par don Pèdre à Carascosa, le 2 juin suivant.

[405] Ayala, p. 353 et suiv.

[406] Le 14 juin 1362. Don J. Yanguas. _Ant. de Nav._, t. III, p. 100.

[407] Zurita, t. II, p. 312.

[408] Zurita, t. II, p. 312.

[409] Ayala, p. 356.

[410] Don J. Yanguas. _Ant. de Nav._, t. III, p. 100.

[411] Zurita, t. II, p. 311. — Le roi de Portugal ne vint pas en personne, mais il envoya quelques troupes auxiliaires à son allié le roi de Castille.

[412] Ayala, p. 356-362. — Zurita, t. II, p. 3. — Villani, autorité très suspecte, prétend, lib. X, cap. XCVIII, que don Pèdre fit tuer six mille habitants de Calatayud.

[413] Ayala, p. 363.

[414] Selon certain traité, sur ce fait de nouvel, par nous et par noble et puissant homme, messire Arnould d’Audeneham, chevalier maréchal de France, avecque les gens des compaignies estant a présent au dit royaume, nous mettrons à tout notre pouvoir, sans fraude et sans mauvais engin, hors du dit royaume de France, sans jamais y retourner pour faire la guerre, les gens des dites compaignies, c’est à savoir toutes celles avecque lesquelles le dit traictié a été fait par nous et par le dit maréchal ; item que nous mettrons tout notre povoir à enmener avec nous hors du dit royaume l’Arceprestre (Arnaud de Cervole), et aussi à mettre hors du dit royaume tous les gens du dit Arceprestre, etc. Paris, 13 août 1362. Archives du royaume, section historique, carton J. 603-58. Voyez aussi dom Vaissette. _Hist. du Lang._, t. II, p. 316.

[415] Le roi de France ne s’était engagé à lui donner qu’une solde de 10,000 livres par an, encore n’était-ce pas de l’argent comptant qu’on lui fournissait, mais on lui cédait des terres dont le revenu était censé équivaloir à 10,000 livres. Voir le traité déjà cité.

[416] _Arch. gen. de Ar. Legajo de Autografos_. Appendice G.

[417] Zurita, t. II, p. 321.

[418] Rymer, t. III, 2e partie, p. 73. — Ayala, p. 364.

[419] Cfr. Ayala, p. 366. Zurita, t. II, p. 318. — Abarca, _An. de Arag._, attribue la prise de Cariñena à la mésintelligence entre l’infant don Fernand et don Henri, qui refusèrent de réunir leurs forces pour secourir la place.

[420] Mari au lieu de Maria, Alfon au lieu de Aldonza.

[421] V. § XIII. — V.

[422] _Testamento del rey don Pedro. Cronica de Ayala_. Ed. Llaguno, p. 558 et suivantes.

[423] Ayala, p. 366. — Ayala n’a point fait connaître les noms des seigneurs proscrits par don Pèdre ; on ignore quels ont été les motifs de cette réticence. Il est certain qu’il n’était pas lui-même compris dans cette liste, bien que quelques auteurs modernes l’aient avancé.

[424] Entre autres celle de Salvatierra, partido de Cinco Villas, diocèse de Pampelune. Yanguas, _Ant. de Nav._, t. III, p. 100.

[425] Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 107.

[426] Ayala, p. 369. — Zurita, t. II, p. 319.

[427] Zurita, _ibid._ — _Arch. gen. de Ar._, reg. 1293 _Secr._, p. 127.

[428] Ayala, p. 372. — Zurita, t. II, p. 320. — Selon Ayala, c’est l’infante Beatriz, fille aînée de don Pèdre, qui devait se marier avec l’infant don Alonso, dernier fils de Pierre IV, et âgé alors d’un an seulement. C’est une erreur évidente.

[429] Ayala, p. 372. — Zurita, t. II, p. 321.

[430] Ayala, p. 373. — Zurita admet l’existence de ce traité secret.

[431] Ayala, p. 373.

[432] Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 137.

[433] Zurita, p. 321.

[434] _Id., ibid._

[435] Zurita, t. II, p. 321.

[436] La conduite de Pierre IV à l’égard de l’infant était d’ancienne date. En 1358, lorsque don Fernand rentra à son service, il lui avait promis une pension de 150,000 sous barcelonais ; elle fut toujours fort mal payée. Les réclamations de l’infant devenant très pressantes en 1361, le roi lui envoya un mandat sur son trésorier, mais en même temps il défendait secrètement à cet officier d’y avoir aucun égard. Ce trait peint Pierre IV. _Arch. gen. de Ar._ Lettre du roi d’Aragon. Barcelone, 23 décembre 1361, registre 1293 _Secretorum_, p. 107.

[437] Zurita, t. II, p. 323.

[438] Feliù, _An. de Cataluña_, p. 277.

[439] Ayala, p. 374. — Zurita, t. II, p. 322. — Carbonell, p. 190 et suiv.

[440] Ayala, p. 374 et suiv. — Zurita, t. II, p. 322. — Carbonell, p. 190.

[441] Zurita, p. 322. — Carbonell, p. 190.

[442] Zurita, t. II, p. 324. — Je n’ai pas trouvé de traces de ces négociations dans les archives de Barcelone, mais Zurita est si exact ordinairement que je ne doute pas qu’il n’ait eu à sa disposition des renseignemens certains.

[443] Zurita, t. II, p. 324.

[444] Zurita, t. II, p. 324.

[445] Zurita, t. II, p. 324.

[446] Zurita, t. II, p. 324. — Suivant Ayala, p. 379, l’entrevue des deux rois aurait eu lieu à Sos (V. plus bas) et non a Uncastillo. Il rapporte que les souverains alliés, après avoir signé le traité dont nous avons fait connaître les principales dispositions, voulurent le sceller par l’assassinat de don Henri ; mais le châtelain de Sos, ne se prêtant pas à cette trahison, le coup fut manqué. Telle est la version d’Ayala, à mon sentiment tout-à-fait invraisemblable. A cette époque, il est évident que don Henri jouissait de la plus haute faveur auprès du roi d’Aragon. Il venait d’en obtenir le meurtre de l’infant don Fernand, ce qui n’avait pas été fort difficile, sans doute ; mais, ce qui l’était davantage, il commençait à supplanter Cabrera, médiateur infatigable de la paix avec la Castille, et le perdait dans l’esprit de Pierre IV. Comment admettre qu’au moment où il prouvait ainsi son influence sur le roi d’Aragon, ce prince ait songé à le faire périr ? Enfin, si pareil projet eût été conçu, il ne pouvait avoir d’autre motif que le désir d’obtenir, par cet assassinat, la paix avec la Castille. Or, quel était le but de l’alliance des rois d’Aragon et de Navarre, sinon de poursuivre la guerre à outrance ? Ayala répète probablement les rumeurs répandues parmi les émigrés castillans, qui, depuis la mort de l’infant, s’attendaient toujours à quelque nouvelle trahison de Pierre IV. Cfr. Ayala, p. 379 et suiv. — Zurita, t. II, p. 324.

[447] Zurita, t. II, p. 325.

[448] Ayala, p. 380. — Zurita, t. II, p. 325.

[449] Requena, Moya, Otiel, Canyet, Cuenca, Molina, Medina Celi, Almazan, Soria, Agreda. On remarquera que dans le traité de Uncastillo Pierre IV se réservait _tout le royaume de Tolède_.

[450] _Arch. gen. de Ar._ Benifar, 10 octobre 1363. Registre 1543 _Varia_, p. 66 et suiv. Voir à l’Appendice.

[451] _Arch. gen. de Ar._ Convention pour échange d’otages. Benifar, 6 octobre. _Indice alfabétrio del rey don Pedro IV_, no 528. — Ratification de la convention précédente. Benifar, 10 octobre 1363. _Indice_ no 524. On observera que les engagements entre le roi et le Comte ne sont point relatés dans ces deux dernières pièces. La première est signée par tous les seigneurs dont les fils doivent servir d’otages, tandis que le traité d’alliance et de partage n’est signé que par deux témoins obscurs.

[452] Feliù, _An. de Cataluña_, 11,275.

[453] Je rapporte, d’après Zurita, le traité de Sos, dont je n’ai pu trouver aucune trace dans les archives d’Aragon. D’après cet annaliste, toujours si exact, le traité de Sos aurait eu lieu le 2 mars 1364. Zurita, t. II, p. 327 et suiv.

[454] Zurita, t. II, p. 335.

[455] Carbonell, p. 191.

[456] On alla jusqu’à l’accuser d’avoir chargé l’amiral Françes Perellòs d’insulter le roi de Castille dans le port de San-Lucar, et d’avoir ainsi provoqué cette guerre contre laquelle il n’avait cessé de protester. Zurita, t. II, p. 335, verso.

[457] Zurita, lib. IX, cap. LII et LVII.

[458] _Ibid._, t. II, p. 338, 340.

[459] Ayala, p. 301.

[460] Ayala, p. 382. — Carbonell, p. 191, v., donne au roi d’Aragon 1,722 hommes d’armes. Probablement il ne compte que les Aragonais et non les Castillans de don Henri.

[461] Carbonell, p. 191. — Ayala, p. 382.

[462] Ayala, _ibid._ — Feliù, _Hist. de Cataluña_, t. II, p. 280.

[463] Carbonell, p. 192.

[464] Probablement la rivière de Murviedro.

[465] Carbonell, p. 192.

[466] _Ibid._, p. 192.

[467] Ce nom, d’origine arabe, vient, dit-on, de leur coiffure, qui consistait en un camail de fer couvrant la tête et les épaules. C’était une armure introduite par les Arabes en Espagne. On la voit dans une des peintures de l’Alhambra. Les armes offensives des Almogavares consistaient en plusieurs javelots et une hache d’une forme particulière. Jamais ils ne couchaient dans une maison et supportaient la faim et la soif avec une étonnante persévérance. Leur cri de guerre était _hierro despierta !_ fer, réveille-toi ! Voir la chronique de Muntaner et l’expédition des Catalans en Morée par Moncada.

[468] Carbonell, p. 192.

[469] Feliù, _An. de Cataluña_, t. II, p. 280.

[470] Ayala, p. 384.

[471] Zúñiga, _An. de Sev._, t. II, p. 165.

[472] Ayala, p. 387. — Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 137.

[473] Carbonell, p. 194, verso.

[474] _Id., ibid._

[475] « E lo dit rey de Castiella pres lo dit pa e dix aytales paraules o semblants : A mi semeia que vosotros todos seades de acuerdo que ponga batalla al rey de Aragon, de que yo digo en verdat, que si yo tomasse con mi los que el dito rey de Aragon tiene en si, e los havia por mis vassallos o por mis naturales, que senes todo miedo pelearia con todos vosotros e con toda Castella e ahun con toda Hespanya ; e por que sepais yo en que vos tiengo, es asin, que con este pan que tiengo en mi mano pienso que se hartarian cuantos leales ay en Castella. » Carbonell, p. 195, verso.

[476] Cfr. Ayala, p. 388. — Zurita, lib. IX, cap. LIX. — Carbonell, p. 195 et suiv.

[477] Ayala, p. 389.

[478] Zurita, t. II, p. 340. — Ayala, p. 391.

[479] Ayala, p. 391.

[480] Ayala, p. 392 et suiv.

[481] C’est-à dire quatorze ans pour le jeune homme et douze ans pour sa fiancée. _Arch gen. de Ar. Capitula facta per dom. regem et comitem olim Trastamaræ, nunc regem Castellœ, apud locum seu obsidionem Muriveteris_. Sans date, registre 1548, p. 70 et suiv., art. 7.

[482] _Arch. gen. de Ar. Capitula_, etc., art. 9.

[483] _Ibid. Replications e aditions feytes per lo senyor rey_, etc., art. 6.

[484] _Ibid. Replications_, etc., art. 4.

[485] _Ibid._, art. 7.

[486] Li uns à autre dit : il est bien aprestez Pour meurdrire marchans, maints en a desrobez. Regardez qu’il est fort, con a les poins carrez ! Il est fort et poissant et moult noir et halez.

Chronique en vers de Du Guesclin, v. 1619.

[487] Chronique de Du Guesclin, v. 7304.

[488] Ayala, _Abrev._, p. 399. — Passage curieux où le chroniqueur nomme, d’après leurs noms français, toutes les pièces des armures de plaques, inconnues en Espagne avant l’arrivée de la grande compagnie.

[489] Froissart appelle cette opération _retailler_ les lances.

[490] On l’essaya vainement à Poitiers. V. Froissart.

[491] _Perpuntes_. Ayala, p. 99. _Abrev_. — Cavallo alforado. Traités du roi d’Aragon avec don Henri.

[492] _Chron. de Du Guesclin_, v. 7549 et suiv.

[493] Rymer, _De impediendo soldarios qui in comitiva se ponunt, ne ingrediantur in Hispaniam_. 6 décembre 1365.

[494] Bien soyez-vous venus, apportez-vous argent ? _Chron. de Du Guesclin_, v. 7510.

[495] L’auteur de la chronique en vers de Du Guesclin raconte cet exploit de son héros avec la malignité ordinaire aux poètes du moyen-âge, toujours pleins d’irrévérence contre l’église. Suivant cette version, adoptée sans examen par l’histoire, Du Guesclin aurait exigé que la contribution entière fût soldée par le trésor apostolique, disant qu’il n’allait pas se battre pour les intérêts des bourgeois d’Avignon, mais bien pour ceux du saint-père. Rien de moins fondé. Il résulte d’une requête manuscrite du conseil municipal d’Avignon, conservée dans les archives de la préfecture de Vaucluse, que la rançon du territoire de l’église fut acceptée par Du Guesclin, sans qu’il fît la moindre observation sur son origine. Mais il paraît que, dans la suite, le cardinal de Jérusalem, vicaire d’Avignon, prétendit mettre à la charge de la ville les 5,000 florins payés aux aventuriers, bien qu’elle ne se fût engagée, dans le principe, à contribuer que pour une somme de 1,500 florins. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre dans cette pièce fort obscure par sa détestable latinité. J’en dois la communication à l’obligeance de M. Achard, archiviste de Vaucluse, qui l’a découverte et a bien voulu me permettre de la publier. Il n’a pu trouver aucun renseignement sur le résultat de la réclamation présentée au saint-père. — Cfr. Nostre-Dame, _Hist. de Provence_, p. 122. — _Chron. de Du Guesclin_, v. 7693-7724. — Appendice I.

[496] _Arch. gen. de Ar._ Propositions adressées au roi d’Aragon par Mosen Juan de Arellano de la part du roi de Navarre. Art. 4, reg. 1205, p. 61 et suiv.

[497] « Axi com son retaules d’argent, creus, calzers, y lanties, y encensers. » Carbonell, p. 193.

[498] _Arch. gen. de Ar._ Propositions de Mosen J. de Arellano, reg. 1205, p. 61 et suiv. « Que tenido non seu de fazer guerra de su persona ni de su regno. » Art. 1.

[499] _Ibid._ « Que non le sia tengut donar ni livrar terres ni argent, e sera li fet e assignat dodari e cambra axi tal como fo à doña Maria de Navarra. » Art. 2.

[500] _Ibid._, art. 4.

[501] _Ibid._ « Quel dito rey d’Arago considerando la buena voluntat del dito rey de Navarra e las misiones que ha feyto por causa de los sobre dichos castiellos, prometa de dar al dito rey de Navarra 40,000 florines d’oro. » Art. 6.

[502] Réponses du roi d’Aragon aux propositions précédentes. Art. 6, reg. 1205, p. 63 et suiv.

[503] _Ibid._ Additions aux propositions. Le roi d’Aragon consent au mariage à condition qu’il enverra des gens de confiance pour _voir l’infante à loisir_, connaître sa santé, sa personne, et prendre des informations sur son caractère. _Para veer la infanta a huella_ (pour _huelga_) _la sanidat e apostamiento de su persona e haver informacion de su persona_. J’ai cru devoir rapporter cette preuve singulière de la prudence de la diplomatie au moyen-âge.

[504] _Ibid_. Réponse du roi d’Aragon à l’art. 4 des propositions de J. d’Arellano. — Lettre du roi d’Aragon à Jordan d’Urries. Huerta de Serra, 2365. Il professe de son intime amitié avec le roi de Navarre, et ordonne, sous peine de son indignation, que les _ports_ des montagnes soient fermés à toute troupe étrangère. Reg. 1205, p. 58. — Autre lettre, dans le même sens et de même date, adressée au conseil de Jaca. Même reg., p. 59.

[505] _Arch. gen. de Ar._ Instructions envoyées à Mosen F. Perellòs, ambassadeur de Pierre IV en France, 12 novembre 1364. Reg. 1295 _Secretorum_, p. 111. — Nouvelles instructions semblables en 1365. Même reg., p. 115. — Nouvelles instructions à Perellòs, datées de Tortose, 15 août 1365. Reg. 1293 _Secret._, p. 93. — Projet d’un traité avec le duc d’Anjou pour faire la guerre au roi de Navarre. Sans date ; probablement des premiers jours de l’année 1366. Reg. 1293, p. 135. — Lettre à Perellòs sur le même sujet. Barcelone, 10 septembre 1366. _Ibid._, p. 137. — Traité d’alliance offensive et défensive avec la France contre le roi de Navarre, signé à Toulouse, 29 septembre 1366. On convient que le duc d’Anjou attaquera le roi de Navarre en personne avec 400 glaives (lances) au moins. Les états du roi de Navarre situés au sud des Pyrénées appartiendront au roi d’Aragon ; ce dernier fournira 400 lances au roi de France pour l’aider à s’emparer des autres possessions du roi de Navarre. Reg. 1293, p. 144 et suiv.

[506] _Arch. gen. de Ar._ Lettre de Pierre IV. Saragosse, 26 février 1366. Registre 1213, p. 16.

[507] _Arch. gen. de Ar._ Acte de vente passé par le roi. Saragosse, 12 mars 1366. Registre 1213, p. 42 et suiv. Voici le préambule : « Quantas nobis nostræque rei publicæ oppressiones et dampna, quantaque pericula comminaret mora solutionis quam facere habemus comiti Trastameræ et istis gallicanis agminibus, quæ divina magestas in nostrum auxilium contra regem Castellæ nostrum hostem publicum exaltavit, etc. »

[508] Carbonell, p. 196.

[509] _Id., ibid._

[510] Zurita, t. II, p. 342.

[511] _Arch. gen. de Ar._ Priviléges accordés à maître Robert d’Estanten, bourgeois de Saragosse, à la prière de messire Hugh de Calverly. Saragosse, 1er mars 1366. Reg. 1213 Sigilli secreti, p. 24.

[512] Ayala, p. 405.

[513] Ayala, p. 397 et 405.

[514] _Arch. gen. de Ar._ Mandement du roi d’Aragon pour _repeupler_ le bourg de Pina saccagé (_barreyado_) par les compagnies de France. Saragosse, 24 février 1366. Reg. 1213 Sigilli secr., p. 15. — Ordre du roi pour faire rendre au comte d’Urgell cinquante bêtes à cornes enlevées par les habitants du Perthus sur les Français qui les avaient prises à Antillon, domaine de ce comte. Saragosse, 5 mars 1366. _Ibid._, p. 24. — Appendice K.

[515] Ayala, p. 400.

[516] _Id., ibid._

[517] Ayala, p. 401.

[518] Ayala, p. 402.

[519] Ayala, p. 402 et suiv.

[520] Pero Lopez Ayala suivit le roi jusqu’à Tolède. Ayala, p. 404.

[521] Ayala, p. 404. Abr., note 4.

[522] Cascales, _Hist. de Murcia_. Lettre de don Pèdre au conseil de Murcie, p. 199. v.

[523] Pellicer. _Justification de la grandeza de don Fernando de Zúñiga_, p. 1 et suiv.

[524] _Mercedes Enriqueñas_.

[525] Ayala, p. 410.

[526] Ayala, p. 411.

[527] _Id._, p. 412.

[528] Ayala, p. 413. Abr.

[529] _Id._, p. 414.

[530] _Id., ibid._ — Cfr. Duarte do Liao, _Chronicas dos reis de Portugal_, p. 222 et suiv.

[531] Duarte do Liao, _Chronicas dos reis de Port._, t. II, p. 224.

[532] Ces ceintures, en usage au XIVe siècle, et nommées _ceintures d’honneur_, parce que les chevaliers seuls avaient droit de les porter, se composaient de larges plaques de métal réunies par des anneaux ; on les ceignait fort bas.

[533] Ayala, p. 415.

[534] Duarte do Liao, _Chron. dos reis de Port._, t. II, p. 225.

[535] Ayala, p. 416 et suiv.

[536] C’est une opinion populaire en Espagne que nul cheval étranger ne peut vivre au-delà de quelques jours en Galice.

[537] Ayala, p. 418. Abr.

[538] _Id., ibid._

[539] Ayala, p. 418.

[540] Ayala, p. 421.

[541] Salazar, _Casa de Lara_, t. II, lib. XII.

[542] Ayala, p. 422.

[543] Ayala, p. 423. _Como quier que fue pequeña emienda_, pauvre satisfaction, dit le chroniqueur.

[544] Froissart, livre I, 2e partie, chap. CCXIV. — Dom Vaissette, _Hist. de Languedoc_, t. IV, p. 332.

[545] Vicomte de Santarem, _Quadro de relaçôes politicas e diplomaticas de Portugal_, t. III, p. 26. — Mathieu de Gournay était sujet du roi d’Angleterre.

[546] Ayala, p. 424 et suiv.

[547] Rades, _Cron. de Alcántara_, p. 29, verso. Je traduis littéralement pour mieux rendre le brusque mélange de l’étiquette diplomatique et de la familiarité épistolaire. Le roi dit tantôt _nous_, tantôt _moi_.

[548] Ayala, p. 433. — Rymer, 23 septembre 1366. Carta donacionis regis Castellæ principi Walliæ. — Super expensis exsolvendis, etc., t. III, 2e partie, p. 115 et suiv.

[549] Rymer, _De primo bello regibus_, etc. Libourne, 23 septembre, t. III, 2e partie, p. 122.

[550] Froissart, livre I, 2e partie, chap. CCXI.

[551] Rymer, _Traité de Libourne_, t. III, p. 116. « Item todos los prisioneros... avran hy tal pecho como ellos han acostumbrado en las guerraz de Francia, salvando los traidores judgados por el rey don Pedro, don Tello y don Sancho sus hermanos, los cuales si presos fueran seran dados al rey don Pedro, pagando el tal suma como el Princep ordenarà. »

[552] On a vu que le comte de Denia avait reçu de don Henri ce nouveau titre.

[553] _Arch. gen. de Ar._ Instructions aux ambassadeurs d’Aragon. Sans date ; probablement juillet 1366. Reg. 1293 _Secretorum_, p. 127.

[554] _Id., ibid._ — Zurita, t. II, p. 344.

[555] Ayala, p. 426.

[556] Ayala, p. 429 et suiv.

[557] _Id._, p. 427.

[558] Logroño avait été enlevé à la Navarre par Alphonse VI de Castille en 1076. — Yanguas, _Antigüedades de Navarra_, t. II, p. 203.

[559] Ayala, p. 435, _Abrev._

[560] Ayala, _ib., ibid._

[561] Ayala, p. 436. — Froissart, livre I, 2e partie, chap. CCXXIV.

[562] Ville de la province d’Alava, qu’on ne doit pas confondre avec Salvatierra en Aragon, dont le roi de Navarre s’était emparé en 1364.

[563] Ayala, p. 444.

[564] Ayala, p. 445. — Froissart, liv. I, p. 2, chap. 229.

[565] Ayala, p. 447. — Froissart, liv. I, p. 2, chap. 226-28.

[566] Froissart, liv. I, ch. 226.

[567] _Id._, liv. I, chap. 230.

Dit li quens d’Ermignac... S’est la terre d’entour de tous biens esseulée, Si con ni puet trover une pomme parée.

_Chron. de Du Guesclin_, v. 11342.

[568] Ayala, p. 447. — Froissart, liv. I, ch. 230.

[569] On remarquera que don Henri ne prend pas d’autres titres que ceux de roi de Castille et de Leon. Selon le protocole ordinaire, il devait y joindre ceux de _roi de Tolède, Galice, Séville, Cordoue, Murcie, Jaën, Algarve, Algeciras, seigneur de Biscaïe et de Molina_. On peut supposer que ces titres ont été supprimés par une espèce de ménagement pour le roi d’Aragon, auquel il venait de céder le royaume de Murcie.

[570] Ayala, p. 450 et suiv. _Abrev._ — J’ai suivi pour la lettre de don Henri la leçon que fournit le manuscrit d’Ayala désigné sous le nom d’_Abreviada_, bien que la leçon des autres manuscrits soit confirmée par l’autorité de Rymer. Je m’empresse de dire que, malgré les recherches que j’ai fait faire à Londres, il m’a été impossible de découvrir la pièce originale ou la copie dont s’est servi le savant diplomatiste anglais. La lettre publiée par Rymer, semblable pour le fond à celle que je traduis, en diffère cependant notablement par les détails. Il n’y est point fait mention de cette longue série d’assassinats imputés à don Pèdre, ni du droit, particulier aux Espagnols, de se choisir leur roi. Or, il serait difficile d’imaginer par quel intérêt Ayala aurait dans sa première rédaction altéré la lettre de don Henri par ces additions remarquables, tandis qu’on s’explique naturellement comment, lorsque la question de la succession à la couronne de Castille eut été résolue définitivement par le mariage d’une petite-fille de don Pèdre avec l’infant don Henri (de la maison de Trastamare), on aurait supprimé certaines allusions à des événements que d’un commun accord on désirait laisser dans l’oubli. En un mot, la lettre transcrite de la chronique abrégée d’Ayala m’a paru plus vraisemblable que le texte de Rymer, parce qu’elle porte le caractère des passions du temps, et qu’elle semble un manifeste convenable à un prince dans la position équivoque où se trouvait don Henri. Il est évident qu’un usurpateur devait invoquer les vieilles lois gothiques qui donnent au peuple le droit d’élire leurs souverains, tandis que ses successeurs, affermis sur le trône, avaient maintes raisons pour oublier ces mêmes lois. J’ai marqué par des guillemets les passages de l’_Abreviada_ qui ne se trouvent point dans Rymer ni dans l’édition _vulgaire_ d’Ayala.

[571] Froissart, liv. I, chap. 230.

[572] Inferendis ictibus inhabiles, accipiendis impenetrabiles. — Tacite, _An._, 3, 41.

[573] Ἀλκίμεδον, μὴ δή μοι ἀπόπροθεν ἰσχέμεν ἵππους Ἀλλὰ μάλ ̓ ἐμπνείοντε μεταφρένῳ. (Iliade, XVII, 501.)

[574] Un glossateur de _Gratia Dei_ prétend à tort que Pero Lopez de Ayala porta dans cette journée la bannière de l’Écharpe. Il confond la bataille de Najera avec celle d’Aljubarrota.

[575] _Des Bretons_, dit Ayala ; mais on appelait alors ainsi, en Espagne, les aventuriers, de quelque pays qu’ils vinssent. Ce mot, employé souvent comme synonyme de pillards, montre quelle opinion l’on avait des compatriotes de Du Guesclin. Ayala, p. 442.

[576] Ayala, p. 443.

[577] Froissart, liv. I, 2e partie, chap. 234.

[578] _Idem_, chap. 219-221.

[579] Froissart, liv. I, 2e partie, chap. 219.

[580] _Idem_, chap. 235. — Du Cange, verbo _Bannereti_.

[581] Froissart, chap. 234.

[582] Ayala, p. 454.

[583] Froissart, liv. I, chap. 236.

[584] Froissart, liv. I, chap. 239.

[585] Ayala, p. 453, 458. — Froissart, lib. I, chap. 236, 240.

[586] Froissart, l. I, chap. 241.

[587] Froissart, l. I, chap. 238.

[588] Ayala, p 471. — _Pellicer justificacion de la Grandeza de Fernando de Zúñiga_, etc., p. 21.

[589] _Sumario de los reyes de España_, p. 70.

[590] Ayala, p. 473.

[591] Alonso Jufre avait été mis à mort par ordre du roi en 1358.

[592] Ayala, p. 458. — Froissart, liv. I, ch. 242. Froissart rapporte que le roi marcha sur Burgos avec le _maître de Calatrava_ ; mais Padilla n’avait pas assisté à la bataille. La confusion vient de ce que Martin Lopez fut nommé maître de Calatrava peu de temps après.

[593] Ayala, p. 458 et suiv.

[594] Rymer, t. III, p. 2. P. 132. _Memoranda de Conflictu prænotato_.

[595] Ayala, p. 461, 462.

[596] Cascales, _Hist. de Murcia_, p. 148. Lettre de don Pèdre au conseil de Murcie.

[597] Ayala, p. 473 et suivantes, appelle cette prison un _silo_. L’archevêque y passa près de deux ans. Il fut depuis archevêque de Toulouse.

[598] Torres y Tapia, _Cron. de Alcánt._, t. II, p. 102 et suiv.

[599] Rades, _Cron. de Calat._, p. 58, 59. — Torres y Tapia, _Cron. d’Alcántara_, prétend que don Diego de Padilla était mort en 1385, et il cite une protestation des frères de Calatrava contre l’élection de Martin Lopez datée du 30 août, ère 1403 (1365). Voyez t. II, p. 103 et suiv. M. Llaguno discute et condamne ce document dans une note à laquelle nous renvoyons le lecteur. Ayala, p. 596. — Suivant Ayala, Padilla aurait été mis à mort dans le donjon d’Alcalà de Guadaïra en 1369 par ordre du roi, qui avait appris qu’il correspondait avec les rebelles. Ayala, p. 536.

[600] Ayala, p. 474 et suiv.

[601] Ayala, p. 474, 483. — Froissart, liv. I, 2e partie, chap. 243 et 245.

[602] Post hæc periit populus anglicanus in Hispania de fluxu ventris et aliis infirmitatibus, quod vix quintus homo redierit in Angliam. Knyghton, _Hist. Angl. script._, tome II, p. 2629.

[603] Ayala, p. 464.

[604] _Dar tiempo al tiempo_.

[605] Cascales, _Hist. de Murcia_. Lettre de don Pèdre au conseil de Murcie. Tolède, 20 mai 1405 (1367), p. 151.

[606] Ayala, p. 496.

[607] Ayala, p. 497.

[608] Ayala, p. 500. — Zúñiga, _An. de Sev._, t. II, p. 173.

[609] Ayala, p. 497 et suiv.

[610] Ayala, p. 498.

[611] Ayala, p. 499.

[612] Ayala, p. 503, 504. — _Hist. de Languedoc_.

[613] Ayala, p. 504. Note 2 de M. Llaguno. — Dom Vaissette, _Hist. de Languedoc_.

[614] Ayala, p. 506 et suiv.

[615] Le fils de ce prince, le comte de Denia, créé marquis de Villena par don Henri, était encore prisonnier des Anglais.

[616] Ayala, p. 510, note I.

[617] Ayala, p. 514.

[618] Ayala, p. 516.

[619] Ayala, p. 517.

[620] Don Pèdre avait plusieurs enfants, non légitimés, d’autres femmes que Marie de Padilla. Les trois filles de cette dernière étaient alors à Bayonne.

[621] Ayala, p. 517. _Abrev._

[622] _Ibid._, p. 529 et suiv.

[623] Ayala, p. 525 et suiv. — Conde, _Hist. de los Arabes_, 4e part., cap. 26.

[624] Ayala, p. 528. — _Argote de Molina, Nobleza de Andalucia_, p. 238.

[625] _Idem_, p. 519.

[626] On nomme ainsi à Tolède une tour hexagone qui fait partie de l’enceinte arabe de la ville, et qui touche à la porte _del Cambron_. Suivant une tradition, cette tour aurait servi autrefois de prison à l’officialité de Tolède. Selon quelques antiquaires, elle devrait son nom à la résistance héroïque d’un petit nombre de prêtres tolédans, qui la défendirent contre les Maures, dans le mémorable siége que soutint Tolède contre le roi de Maroc Ali-Aben Jusef, au XIe siècle. La porte del Cambron est plus moderne que la tour des Abbés. On dit qu’autrefois l’entrée protégée par cette tour s’appelait la porte de l’Almaguera.

[627] Ayala, p. 529 et suiv.

[628] Ayala, p. 539 et suiv.

[629] _Idem_, p. 523.

[630] Ayala, p. 532.

[631] Froissart, liv. I, 2e partie, chap. 247. — Ayala, p. 466 et suiv.

[632] Ayala, p. 469.

[633] Froissart, liv. I, chap. 247. — Ayala, p. 470.

[634] Ayala, _Cron. de don Henrique II_, p. 15.

[635] On a vu que les trois filles qu’il avait eues de Marie de Padilla demeuraient a Bayonne en otage auprès du prince de Galles.

[636] Je n’ai pu trouver de renseignements précis sur le point où don Pèdre passa la Sierra-Morena. Son arrivée à Calatrava, pour rallier des troupes venant de la Galice, me donne lieu de supposer qu’en partant de Séville il marcha droit vers le nord ; c’était dans cette direction qu’il devait rencontrer Fernand de Castro, venant de Zamora.

[637] Il est vraisemblable que les troupes de don Pèdre, partant de l’Andalousie, ne passèrent pas toutes la Sierra-Morena sur le même point. Celles qu’il avait à Jaën ou à Andujar, par exemple, entrèrent sans doute dans la Manche par la vallée de la Jandula (la route du Despeña Perros n’était pas encore pratiquée). Pour ces divisions, Montiel était le point de ralliement le plus convenable.

[638] Ayala, p. 543.

[639] _Id._, p. 545. — Il est évident que le maître de Saint-Jacques ne put abandonner Cordoue que lorsque don Pèdre fut au nord de la Sierra-Morena. Or, pour qu’il pût le précéder sur la route de Tolède, il fallait que le roi eût débouché soit en Estramadure, soit dans la partie occidentale de la Manche.

[640] Ayala, p. 548.

[641] Froissart, liv. I, 2e part., ch. 253.

[642] Ayala, p. 549.

[643] Froissart, chap. 254.

[644] Ayala, p. 549.

[645] Ayala, p. 551 et suiv.

[646] Ayala, p. 554.

[647] _Id., ibid._ — Cfr. avec l’_Abrev_.

[648] Celle d’Yvon de Lakonnet, suivant Froissart, l. I, 2e partie, chap. 254.

[649] Je suis la version de Froissart en ce point, comme la plus vraisemblable ; le projet de don Henri était évidemment de provoquer don Pèdre, afin d’avoir un prétexte pour le tuer.

[650] Cfr. Ayala, p. 556, et Froissart, l. c.

[651] Suivant la tradition populaire, un des aventuriers, trouvant sans doute que ce duel de deux rois était un spectacle à voir, s’écria : « Franc jeu ! » Du Guesclin, suivant une autre version, aurait renversé don Pèdre en disant « Je ne fais ni ne défais des rois, mais je sers mon seigneur. » On sait que les légendes populaires mettent toujours en scène les personnages héroïques. Le vicomte de Rocaberti est nommé par Froissart et par un auteur catalan anonyme cité par M. Llaguno, ad Ayala, p. 555. — Cfr. Froissart, chap. 254. — Molina, _Descripcion del regno de Galicia_, cité par Argote de Molina, attribue la même action et les mêmes paroles à un écuyer de don Henri, nommé Fernand Perez de Andrada, qui reçut, dit-on, en récompense, des châteaux et des terres. — V. Romances del rey don Pedro. — Froissart, dans son récit de l’aventure, ne parle pas des négociations entre don Pèdre et Du Guesclin. La mort du premier, suivant le chroniqueur français, aurait été toute fortuite. Malheureusement les apparences sont fort contraires à cette version, et les faveurs extraordinaires prodiguées par don Henri à Du Guesclin ne confirment que trop la relation d’Ayala.

[652] Carbonell, p. 197, V.

[653] Cette statue, outre qu’elle a un caractère d’individualité remarquable, peut inspirer d’autant plus de confiance, qu’elle a été exécutée par l’ordre de la petite-fille de don Pèdre, doña Constance de Castille, prieure de Saint-Dominique.

[654] Il faut lire Jumilla. On peut inférer de cette erreur que la romance fut composée pendant une guerre entre l’Espagne et le Portugal.

[655] Place d’honneur dans une salle ; c’est le divan des Orientaux.

[656] Les trois mots _de qua pecunia_, qui précèdent le signe _ô_ dans le texte, doivent être supprimés.

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